13 août 2008
Belle-mère en l'île
Pendant les vacances, alors qu'un certain amoureux prenait de la hauteur pour admirer le paysage...
... moi j'en profitais pour lire au soleil! (bon d'accord là je suis blanche, mais c'était au tout début des vacances):
J'ai donc lu Le Poulpe - Belle-mère en l'île, d'Olivier Mau chez Baleine.
Première phrase: "Il était jeune, il était beau, et le pire c'est qu'à la fois, il n'était pas méchant."
J'ai acheté ce court roman chez un bouquiniste à Bécherel, le premier jour de nos vacances. Choisi pour deux raisons: d'abord parce que j'ai une tendresse d'adolescence pour le Poulpe, dont j'ai suivi les premières aventures et dont j'apprécie le concept originel (un écrivain par aventure, un jeu de mot dans le titre, une bière et un livre mentionnés au cours de l'histoire); ensuite parce que, comme le titre l'indique, ce roman se passe à Belle-île en mer, et nous allions y passer une journée!
Bon, je n'en attendais plus grand-chose, du Poulpe. J'en ai tellement lu... Malheureusement, si la lecture n'a pas été à proprement parler désagréable, on peut dire que j'ai lu mieux, dans la collection. L'histoire est un peu facile, les méchants sont les riches, ne cherchez pas plus loin. Riches et pervers, cela va de soi. Et Belle-île? Certes ça s'y déroule, sans plus. Et en plus, trahison suprême, pas de bière particulière, pas de livre de référence! Tout fout le camp...
Ma note: 6/10

Belle-Ile en mer: Le Palais, depuis la citadelle
08 août 2008
Pétoncles au curry de Roellinger
Les vacances en fourgon aménagé offrent des joies inoubliables, parmi lesquelles la cuisine de vacances. Un réchaud à gaz, un minimum de matériel et d'ingrédients, mais le plaisir de tester toutes les spécialités locales, de manger à pas d'heure, et d'être très content de manger un plat simple (forcément) mais savoureux. En début de vacances, nous avons passé deux jours à Cancale, et nous avons été très séduits par cette agréable petite cité, balnéaire mais pas trop, et surtout par la côte sur laquelle elle se trouve. Nous avons d'ailleurs parcouru quelques kilomètres du sentier côtier, et franchement ça vaut le coup.

Les parcs à huîtres, photo prise depuis Cancale
Voilà le genre de paysage que l'on découvre depuis le sentier côtier...
Tout ça pour dire qu'à Cancale, on ne pouvait que s'arrêter à l'atelier des épices du chef Olivier Roellinger. J'y ai acheté du curry corsaire, indiqué pour les sauces crèmes et les moules marinières. Comme nous avons trouvé des pétoncles chez le poissonnier, nous nous sommes fait des pétoncles au curry de Roellinger. Comme ça, sur notre camping-gaz, en feintant pour que le riz soit chaud en même temps que les pétoncles en sauce.
Je ne vais pas vous apprendre comment faire cuire du riz basmati, ni même comment improviser une sauce crème-curry pour des pétoncles. En tout cas, nous nous sommes régalés avec nos pétoncles ultra frais et leur petite sauce curry corsaire. Depuis, j'ai eu l'occasion de tester cette poudre de curry dans quelques autres plats, et décidément il est très bon: les goûts sont complexes, il "n'arrache" pas... Accessoire indispensable de la cuisine rapide mais savoureuse? Il me fait regretter de ne pas avoir acheté d'autre poudre, notamment la "poudre équinoxiale" à associer au chocolat.
PS1: dois-je vous faire remarquer à quel point je suis dans le thème de la Fureur des Vivres de ce mois-ci?
PS2: C'est une autre photo prise sur le sentier côtier près de Cancale qui illustre ce billet.
02 août 2008
Anne, deux fois reine
Avant mes vacances, j'ai lu Anne, deux fois reine de Paule Dascotte-Mailliet aux éditions Tatoo.
Première phrase: "Dans la lumière doucement embrumée de l'hiver breton, le matin, lent à venir, se levait sur la ville de Nantes."
Je n'avais jamais entendu parler des éditions Tatoo ("Les livres qui marquent"), j'aurais dû me méfier quand j'ai trouvé ce bouquin à la bibli. Mais comme le destin singulier d'Anne de Bretagne m'intéressait, je me suis quand même laissée tenter.
Grave erreur. Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un livre qui m'a autant agacée: je n'ai pas du tout aimé le style, je l'ai trouvé décousu, et soit il est truffé d'erreurs historiques (problèmes de chronologie par exemple), soit c'est tellement mal amené que je n'ai rien compris.
