Le roman des rois
J'ai lu Le roman des rois de Max Gallo chez Fayard.
Première phrase: "Dieu n'a pas voulu ce qui a commencé à la Saint-Jean de l'an de grâce 1321."
On m'a offert ce bouquin pour Noël, et il dormait sur mon étagère. Puis il y a peu j'ai entendu Max Gallo au Grand entretien de François Busnel sur France Inter, et comme je l'ai trouvé plutôt intéressant, cela a fait remonter le bouquin sur le haut de la pile. (lien de l'émission)
D'un certain côté, ce bouquin m'a presque agacée. Max Gallo est un historien, je m'attends donc à lire un livre d'histoire. Cette attente est confortée par la quatrième de couverture et la table des matière. Or, il s'agit plutôt d'un roman historique. En fait on lit les mémoires de Hugues de Villeneuve de Thorenc et de ses aieux, fidèles compagnons des trois grands rois dont il est question (Philippe Auguste le Conquérant, Saint Louis le Croisé, Philippe le Bel l'énigmatique), compagnons dont je ne sais même pas s'ils ont vraiment existé ou s'ils sont pure invention littéraire. Nous voilà donc introduits en cour, plongés au coeur des batailles, déchiffrant les pensées de ces illustres souverains. Mais du coup, la frontière entre histoire et Histoire est ténue, et imperceptible pour le non-initié, d'autant plus que l'on reconnaît des phrases rendues célèbres par la postérité ("Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens").
J'ai l'habitude de lire des romans historiques, notamment des polars historiques. Quand c'est le cas, je sais ce que je tiens entre les mains, et je ne cherche pas autre chose que ce qu'ils ont à me proposer, c'est à dire une histoire qui se déroule à une autre époque. Tandis que là, j'ai passé mon temps à me demander si tel épisode était vrai, si telle royale parole avait bien été prononcée: qu'est-ce qui est historique, qu'est-ce qui est un ajout, une liberté de l'auteur? Bref, lisant un livre d'historien, je m'attendais à lire un livre d'Histoire. Et je crois que ce n'est pas le cas.
Cet aspect m'a dérangée, et a fait que je n'ai pas complètement réussi à rentrer dans le livre. Ces réserves mises à part, cela reste une lecture agréable.
Ma note: ***
Eté
J'ai lu Eté de Mons Kallentoft traduit par Max Stadler et Lucile Clauss chez Points.
Première phrase: "Je ne vais pas te tuer, mon ange d'été, je vais seulement t'aider à renaître."
J'avais beaucoup aimé Hiver, j'ai donc acheté la suite avec plaisir.
Comme l'indique le titre, cette enquête-ci se passe en été. Et guess what, c'est la canicule. How original. On retrouve donc notre enquêtrice Malin, toujours amoureuse de son ex, toujours attirée par le journaliste, toujours alcoolo sur les bords. Et les morts continuent à parler, mais j'ai trouvé ça moins génial que pour le premier.
Qui s'en prend aux jeunes filles, dans la ville écrasée de chaleur et vidée de ses habitants? Pourquoi l'une est-elle vivante, et l'autre morte? Pourquoi sont-elles si propres? Ont-elle été violées? Homme ou femme? Voilà autant de questions auxquelles devra répondre Malin, accompagnée de son équipe (enfin, de ceux qui ne sont pas partis en vacances). Et les réponses sont d'autant plus urgentes que le tueur se rapproche dangeureusement de Malin...
Pour information, j'essaie dans mon résumé d'en dire moins que la quatrième de couverture, qui lache un gros spoiler sur l'intrigue. Même si on le voit venir à trois kilomètres, ce n'est pas très sport.
Pour finir, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce polar, mais qui m'a semblé quand même moins génial que le précédent. En plus, il y a des phrases qui m'ont laissée perplexe, comme par exemple "ils ont eu du mal à partir" alors qu'il fallait manifestement lire "ils ont eu maille à partir", et quelques autres qui m'ont fait hausser les sourcils... Négligence de relecture? Ce n'est pas très sérieux, messieurs-dames de Points...
