Le bûcher des innocents
J'ai lu Le bûcher des innocents de Laurence Lacour chez Plon.
Première phrase: "Les goûters de mon enfance jaillissent soudain de ma mémoire."
Parmi mes défauts peu glorieux, il y a mon goût douteux pour les affaires criminelles. A force d'écouter les émissions de radio et de regarder les émissions de télé qui y sont consacrées, je commence à en connaître un rayon. Je n'en fais pas non plus une obsession dévorante, avec collection de livres etc, mais je ne crache pas sur un portrait de tueur en série ou un récit d'erreur judiciaire. Or, lors de différentes émissions consacrées à l'affaire Grégory, ce livre de Laurence Lacour est revenu plusieurs fois, comme étant le plus complet sur "l'affaire". J'ai donc fini par me l'acheter d'occasion.
Et me voilà partie pour près de 700 pages de surprises. Car si Grégory Villemin est né juste un an avant moi, je n'avais par conséquent que 3 ans lorsqu'il est retrouvé mort dans la désormais célèbre Vologne. Donc de l'affaire, je ne connaissais que le nom, les soupçons sur la mère, l'existence d'un corbeau, la vengeance du père, et de récentes analyses ADN qui n'en finissent pas de ne rien apprendre de nouveau.
Que les choses soient claires: dans ce livre, on n'apprend pas qui a tué l'enfant. Car Laurence Lacour cherche tellement à rétablir une objectivité a posteriori qu'elle ne peut tomber là-dedans. Ce n'est de toute façon pas son propos. Plus que l'histoire criminelle, c'est le travail des journalistes de l'époque (dont elle était) qu'elle analyse.
Et alors-là, les bras m'en sont tombés. Il faut pouvoir imaginer que le jour de la mise en bière, des journalistes osent proposer aux jeunes parents (Christine Villemin n'avait que 24 lors de la mort de son fils) une somme d'argent pour prendre le petit corps en photo (on lui aurait fait manger son téléobjectif qu'il ne l'aurait pas volé). Que l'un d'entre eux prend un air affecté, la tête basse, et parvient à suivre la famille dans la salle funéraire. Qu'un autre, anonyme, vole la plaque en marbre de la tombe pour avoir un portrait de l'enfant. Que certains organisent des mises en scène affreuses pour prendre des photos des parents. Et pour finir, qu'un groupe de soi-disant journalistes décident un jour que c'est la mère, forcément. Et commence un acharnement journalistique qui dure des mois, des années. La justice n'est pas assez ferme, et ne peut s'empêcher de suivre l'opinion publique, elle-même confortée par les centaines d'articles qui paraissent à l'époque.
Bref, ce livre est édifiant. Pauvre parents Villemin, qui en plus d'avoir perdu un petit, se retrouvent traînés dans la boue, accusés de tout, accusés du pire*.
Pour en revenir à la lecture, j'ai été captivée sur les 200 premières pages, intéressée sur les 200 suivantes, et j'ai un peu décroché sur la fin. Il faut dire que l'histoire est tellement répétitive, les ficelles des uns et des autres tellement éculées... Comme quoi la réalité est parfois lassante. D'autre part, Laurence Lacour n'hésite pas à faire son mea culpa personnel, mais aussi un mea culpa de sa profession, qu'elle pense en grande partie responsable de la mort de Bernard Laroche. Cela donne une grande sensibilité à ce livre, qui n'est pas seulement un rapport clinique sur les errements des uns et des autres. Bref, un livre que je suis contente d'avoir lue car il m'a vraiment appris beaucoup de choses sur cette affaire, notamment sur le climat médiatique de l'époque.
Ma note: 7/10
(parce que quand même un peu longuet sur la fin, et parce que j'ai du mal à accepter
la présence de certaines photos dans le livre)
* Et là j'espère qu'on apprendra jamais que finalement si, c'était bien la mère; parce que sinon j'aurai l'air maligne. Mais, si les informations factuelles données par Laurence Lacour sont exactes, je ne pense pas que cette éventualité se produise dans l'avenir.
La tentation d'Isabeau
J'ai lu La tentation d'Isabeau d'Anne Courtillé chez Calmann-Lévy.
Première phrase: " - Au feu!"
Le Moyen-Age, la construction d'une abbatiale, la peste. Tous les ingrédients étaient réunis pour que ça me plaise. Hélas, ça n'a pas fonctionné. Je n'ai pas aimé le style de l'auteur, je n'ai pas trouvé l'intrigue prenante, et il y a une fausse bonne idée, un couple de rats qui tiennent des rôles de personnages, avec paroles et tout.
