red queenJ'ai lu The Red Queen de Philippa Gregory chez Simon and Schuster (non traduit en français?).

Première phrase: "The light of the open sky is brilliant after the darkness of the inner rooms."

Je crois me souvenir que j'ai acheté ce livre rapidement, sur un coup de tête, à l'aéroport d'Heathrow entre deux avions. Ce qui m'a poussée à le choisir, je ne m'en souviens plus très bien: la couverture, le résumé qui nous lance de suite dans la guerre des Deux-Roses, une longue lutte entre les cousins royaux des maisons York et Lancaster. Ou alors c'est le fait que le roman se centre sur une femme au caractère bien trempé..

Toujours est-il que j'ai lu ce roman sans trop m'attendre à quoi que ce soit, et je l'ai dévoré! On suit donc la vie de Lady Margaret Beaufort, de la maison des Lancaster. Persuadée qu'elle est appelée à devenir une sainte femme depuis l'enfance, elle passe ses journées à prier et à rêvasser aux exploits de son héroïne Jeanne d'Arc. Mais son désir de rentrer dans les ordres est vite balayé par sa mère, qui ne voit en elle qu'un pont entre les générations et donc la future mère d'un héritier Lancaster. Elle est donc mariée très jeune à un Tudor, et la voilà vite mère d'un petit garçon, qui pourra prétendre plus ou moins légitimement au trône du royaume.

Veuve avant même la naissance de son fils, elle est contrainte de laisser l'éducation de ce dernier à son beauf-frère Tudor, tandis qu'elle se marie pour la seconde fois, cette fois-ci avec un homme plus doux, mais qu'elle juge lâche en ce qui concerne l'avenir de son fils. Car Margaret en est persuadée: son fils doit régner, et elle signera enfin Margaret R., Margaret Regina. Pour accomplir sa mission quasi-divine, Margaret est prête à tous les complots, tous les coups tordus, et elle trouve en son troisième mari Thomas Stanley un maître en matière de double-jeu.

La guerre des Deux-Roses est un sujet récurrent dans les romans historiques anglais, et ma foi il s'agit d'un fichu sac de noeuds. Des décennies de guerre, deux dynasties irréconciliables qui se succèdent sur le trône, des figures historiques qui ont mangé à tous les rateliers, de quoi donner des sueurs froides aux étudiants en histoire anglaise. Je me demande d'ailleurs à quel point on demande aux petits britanniques de connaître cette période brouillonne du XVe siècle.

Je m'attendais donc à une belle prise de tête, avec confusion de personnages et de couleur de roses, mais l'angle de l'auteur qui est de se centrer sur un seul personnage, Margaret Beaufort, facilite énormément la lecture. Plus besoin de se se demander en permanence qui est qui, qui appartient à quelle maison: il n'y a plus que ses alliés, et ses ennemis. Margaret n'est pas toujours un personnage sympathique: elle est tellement centrée sur sa "mission" que plus rien ne compte d'autre, elle ne recule devant rien pour parvenir à son but et prend donc les décisions qui s'imposent, aussi cruelles ou méprisables soient-elles. Mais cela ne gêne en rien la progression du roman, et une fois que l'on est plongé dans l'intrigue, difficile de lâcher le roman.

A noter également quelques touches d'humour, on sent par moment que l'auteur a du recul par rapport à son personnage et n'est pas dupe des sentiments qu'elle lui prête.

Bref, j'ai beaucoup aimé ce roman, et j'ai bien l'intention de lire d'autres romans historiques de Philippa Gregory, parmi lesquels le roman qui fait écho à celui-ci, The White Queen, consacré à Elisabeth Woodville (la grande ennemie de Margaret).

Mon verdict: ****