Ma note: ***
Jayne Mansfield 1967
J'ai lu Jayne Mansfield 1967 de Simon Liberati chez Grasset.
Première phrase: "Aux basses heures de la nuit, le 29 juin 1967, sur un tronçon de la route US 90 qui relie la ville de Biloxi à La Nouvelle-Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé, modèle 66, se trouva engagée dans une collision mortelle."
Quand je dis "j'ai lu", je devrais plutôt dire "j'ai dévoré". Si j'avais été en période de vacances, je pense même que je l'aurais lu d'une traite. Certes il n'est pas gros (196 pages), mais quand même.
Ce bouquin, qui n'est pas vraiment un roman, malgré le sous-titre que l'on peut voir sur la couverture, commence par un récit circonstancié et très détaillé de l'accident qui a couté la vie à Jayne Mansfield, à son amant du moment, ainsi qu'à l'homme qui conduisait la voiture. N'étant pas particulièrement une chochotte quant aux descriptions sanguinolentes et/ou morbides, je dois dire que j'ai quand même trouvé ça assez violent. Sans doute parce qu'il s'agit là de personnes réelles, et non de personnages de papier comme dans les polars que j'ai l'habitude de lire.
Cette petite réserve mise à part, j'ai donc adoré ce récit des derniers jours de la starlette. En nous donnant à voir plusieurs épisodes de ses derniers mois, l'auteur nous en livre un portrait tout en nuance: agaçante, attachante, cruelle, fragile... mais aussi et surtout malade psychologiquement. A la recherche de l'amour, et prête à tout supporter pour en obtenir un peu: violence de ses amants, humiliations du milieu...
Bref, une très chouette lecture, mais dont le début pourrait choquer les âmes sensibles.
Ma note: ****
Ripoux à Zhengzhou
J'ai lu Ripoux à Zhengzhou de Zhang Yu traduit par Claude Payen en Picquier Poche.
Première phrase: "Au moment de payer l'addition, Yu Fugui et son collègue Wang Hai qui venaient de déjeuner d'un bol de nouilles chaudes dans une gargote eurent la surprise d'apprendre que quelqu'un avait déjà payé pour eux."
Bouquin très dépaysant, surtout au niveau des dialogues. C'est rempli d'euphémismes, de litotes, de réactions surprenantes pour nous occidentaux. La politesse et le sens de l'honneur sont bien présents, même lorsqu'un flic s'addresse à un voyou (et réciproquement).
Par contre, je ne dirais pas qu'il s'agit d'un roman, contrairement à ce qu'indique la quatrième de couverture. Il s'agit plutôt d'un recueil de 5 nouvelles mettant en scène les deux mêmes flics, leur donnant chacun leur tour le rôle principal. S'il y a une certaine chronologie, il n'y a pas d'intrigue commune qui court sur les cinq parties.
Ma note: **
Le boulevard périphérique
Pour cette édition du Blogoclub consacrée à Henry Bauchau, j'ai lu Le boulevard périphérique, chez Actes Sud.
Première phrase: "Tandis que le métro m'emporte vers la station du fort d'Aubervilliers où je prendrai le bus pour Bobigny, je pense à ma famille telle qu'elle était dans mon enfance."
Le narrateur, pour ne pas dire l'écrivain, assiste aux dernières semaines de vie de sa belle-fille, atteinte d'un cancer. Tandis que jusque là il ne se sentait pas très proche du couple qu'elle forme avec son fils, il lui semble ne pas avoir d'autre choix que d'être là. Cette maladie à l'issue incertaine fait écho à la disparition de son ami Stéphane, résistant pendant la Seconde Guerre Mondiale. Le narrateur revit ainsi leur amitié, mais aussi sa confrontation avec le mystérieux Shadow, officier nazi responsable de la mort de Stéphane.