Tout comme Isabeau, je n'aurais pas dû me laisser tenter.
Ma note: 5/10
Le chagrin du roi mort
J'ai lu Le chagrin du roi mort de Jean-Claude Mourlevat en Gallimard Jeunesse.
Première phrase: "-Es-tu bien sûr, Aleksander, que tu veux piétiner dans la neige glacée pendant des heures, te geler les pieds et les doigts, te faire bousculer par des adultes et revenir déçu parce que tu n'auras rien pu voir?"
Depuis la fulgurance ressentie avec Le combat d'hiver, je m'étais promis de lire Le chagrin du roi mort. Mais bon 16€ faut pas déconner quand même, et je l'ai enfin trouvé à la bibli!
Nous sommes encore une fois en hiver, dans un pays imaginaire mais crédible. Aleks vit une enfance paisible avec son frère jumeau Brisco. Il neige, comme d'habitude, et les garçons vont voir la dépouille du roi mort. Un roi éclairé, qui avait notamment mis en avant la formidable bibliothèque de Petite Terre. Bibliothèque dans laquelle les garçons se rendent régulièrement, pour passer des après-midi de bonheur au milieu de leurs sagas préférées. Jusqu'au jour où.
J'ai beaucoup aimé ce roman. Sombre, émouvant, onirique. Triste. Mais je suis quand même moins subjuguée qu'avec Le combat d'hiver, notamment à cause de la fin, que je trouve très rapide, voire baclée. Pourtant, les choses se mettent en place, et on est pas loin d'une fin qui bouclerait la boucle. Mais là, c'est comme si l'auteur avait eu un nombre de pages imposées, et que, se rendant compte qu'il avait été trop long sur l'histoire, il terminait en deux coups de cuillère à pot, en laissant de côté un personnage important et ses rapports avec le héros. Alors je me suis dit que ça sentait le roman qui laisse des portes ouvertes, pour une suite qui serait déjà en écriture. Mais le roman a déjà 2 ans, et nulle suite à l'horizon...
Bon quand même c'était chouette, j'ai bien pleuré sur la fin, et j'ai très envie de lire le nouveau roman pour ado de Mourlevat, Terrienne.
Ma note: 8,5/10
PS: Nouvelle année = résolutions, d'où l'apparition de ce nouveau billet. Je vais essayer de me faire plus régulière par ici. Mais je ne promets rien.
Le bilan de 2011
Même si je ne passe plus aussi régulièrement ici, je ne vous oublie pas pour autant, et je vous souhaite à tous une bonne et heureuse année 2012!
Mais pas question d'enterrer 2011 soit faire mon traditionnel bilan lecture...
En 2011, j’ai lu 69 livres, soit 9 de plus que l’an dernier. Cela fait presque 6 livres par mois, et toujours plus d’un par semaine. Le mois où j’ai le moins lu est le mois d’octobre, avec deux livres seulement (rentrée scolaire difficile). A l’inverse, le mois où j’ai le plus lu est le mois d’août, avec le nombre record de 14 livres lus (vacances, travaux de la maison presque terminés, et internet et la télé indisponibles – merci Orange pour ces moments de lecture).
Ces 69 livres représentent 21027 pages, soit 1575 pages de plus que l’an dernier. Par contre, le nombre moyen de pages baisse, puisqu’il est cette année à 304 (318 l’an dernier).
Les livres de non-fiction représentent une part beaucoup plus importante de mes lectures : 16 livres, contre 8 l’an dernier et l’année d’avant. Cette augmentation s’explique par mon goût pour l’histoire, que j’ai plus exploité que les années précédentes.
J’ai lu cette année des auteurs de 11 nationalités différentes, et ce nombre est en net recul (17 nationalités l’an dernier). Encore une fois, c’est la France qui arrive en tête, avec 39 titres, soit plus de la moitié du total. Derrière arrivent, encore une fois également, les Etats-Unis, avec 6 titres seulement, puis à égalité le Canada et la Suède, avec 5 titres chacun. L’arrivée du Canada est bien sûr lié à notre voyage d’avril. J’ai lu cette année encore que 9 livres en anglais : le nombre se maintient, mais la proportion baisse.