Bien dommage, car je pense qu'il y aurait matière à écrire un grand roman historique sur le sujet. Hélas, n'est pas Maurice Druon ou Jeanne Bourrin qui veut...
Ma note: 3/10
Ma précédente lecture sur la Bretagne: Le cheval d'orgueil, de Pierre Jakez Hélias.
PS: Je suis rentrée de vacances. Nous avons adoré la Bretagne, c'était magnifique. Nous avons eu très beau temps, sauf un jour de pluie. On a passé les vacances à visiter, marcher sur le sentier côtier, et manger. Un gros gros coup de coeur! Merci à tous les Bretons qui m'ont aidé à préparer les vacances...
18 juillet 2008
Le cheval d'orgueil
Juste avant mes chères vacances si attendues, j'ai lu Le cheval d'orgueil de Pierre Jakez Hélias, dans une vieille édition France Loisirs toute grise toute moche (donc différente de la photo illustrant ce billet).
Première phrase: "Quand Pierre-Alain, mon père, épousa Marie-Jeanne le Goff, il n'avait qu'une lieue à parcourir pour passer de la ferme de Kerveillant, en Plozévet, au bourg de Pouldreuzic où il allait vivre désormais avec sa femme."
Ainsi commence le touchant récit du pays Bigouden du début du siècle dernier. L'auteur nous raconte la vie de ses grands-parents, de ses parents, puis son enfance et son adolescence. Mais plus que l'anecdote personnelle, c'est la mémoire collective qui est à l'œuvre.
En quelques tableaux bien choisis, l'auteur peint "sa" Bretagne, celle qui l'a vu naître et celle qu'il regarde désormais avec les yeux de l'enfant du pays instruit, qui a quitté la masse de la paysannerie traditionnelle pour mieux en chanter les codes.
Autant dire que j'ai adoré ce bouquin. Je l'ai trouvé émouvant, mais aussi drôle et surtout passionnant et instructif. Je me suis attachée aux personnes, et d'autant plus facilement que pour une fois, il ne s'agit pas de personnages. De plus, ma vieille édition comporte un cahier photo en noir et blanc, sur lesquelles j'ai pu découvrir, attendrie, les vrais visages de la famille de l'auteur, ainsi que des scènes rurales telles que décrites au fil des pages.
Ce bouquin fait du bien à l'âme, car il nous rappelle quelle était la vie de nos aïeux. Les miens ne sont pas bretons, mais ils sont paysans; et je suis sûre que les valeurs dévoilées au cours du texte sont communes aux petites gens, quelles qu'en soient les origines; ainsi que bien des aspects de la vie quotidienne.
Par exemple, dans un paragraphe consacrés aux remèdes populaires, voici ce que je peux lire avec surprise p 122: "Pour les plaies plus fortes, ou envenimées, c'est le pétale de lis qui est indiqué, à la condition qu'il ait macéré pendant quelques temps dans le premier jus qui sort de l'alambic." Pourquoi surprise? Car chez mes grands-parents, le même remède a été utilisé sur des générations d'enfants, dont moi il n'y a pas si longtemps. Je croyais qu'il s'agissait d'une méthode propre au "pays" de ma grand-mère, je découvre qu'il n'en est rien: région éloignée, un siècle d'écart, même remède...
C'est donc avec grand bonheur et grand intérêt que j'ai partagé la vie de la famille Le Goff-Hélias. J'ai dévoré le livre, même si je dois quand même soulever un bémol: la toute dernière partie, consacrée à la Bretagne des années 1970 et aux pensées qu'elle suscite chez l'auteur, m'a laissé complètement de marbre, même si j'ai noté une phrase à méditer p 509: " (...) en même temps qu'elle achève de brader les témoignages d'un art de vivre révolu, (la période récente) cherche désespérément à en susciter un autre à partir des témoignages en question comme on va chercher dans les musées, en méditant devant des débris séculaires, des inspirations susceptibles d'humaniser les temps à venir." Fichtrement bien dit, Pierrot.
Ma note: 8.5/10 (à cause des 50 dernières pages)
Sur la Bretagne, j'ai aussi lu Au-dessous du calvaire, de Hervé Jaouen. Et il est intéressant de constater que ces deux livres sont assez complémentaires, puisque Hélias bacle la seconde guerre mondiale en 1 page et demie, et nul mention des Breiz atao... Un peu gêné aux entournures, le Pierrot?
A part ça, je pars en vacances demain (pour la Bretagne, vous l'aurez compris) jusqu'aux tout derniers jours de juillet. Quelques billets programmés en mon absence, notamment un petit défi culinaire que je me lance...