Que voilà un livre singulier à qui il va m'être difficile de faire justice. Nous avons d'un côté un vieux monsieur qui semble passer son temps à descendre de bus pour monter dans un métro, tout ça pour ne passer que quelques minutes au chevet de sa belle-fille, veillée par une mère qui lui consacre toute son énergie vitale. Nous avons de l'autre côté un jeune homme presque solaire, pour qui la vie n'avait d'intérêt que dans le frisson. Frisson de l'escalade, frisson de la guerre. Nous avons enfin un Méchant aussi mystérieux que son nom, Shadow, séduisant jusqu'à l'envoûtement, et qui exerce un pouvoir quasi-surnaturel sur ceux qui l'entourent.
Même si j'ai rétrospectivement du mal à faire le lien entre le présent de la narration (la maladie de la belle-fille, les veilles à son chevet, les trajets pour s'y rendre) et son passé (Stéphane, sa disparition, puis la rencontre entre le narrateur et Shadow), j'ai lu ce livre comme sous hypnose. Il fait partie de ces livres dont on sent qu'il sont au-dessus des autres, mais sans pouvoir dire pourquoi, et sans y entrer complètement. Je me souviens avoir ressenti la même chose avec certains romans de Paul Auster: j'aurais presque envie de lire des cours de fac dessus, pour avoir confirmation que j'ai bien loupé des choses à la lecture.
Il ne s'agit pas d'une lecture délicieuse, mais par contre j'en garde beaucoup de traces plusieurs semaines après sa lecture, alors que certains romans que j'ai adoré sur le moment ne me laissent aucun souvenir (récemment il m'a fallu 50 pages pour me rendre compte que j'avais déjà lu un roman. Après recherches, il s'est avéré que je l'avais lu seulement un an auparavant, et que je l'avais très bien noté alors...).
Ma note: ***
Elles ont participé à la lecture commune: Itzamna (Antigone), Val aime les livres (Diotime et les lions), Zarline (Déluge), Sylire (Oedipe sur la route)
The Red Queen
J'ai lu The Red Queen de Philippa Gregory chez Simon and Schuster (non traduit en français?).
Première phrase: "The light of the open sky is brilliant after the darkness of the inner rooms."
Je crois me souvenir que j'ai acheté ce livre rapidement, sur un coup de tête, à l'aéroport d'Heathrow entre deux avions. Ce qui m'a poussée à le choisir, je ne m'en souviens plus très bien: la couverture, le résumé qui nous lance de suite dans la guerre des Deux-Roses, une longue lutte entre les cousins royaux des maisons York et Lancaster. Ou alors c'est le fait que le roman se centre sur une femme au caractère bien trempé..
Toujours est-il que j'ai lu ce roman sans trop m'attendre à quoi que ce soit, et je l'ai dévoré! On suit donc la vie de Lady Margaret Beaufort, de la maison des Lancaster. Persuadée qu'elle est appelée à devenir une sainte femme depuis l'enfance, elle passe ses journées à prier et à rêvasser aux exploits de son héroïne Jeanne d'Arc. Mais son désir de rentrer dans les ordres est vite balayé par sa mère, qui ne voit en elle qu'un pont entre les générations et donc la future mère d'un héritier Lancaster. Elle est donc mariée très jeune à un Tudor, et la voilà vite mère d'un petit garçon, qui pourra prétendre plus ou moins légitimement au trône du royaume.
Veuve avant même la naissance de son fils, elle est contrainte de laisser l'éducation de ce dernier à son beauf-frère Tudor, tandis qu'elle se marie pour la seconde fois, cette fois-ci avec un homme plus doux, mais qu'elle juge lâche en ce qui concerne l'avenir de son fils. Car Margaret en est persuadée: son fils doit régner, et elle signera enfin Margaret R., Margaret Regina. Pour accomplir sa mission quasi-divine, Margaret est prête à tous les complots, tous les coups tordus, et elle trouve en son troisième mari Thomas Stanley un maître en matière de double-jeu.