Ces 69 livres sont de 54 auteurs seulement, puisque j’ai lu 7 romans de Simenon, 3 de Camilla Läckberg, 3 de Marie Bourassa, 2 de Mikhaïl Boulgakov, 2 de Fred Vargas, 2 de Karin Slaughter et 2 d’Emmanuel Carrère. Sur ces 54 auteurs, 36 sont des petits nouveaux dans ma bibliothèque, soit 66,6% : ce pourcentage baisse un peu par rapport aux dernières années (72,5% en 2010, 70 % en 2009).
Ces 69 livres ont été publiés par 32 maisons d’éditions, soit le même nombre que l’an dernier. La maison d’édition la mieux représentée cette année est le Livre de Poche avec 11 titres, détrônant 3 ans de suprématie de Folio. Cependant, il s’agit encore et toujours d’éditions de poche …
39 de ces livres m’appartenaient (nombre comparable à l’an dernier), 2 m’ont été prêtés et les 28 autres proviennent de deux biblis différentes. L’achat de tous ces livres m’aurait coûté 711€, soit une très forte augmentation par rapport à l’an dernier (+ 210€). Cela reviendrait à 10,8€ par livre (moyenne en nette augmentation : 8,35€ l’an dernier), et près de 60€ par mois.
Cette année, et contrairement aux deux dernières années, j’ai terminé toutes mes lectures.
Mes cinq lectures préférées de 2011 (dans l'ordre de leur lecture):
- Emmanuel Dongala, Photo de groupe au bord du fleuve
- Mikhaïl Boulgakov, Le roman de monsieur de Molière
- Anna Enquist, Le retour
- Frédéric Beigbeder, Un roman français
- Karin Slaughter, Kisscut (titre français: Au fil du rasoir)
The selected works of T.S. Spivet
Pour cette nouvelle édition du Blogoclub consacré au voyage, j'ai lu The selected works of T.S. Spivet de Reif Larsen chez Pinguin.
Première phrase: "The phone call came late one August afternoon as my older sister Gracie and I sat out on the back porch shucking the sweet corn into the big tin buckets."
Depuis la rentrée je n'ai vraiment le temps de rien. Pas le temps de m'occuper du blogoclub, heureusement que Sylire est là. Pas le temps de lire les résumés des bouquins soumis au vote, pas le temps de voter. C'est donc sans prendre le temps de m'y intéresser vraiment que j'ai commandé le bouquin sélectionné dans une librairie en ligne. Vu le prix, un bouquin de poche, ça allait de soi.
C'est également sans prendre le temps de vraiment m'y intéresser que je suis allée retirer le colis au point de livraison. En me demandant quand même vaguement pourquoi ce colis était si gros alors que je ne me rappelais avoir commandé qu'un livre de poche. Mais comme je n'ai l'esprit à rien d'autre qu'au travail, je me suis dit que j'avais sans doute acheté autre chose qui m'était déjà sorti de la tête. Parce qu'outre le manque chronique de temps, cette nouvelle année scolaire a vu apparaître une nouvelle caractéristique: l'achat compulsif de choses que j'oublie rapidement avoir achetées. Ce n'est rassurant ni pour mon compte en banque ni pour ma santé mentale.
Le colis a patienté deux-trois jours dans ma voiture, jusqu'à ce qu'une bonne âme (l'amoureux) le sorte, et attendu quelques jours de plus à la maison. Puis j'ai fini par l'ouvrir. Et quelle surprise: un magnifique livre à un format original, sur du beau papier épais, avec plein de jolis dessins!
Donc forcément, le livre a remonté dans mes préoccupations, et j'ai trouvé le temps de le lire (comme quoi...)
T.S. Spivet est un petit garçon pour le moins particulier, dans une famille particulière. Il est brillant, mais un peu obsessionnel: T.S. cartographie tout et n'importe quoi. De sa chambre à la manière qu'à son père de boire son whisky. Sa maman est une scientifique aux contours imprécis, sa soeur une adolescente, son père un cow-boy taciturne. Et à l'invitation d'un musée qui le prend pour un adulte, T.S. va traverser les Etats-Unis pour recevoir un prix scientifique. Seul, en train, il a le temps de penser à sa famille, et à son cher petit frère, disparu peu auparavant. Il a également le temps de se rendre compte qu'on a beau être un génie, on reste malgré tout un petit garçon (et ce n'est pas Sheldon Cooper qui me contredira).
Au début, j'ai été très enthousiaste: j'aimais les personnages, la narration, l'histoire... Mais au cours du roman, j'ai trouvé que cela traînait un peu en longueur, et j'ai trouvé la fin décevante. Au final, ça reste un bouquin qui mérite d'être lu, ne serait-ce que pour la beauté de l'objet.