27 juin 2008
Au-dessous du calvaire
J'ai lu dernièrement Au-dessous du calvaire de Hervé Jaouen chez Presses de la cité.
Première phrase: "A partir de la vallée de l'Aulne la route n'a cessé de monter, jusqu'à finir par sinuer en crête en faux plats de l'un des sommets du pays d'Arrée."
J'avais repéré ce roman chez plusieurs bloggeurs, et cette lecture n'est pas innocente dans la mesure où nous envisageons de partir en vacances en Bretagne cet été. Ce n'est pas complètement sûr, mais au cas où, ça ne peut pas faire de mal de se mettre dans le bain. Là où j'ai été un peu surprise, c'est que je m'étais mis dans la tête qu'il s'agissait d'un roman policier; or ce n'est pas le cas!
Vingt-cinq ans après la Libération de la Bretagne, Corentin Kermanac'h sort de prison. Pour comprendre ce qui l'y a conduit, il faut se plonger dans les pages de Jaouen, et dans son roman audacieux. Audacieux, car il faut un certain courage pour utiliser comme cadre les heures sombres de la guerre en Bretagne, quand les nationalistes se sont embarqués aux côtés des occupants, quand les paysans refusent parfois de choisir leur camp, quand des femmes sont tondues à la Libération, quand des luttes fratricides se soldent par des assassinats pas toujours justifiés. Bien sûr ce type d'événement a eu lieu ailleurs en France. Mais qu'elle est forte, cette histoire de la fratrie Kermanac'h, où les salauds ne sont pas toujours du côté attendu, où un personnage sympathique se transforme en deux phrases en monstre de cruauté (pour ceux qui l'ont lu, je pense au personnage de la postière). Je tire un grand coup de chapeau à Jaouen pour avoir réussi une caractérisation et une intrigue vraiment originales par leur nuance, et pour sa réflexion presque philosophique sur le Bien et le Mal.
Cependant, si j'ai beaucoup aimé l'histoire, notamment le destin de Naïg, seule fille au milieu de cinq frères, je n'ai pas vraiment accroché avec le style de l'auteur. J'ai donc lu une grande histoire, mais pas un beau roman (à mon goût). C'est dommage, car du coup ça casse un peu mon enthousiasme par rapport à ce roman. En tout cas, je l'ai trouvé passionnant, à défaut de magnifique.
Ma note: 7/10
D'autres avis: Yvon, Sylire, Katell, Pascal...
23 août 2007
Kouign Amann
Je suis peu présente sur mon blog en ce moment, et cela ne va pas aller en s'arrangeant. En effet, je reprends mes études début septembre, et pour ce faire je prends un petit studio dans la ville où je vais aller étudier, sans connection internet. Si le côté cuisine de ce blog va certainement disparaître les mois prochains, je pense par contre continuer le côté lecture. Car sans internet et sans télé, il va sans dire que j'aurais du temps pour lire!
Mais pas question de ranger les casseroles sans un baroud d'honneur: c'est comme cela qu'il faut prendre cette participation au KKVKVK n°21 organisé par Num num birdy, qui a choisi comme thème le kouign amann. Ah, le kouign amann, un excellent souvenir de vacances en Bretagne... Et dire que l'amoureux ne savait même pas de quoi il s'agissait, lorsque je l'ai mis au courant de ce thème!
Pour réaliser mon kouign, je me suis fiée à cette recette du site Anarvorig, qui m'a eu l'air à la lecture cohérente, authentique et simple. J'ai bien fait. Inutile donc que je recopie la recette, suivez-là à la lettre et tombez à genoux devant ce petit goût de caramel au beurre salé, ce croquant moelleux...

"Le fait qui veut, le réussit qui peut."
(devise inscrite chez un pâtissier de Douarnenez, patrie du kouign amann)
29 janvier 2007
Palets bretons
Me revoilà après un déménagement rapide et fatiguant (surtout que j'ai trouvé le moyen de choper la grippe pour l'occasion... bref). Hélas, ce n'est pas avec une recette en direct live de notre nouveau chez nous, mais avec une des dernières recettes de l'ancien chez nous, car je n'ai pas encore retrouvé la motivation pour cuisiner. Il faut dire que ce n'est pas facile dans une cuisine pas encore terminée!
Je ne sais pas vous, mais moi il m'arrive régulièrement d'avoir de très grosses envies de pâtisserie. Ça arrive encore plus fréquemment les dimanches d'hiver, parce que je vous le demande, ça ressemble à quoi un dimanche sans pâtisserie??