La guerre des Deux-Roses est un sujet récurrent dans les romans historiques anglais, et ma foi il s'agit d'un fichu sac de noeuds. Des décennies de guerre, deux dynasties irréconciliables qui se succèdent sur le trône, des figures historiques qui ont mangé à tous les rateliers, de quoi donner des sueurs froides aux étudiants en histoire anglaise. Je me demande d'ailleurs à quel point on demande aux petits britanniques de connaître cette période brouillonne du XVe siècle.
Je m'attendais donc à une belle prise de tête, avec confusion de personnages et de couleur de roses, mais l'angle de l'auteur qui est de se centrer sur un seul personnage, Margaret Beaufort, facilite énormément la lecture. Plus besoin de se se demander en permanence qui est qui, qui appartient à quelle maison: il n'y a plus que ses alliés, et ses ennemis. Margaret n'est pas toujours un personnage sympathique: elle est tellement centrée sur sa "mission" que plus rien ne compte d'autre, elle ne recule devant rien pour parvenir à son but et prend donc les décisions qui s'imposent, aussi cruelles ou méprisables soient-elles. Mais cela ne gêne en rien la progression du roman, et une fois que l'on est plongé dans l'intrigue, difficile de lâcher le roman.
A noter également quelques touches d'humour, on sent par moment que l'auteur a du recul par rapport à son personnage et n'est pas dupe des sentiments qu'elle lui prête.
Bref, j'ai beaucoup aimé ce roman, et j'ai bien l'intention de lire d'autres romans historiques de Philippa Gregory, parmi lesquels le roman qui fait écho à celui-ci, The White Queen, consacré à Elisabeth Woodville (la grande ennemie de Margaret).
Mon verdict: ****
American Dream
J'ai commencé l'année en dévorant American Dream - Dictionnaire rock, historique et politique de l'Amérique de Guillemette Faure chez Don Quichotte.
Première phrase: "ABC. Les Asiatiques représentent 6% de la population américaine."
Comme je l'ai déjà évoqué, cet été nous partons en vacances aux Etats-Unis, et dire que je suis remontée à bloc serait un understatement. Lorsque j'ai entendu une interview de Guillemette Faure parlant de son livre sur France Inter, j'ai menacé l'amoureux: "Si tu ne me l'offres pas pour Noël, je me l'achète." Donc oh surprise, je l'ai eu pour Noël.
Je pensais savoir déjà beaucoup de choses sur les Etats-Unis: j'ai fait des études de civilisation anglaise et américaine, je suis une grande consommatrice de livres, séries, films américains en vo. Alors que je me sens familière de cette culture, ce dictionnaire m'a pourtant appris énormément de choses. Aucun article ne m'a semblé superflu: pour certains, j'ai approfondi ma connaissance d'un sujet, pour d'autres, j'ai découvert des choses que j'ignorais complètement.
De l'article ABC (pour American born Chinese, vous le saviez, vous?) à Zip Code, en passant par BO, FLOTUS, NIMBY et TMI, je me suis rendue compte que ce pays que je pensais connaître m'est en fait vraiment étranger. Et cela ne fait que donner un intérêt supplémentaire à mon voyage. Un excellent bouquin!
Par contre, il faut croire que les éditions Don Quichotte ont fait l'économie de la relecture. Car ce bouquin passionnant sur le fond est truffé de fautes d'orthographes, de ponctuation fautive, voire de contresens. Non seulement cela m'irrite, d'autant plus que le propos mériterait mieux, mais cela rend même certains paragraphes difficiles à lire. C'est vraiment dommage, et c'est pour cette raison que je n'attribue que trois étoiles à ce livre.
Mon verdict: ***
Avenue des Géants
Pour terminer 2012, j'ai lu Avenue des Géants de Marc Dugain chez Gallimard.
Première phrase: " Comme chaque mois, elle lui fait face après s'être installée lourdement sur sa chaise."
Ce nouveau roman de Marc Dugain est un récit à le première personne de la vie de Ed Kemper, un célèbre tueur en série américain ayant accompli ses forfaits en Califormie dans les années 60 et 70, en pleine vague hippie. Dans le roman, il s'appelle Al Kenner, mais c'est tout comme.