Ma note: 7,5/10
Le maître et Marguerite
Pour cette nouvelle édition du Blogoclub consacrée à la Russie d’hier et d’aujourd’hui, j’ai lu Le maître et Marguerite de Boulgakov.
Première phrase : « C’était à Moscou au déclin d’une journée printanière particulièrement chaude. »
De Boulgakov, j’avais lu et beaucoup aimé Le roman de monsieur de Molière. Aussi ai-je été un peu surprise lorsque j’ai lu ça et la que Le maître et Marguerite avait semblé illisible à beaucoup de lecteurs. Et effectivement, il faut bien reconnaître que ce roman est assez particulier.
En gros, il s’agit de l’histoire d’amour du maître et de Marguerite, le maître écrivant un roman sur Ponce Pilate, qui nous est donné à lire entre les chapitres « russes ». Histoire d’amour malheureuse bien sûr, sinon il n’y aurait rien à en dire. Les amants seront aidés par un personnage mystérieux (enfin pas tant que ça, mais je ne veux pas non plus révéler son identité), qui par ailleurs crée une joyeuse panique au sein des milieux intellectuels moscovites.
J’ai lu une édition copieusement annotée, j’ai donc appris que ce roman est une critique de certains aspects de la Russie soviétique (arrestations arbitraires, problème récurrent de l’attribution de logement…). Par contre, certaines notes explicatives se sont révélées beaucoup moins compréhensibles que le texte lui-même.
J’ai plutôt apprécié ce roman, même si je reconnais que l’on est plus dans l’exercice intellectuel que dans la lecture plaisir, et que la lecture m’a été parfois un peu laborieuse. J’ai eu l’impression d’être de retour à la fac, c’est dire ! J’ai préféré les chapitres consacrés à Ponce Pilate aux chapitres moscovites, même s’il se dégage de ces derniers une atmosphère un peu loufoque assez plaisante. Par contre, s’il y a une morale à l’histoire, je dois dire qu’elle m’est passée au-dessus de la tête !
Ma note : 6,5/10
PS: Toujours pas d'Internet... plus d'un mois et demi, les gens d'Orange sont des gros MAUVAIS!
Le maître des peines
J’ai lu les trois tomes composant le Maître des Peines de Marie Bourassa aux éditions Anne Carrière.
Première phrase : « L’abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés était l’un des monastères les plus prestigieux d’Europe. »
Que voilà une vraie bonne lecture d’été : trois pavés de 450 pages chacun, un destin singulier, de l’amour, de la haine, de la vengeance, de la trahison, un triangle amoureux, des secrets, des personnages que l’on suit pendant plusieurs décennies…
Louis Ruest est fils de boulanger et enfant martyr. L’amour de sa mère ne le met pas à l’abri de la violence et de la cruauté de son père Firmin. Alors pour se protéger, pour survivre simplement, Louis s’enferme dans un personnage taciturne et violent. L’équilibre ô combien précaire de sa petite vie vole en éclat au décès de sa mère. A partir de là, tout va de mal en pis pour ce pauvre Louis, ses rares bonheurs étant toujours contrebalancés par d’affreux malheurs. Mais certains moines de l’abbaye voisine, en fait propriétaire de la boulangerie familiale, croient en lui et en son potentiel d’amour.
Ce résumé ne couvre que la moitié à peu près du premier tome, car il serait vraiment dommage de dévoiler les multiples péripéties que Louis va subir. Ce que je peux dire par contre, c’est que Louis est un « héros » singulier, d’abord enfant touchant mais parfois inquiétant, il devient un adulte inhumain, très froid, tout en n’étant jamais injuste. Cela en fait un personnage romanesque très intéressant, car ses réactions sont toujours imprévisibles, mais jamais illogiques.
On suit bien sûr d’autres personnages attachants, parmi lesquels le père Lionel et Jeanne d’Aubignac, et d’autres personnages nettement moins sympathiques, mais toujours suffisamment nuancés pour qu’ils restent intéressants. La vie de Louis est pleine de rebondissements, tous plus tragiques les uns que les autres, à tel point que cela en devient in-crédible, mais ce n’est pas grave, car ce n’est pas une histoire vraie que l’on vient chercher dans cette trilogie. Par contre, j’ai quelques réserves concernant la fin, où l’on dirait que l’auteure s’est débarrassée de certains personnages dont elle ne savait plus que faire.