Donc un certain dimanche, l'envie aussi soudaine qu'irrépressible me prend de faire un truc sucré. Je me suis donc tournée vers ce bouquin avec lequel j'entretiens des relations compliquées mais néanmoins fidèles, et j'ai feuilleté. Et je suis tombée rapidement sur la recette appropriée: des palets bretons! Pourquoi appropriée? Parce qu'il se trouve que l'amoureux s'était planté en faisant les courses, et avait acheté du beurre salé! Donc me voilà partie dans ces palets bretons au beurre salé!
Nous nous sommes régalés avec ces palets, qui étaient absolument conformes à l'idée que je m'en faisais (et ça c'est une très bonne nouvelle car ça veut dire que je peux continuer à utiliser ce bouquin de pâtisserie). Une petite remarque cependant: mes palets sont dans des moules à muffins car, je cite: "Les sablés doivent être cerclés à la cuisson. A défaut, utiliser un moule à muffins de 5 cm de diamètre." Cette traître indication est écrite en tout petit, tout en bas. Ce qui veut dire que je m'apprêtais à faire cuire, lorsque je l'ai lue. Montée de pression lorsque je me suis rendue compte que j'étais très mal si je n'avais plus de moules à muffins. Heureusement, il m'en restait très précisément treize, et je me suis débrouillée à faire treize palets...
Les palets bretons de Florence Edelmann (demi-dose):
- 125g de beurre demi-sel
- 95g de sucre en poudre
- 1/2 sachet de sucre vanillé
- 2 jaunes d'oeufs
- 190g de farine
- 1/2 sachet de levure chimique
Travailler le beurre à la spatule, ajouter le sucre et le sucre vanillé et bien mélanger. Ajouter les jaunes d'oeufs, puis la farine tamisée avec la levure. Mélanger rapidement. Faire une boule, la réserver 30 mn au frigo dans du cellophane.
Faire un rouleau d'à peu près 4 cm de diamètre, et remettre une heure au frigo.
Préchauffer le four à 170°C. Découpez les rouleaux en tranches de 1 cm d'épaisseur. Déposer dans des moules ou des moules à muffins (notez que je suis bien serviable de vous en informer au moment opportun, et pas en bas de page). Faire cuire pendant 20 mn.
Les palets solidifient en refroidissant, et après ils disparaissent en un temps record, qui vous fait bien regretter d'avoir fait demi-dose.
PS: Joyeux anniversaire mon blog (séquence émotion).
28 avril 2006
Un peu plus loin sur la droite
J'ai fini il y a deux jours Un peu plus loin sur la droite, de Fred Vargas chez Le Livre de Poche.
Un mot pour commencer: merci aux charmantes dames qui m'ont encouragée à lire encore du Vargas, que ce soit ici ou sur le forum Passion Livre. On se souvient que je n'avais pas été completement convaincue par L'Homme à l'envers. On se souvient aussi que, en matière de lecture (entre autre), je peux être assez têtue, et c'est pour cette raison que j'ai lu ce roman (et même, acte qui démontre ma profonde confiance dans le bon goût de mes camarades, je l'ai acheté, ce qui est assez rare pour être souligné).
Donc, celui-là, je l'ai plutôt bien aimé. J'ai préféré Kehlweiler à Adamsberg, même si ce n'est pas encore le coup de foudre. Mais comme dans L'homme à l'envers, une belle galerie de personnages. J'ai aussi préféré l'écriture, qui m'a semblée originale sans être trop ... facile. En plus, vive la Bretagne ils ont des chapeaux ronds, j'adore les romans qui se passent dans cette région, et il me tarde beaucoup d'y revenir en vacances. J'en profite pour noter que, une fois de plus, Vargas ancre vraiment son récit dans une région, qu'elle parvient à évoquer avec bonheur pour le lecteur.
Sur l'intrigue, ça part d'une manière fort originale, puis finalement l'enquête devient plus classique: plein de personnages/suspects plus ou moins sympathiques, et le but du jeu est bien entendu de découvrir le/la coupable. Une centaine de pages avant la fin, je pensais tenir le coupable, ce qui m'a fait râler car j'ai horreur de deviner alors que, visiblement, l'auteur cherche à me promener. Mais en fait je m'étais lamentablement plantée: ok, je tire mon chapeau.
Un bilan plutôt positif donc, mais pas non plus le coup de coeur absolu, et je pense deviner pourquoi. Je me demande si, simplement, le polar n'est pas dans mon esprit associé à l'étranger, que ce soit géographique (polars anglo-saxons) ou historique (polars historiques). Dons un polar qui se passe en France aujourd'hui, ben je ne parviens pas à sauter de joie. Enfin, c'est ce que je commence à me demander...