Je connaissais l'histoire d'Ed Kemper, ce jeune géant détestant les jeunes gens de la contre-culture, et je savais donc à quoi m'en tenir quant au fin mot du roman. Jusqu'à la fin du roman, l'auteur parvient à éviter l'aspect tueur en série, pour se concentrer sur les rapports très durs entre Al et sa mère. Du coup, le jeune homme apparaît comme fragile, et parfois, presque touchant. Cependant, son étrangeté apparaît à travers le point de vue de certains personnages, évoquant son regard fixe, qui met tellement mal à l'aise que la nouvelle femme de son père refuse de rester seule à la maison en sa compagnie. Même si je connaissais le dénouement, j'ai quand même été saisie par les dernières pages du livre, car je n'ai pas su lire entre les lignes de certaines pages. C'est là le tour de force: je connais l'histoire, et l'auteur parvient à me faire oublier ce que je sais pour me saisir. Bref, encore un livre de Marc Dugain que j'ai beaucoup aimé.
Et pour finir, je ne résiste pas à vous faire partager la première ligne de la postface de l'auteur: "Romancer un personnage, c'est le trahir pour mieux servir ce que l'on pressent de sa réalité."
Mon verdict: ****
Docteur, un cheval vous attend
Alors que nous étions encore l'an dernier, j'ai lu Docteur, un cheval vous attend - Mémoires d'un médecin au Pays Basque d'André Dufilho chez Auberon.
Première phrase: "Le médecin sous-lieutenant Dufilho accompagnera le détachement automobile en moto."
J'ai trouvé ce bouquin à la bibli, au fonds local bien sûr, j'étais hyper emballée. Nous sommes dans les années 30-40, dans la vallée des Aldudes. Le docteur Dufilho choisit de venir s'installer pour porter assistance aux quelques centaines de paysans basques éparpillés sur les collines alentour. Il n'y a qu'une seule route, le climat est dur, les gens ne se plaignent pas sans raison, les maladies comme la tuberculose et la diphtérie sont toujours d'actualité, et le médecin fait des tournées interminables à dos de cheval ou de mulet.
J'ai beaucoup aimé la première partie du livre, qui nous amène vraiment au chevet des malades, en dépit d'une forme que je trouve assez discutable. En effet l'auteur passe du coq à l'âne avant de revenir au coq, je pense qu'il aurait été possible de remanier l'agencement du texte sans toucher au contenu. De plus, il ne nous laisse pas le temps de nous attacher à d'autres personnages-personnes qu'à lui-même. Les malades défilent un peu trop vite. A noter pour finir des réflexions parfois un peu surprenantes sur les Basques: le médecin-auteur se positionne parfois comme étranger civilisateur au milieu d'un peuple qu'il juge, au minimum, reculé.
La deuxième partie donne libre cours aux positions de l'auteur sur la médecine, l'usage des médicaments etc, et cela m'a beaucoup moins séduite.
Voilà donc pour mon petit compte-rendu de lecture. D'autre part, un lecteur régulier et bienveillant (mon père, to be precise) m'a fait la remarque pendant les vacances que mon système de notation avec des demi-points était un peu nébuleux, et j'ai effectivement moi-même du mal à attribuer des notes, tergiversant pendant de longues minutes pour savoir si c'est un 7,5 ou un 8 (par exemple). Sans parler du fait que je suis finalement incapable de donner une très mauvaise note, ma note la plus basse publiée étant un 3/10 pour L'instinct d'Inez (après m'être fait violence), et mes notes en dessous de 6 se comptent je pense sur les doigts d'une main. Je vais donc essayer de faire différemment, et il n'est pas impossible que je tâtonne pendant un moment avant de trouver ce qui me convient. Si je finis par trouver, je changerai peut-être les notes précédentes en fonction du nouveau système.
Pour ce coup-ci, essayons avec un système sur 4 étoiles (1 étoile: je n'ai pas accroché, 2 étoiles: je suis partagée, 3 étoiles: j'ai aimé, 4 étoiles: j'ai adoré).