Quant à l’aspect médiéval, fort important pour moi, il est plutôt bien maîtrisé. On peut presque regretter certains passages descriptifs dont le seul rôle semble être pour l’auteure de caser le plus de mots spécialisés possibles. De même, les notes sont presque trop nombreuses ; après, libre à chacun d’aller les lire ou consulter le glossaire de fin d’ouvrage.
J’ai dévoré cette saga médiévale, même si j’ai quelques petites réserves, ma foi bien minimes par rapport au plaisir éprouvé à la lecture.
Ma note : 8,5/10
Les hommes-couleurs
J'ai lu Les hommes-couleurs de Cloé Korman au Seuil.
Première phrase: "Elle ne sait pas que cet endroit s'appelle l'Allée des Morts".
Voici un roman dont je risque avoir du mal à parler. Il raconte l'incroyable aventure du couple Bernache et du chantier pharaonique qu'ils ont dirigé à la fin des années 1950 à la frontière mexicano-américaine (ça existe, ce mot?). Pharaonique mais aussi onirique, quasi mythologique. Du détournement de l'or noir au détournement des forces vives, le tunnel à la voute colorée avance lentement mais surement vers la Terre Promise.
En raison d'une actualité personnelle très chargée, je n'ai pu lire ce roman que petit bout par petit bout. Et c'est fort dommage, car j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, et je suis persuadée que ce livre mérite bien mieux. Car une fois que j'y suis rentrée, je n'en serai ressortie pour rien au monde. J'y ai trouvé la fantaisie absurde et morbide qui traverse les romans sud-américains que j'ai beaucoup aimés, comme Cent ans de solitude ou Chronique d'une mort annoncée.
Et la caractérisation est également réussie, avec des personnages secondaires complets et attachants (les jumeaux par exemple).
Bref, un lancement laborieux, mais une seconde partie absolument délicieuse, je vais garder un oeil sur l'oeuvre de cette jeune auteure que je ne connaissais pas du tout.
Ma note: 8/10
Le goût du sang
J'ai lu Le goût du sang d'André Héléna aux éditions e/dite.
Première phrase: "La fille était adossée au mur du bistrot, sur la place du Stadium, et le vent du Nord, qu'on appelle ici la tramontane, faisait claquer ses jupes comme un drapeau."
Il y a quelques jours, j'écoutais à la radio un écrivain expliquer que pour faire un best-seller, il ne faut pas employer d'argot, car cela date irrémédiablement un récit. André Héléna n'a pas suivi ce principe, et c'est bien dommage: l'accumulation d'argot des années 1950 donne un vernis un peu toc à cette histoire de jeune homme qui ne peut plus se passer du goût du sang.
Du coup, on dirait un vieux film avec Alain Delon dans le rôle principal.
Dommage, la couverture était rudement sympa.
Ma note: 6/10
7500 signes
J'ai lu 7500 signes de Philippe Labro chez Gallimard.
Première phrase: "C'est cela, le contrat: 7500 signes, une fois par semaine."
J'ai entendu parler de ce bouquin, recueil de chroniques de presse, il y a plusieurs mois au Fou du roi, l'émission radio de Bern. Labro y était plutôt agréable à écouter, et l'interview m'a donné l'impression que c'était un bouquin indispensable.
Au final, grosse déception: je n'ai pas aimé la plume de l'auteur (phrases très longues dans lesquelles je me suis complètement perdue), je n'ai pas trouvé le propos fulgurant, j'ai trouvé au contraire que le bouquin faisait fouzytout, et la nouvelle de fin m'a semblé limite navrante: Monsieur Labro l'a-t'il écrite à l'âge de 15 ans, ou bien? En fait, une seule chronique a vraiment attiré mon attention, "Mister Cool à j-15", sur ce qui est relève de la cool attitude (Obama) et le reste (Mc Cain, notamment).
Une très grosse déception donc, et je commence à penser que décidément Labro n'est pas ma tasse de thé, pourtant d'autres titres m'intriguent, comme Tomber 7 fois se relever 8. Je trouve ce titre très bien trouvé (merci l'éditeur?) pourtant quand on y pense, ce n'est pas logique cette histoire, on ne peut pas se relever plus souvent qu'on ne tombe, ou alors on commence par se relever avant de tomber la première fois, mais du coup ce n'est pas "se relever", mais "se lever".
Bref....
Ma note: 5/10