Allons-y pour le beta-test: Mon verdict: **
Un coup d'oeil par dessus l'épaule
Comme tous les ans, voici mon bilan!
En 2012, je n'ai lu que 44 livres, soit 25 de moins que l'an dernier. Je n'ai jamais aussi peu lu depuis que je tiens le compte de mes lectures, soit 2006. Cela représente 3 livres et demi par mois, et moins d'un livre par semaine. Le mois le plus productif a été le mois d'août, avec 6 livres, un mois d'été comme tous les ans depuis ces dernières années. Le mois de juin a été le mois le plus vide, puisque je n'ai lu aucun livre! En fait, j'étais en train de râmer sur mon Victoria, qui m'a occupée pendant 2 mois!
Ces 44 livres représentent 14 890 pages, soit un déficit de 6 137 pages par rapport à l'an dernier, presque un tiers. Par contre, le nombre moyen de pages par bouquin augmente un peu puisque cela représente 338 pages cette année contre 304 l'an dernier.
Comment expliquer cet effondrement de mes lectures? Tout d'abord, j'ai quand même bien calé sur Victoria, deux mois sur un bouquin cela faisait belle lurette que cela ne m'était pas arrivé, d'autant plus qu'il ne fait "que" 500 pages. D'autre part, cette année je me suis lancée dans d'autres occupations: la broderie pour l'arrivée de Louise, et puisque nous attendons pas moins de 3 naissances dans notre entourage proche ou très proche, ce n'est pas près de s'arrêter; et les cours de basque, qui m'occupent une soirée par semaine, plus une bonne heure de travail personnel. Mes activités se sont donc bien diversifiées, et je trouve que c'est une bonne nouvelle; donc ce changement dans mon volume de lecture ne génère aucun sentiment négatif.
Sur ces 44 livres, seulement 3 livres de non-fiction, infiniment moins que l'an dernier (16 livres).
Les auteurs lus cette année appartiennent à 12 nationalités différentes, soit une de plus que l'an dernier (enfin un domaine en progression!). Le podium 2012 est constitué par la France en première position (encore une fois) avec 18 titres, suivie par les Etats-Unis (11 titres) et l'Angleterre (4 titres). Par contre, 12 titres cette année lus en anglais, soit plus d'un quart, ce domaine est en très forte augmentation, que ce soit en nombre absolu ou en proportion.
Ces 44 livres ont été écrits par 39 auteurs différents: j'ai lu deux romans de Tonino Benacquista, deux de Janet Evanovich, trois de Karin Slaughter et deux de Trevanian. Sur ces 39 auteurs, 25 sont des découvertes, soit 64%, un pourcentage comparable à l'an dernier.
J'ai puisé mes lectures dans les catalogues de 29 maisons d'édition différentes, sans compter deux titres lus sur liseuse. La maison d'édition la mieux représentée est Gallimard, mettant fin à plusieurs années de domination des formats poche.
20 de ces livres m'appartenaient, ce qui est en recul par rapport aux années précédentes, puisque ce nombre représente moins de la moitié de mes lectures. Trois autres m'ont été prêtés, et les autres proviennent de la bibli de mon village. L'achat de tous ces livres m'aurait coûté 426€, 285€ de moins que l'an dernier. Cela reviendrait à 9,68 € par livre (10,8€ l'an dernier), et un peu plus de 35€ par mois.
Cette année encore j'ai terminé toutes mes lectures.
Le top 5 de 2012:
HHhH, Laurent Binet
Incident à Twenty Mile, Trevanian
Mon amour ma vie, Claudie Gallay (pas chroniqué)
Indelible, Karin Slaughter (pas chroniqué)
L'homme à la carabine, Patrick Pécherot
Voilà, il me reste encore à vous souhaiter à tous une excellente année 2013. Ici elle s'annonce merveilleuse, puisque nous attendons l'arrivée de notre premier neveu, et que cet été nous partons pour un voyage qui me tient extrèmement à coeur!
