Pour cette édition du Blogoclub, nous avions décidé de faire une lecture thématique autour des prix Nobel de littérature. Cela m'a permis de lire ou relire de grands classiques, et de faire des découvertes réjouissantes. J'ai encore fait ma bonne élève, et j'ai donc lu (ou essayé de lire) plusieurs titres pour cette édition.

 

cent_ans_solitudeJ'ai attaqué mes devoirs de vacances avec Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez (PNL en 1982) traduit par Claude et Carmen Durand en Points.

 

Première phrase: "Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace."

 

Ce roman est la longue histoire d'une famille, composée d'hommes et de femmes hors normes, et du village qui l'abrite. De la fondation de Macondo par l'ancêtre José Arcadio Buendia accompagné de son infatigable épouse Ursula, jusqu'à la ruine et la disparition de la famille et du village. Il y est question de quête de la connaissance, de révolte, d'amours interdites.

 

Une des (nombreuses) particularités de cette famille est que les mêmes prénoms se retrouvent de génération en génération, que les neveux ont parfois le même âge que les tantes, que les grands-mères élèves leur petits-enfants comme si c'étaient leurs enfants. Bref, l'arbre généalogique est nébuleux. J'ai d'ailleurs essayé au début de la lecture de me marquer sur un bout de papier qui était qui, mais j'ai vite renoncé, prise que j'étais par le récit. Et franchement, on se fiche finalement de savoir qui est qui. Ce n'est pas ça qui compte. C'est autre chose: la force du récit, presque hypnotique, la dimension quasi-fantastique, la langue de l'auteur.

 

Je l'avoue sans détour: ce livre a été une vraie révélation pour moi. Je l'ai adoré. Le genre de livre que je vais offrir à mes proches, que je vais relire à intervalles réguliers, que je vais devoir m'acheter, puisque cet exemplaire provenait de la bibliothèque. J'avais déjà beaucoup aimé Chronique d'une mort annoncée, mais là je crois que je viens de tomber en amour avec un auteur formidable.

 

Ma note: 9,5/10
(et cela faisait longtemps que je ne l'avais pas attribuée, celle-là)

 

J'ai ensuite lu (ou relu) _trangerL'étranger d'Albert Camus (PNL en 1957) en Folio.

 

Première phrase: "Aujourd'hui, maman est morte."

 

Je dis lu ou relu, car il me semblait l'avoir déjà lu mais il y a longtemps, une bonne dizaine d'années à mon avis. Si le début (la chaleur, l'enterrement) m'a semblé familier, la suite du récit a été une totale découverte. Donc à mon avis si je l'ai déjà lu, ce n'était pas jusqu'à la fin.

 

Voilà une lecture dont je vais avoir du mal à parler intelligemment. J'ai aimé, je l'ai lu d'une traite. Par contre, je n'ai pas la moindre idée de ce que j'ai aimais dans ce roman. L'histoire et le narrateur sont assez peu sympathiques (euphémisme). Je suppose donc que c'est le style de Camus qui m'a accroché. Style que je suis bien en peine de qualifier. Donc voilà tout ce que j'ai à en dire: j'ai aimé, mais je ne sais pas pourquoi.

 

Ma note: 8/10

Livre également lu par Bookine.

th_r_seJ'ai ensuite lu Thérèse Desqueyroux de François Mauriac (PNL en 1952) en Livre de Poche.

 

Première phrase: "L'avocat ouvrit une porte."

 

Ce qui m'a donné envie de lire ce roman, c'est une émission radio consacrée aux crimes et criminels animée par Jacques Pradel, Café Crimes. Il a consacré une émission à la "vraie" Thérèse Desqueyroux, et du coup je me suis fait la réflexion qu'il était dommage que je n'ai jamais lu ce grand écrivain français, originaire de ma région qui plus est.

 

Donc la surprise concernant l'intrigue a été plutôt faible, puisque je savais déjà tout avant de le commencer. Ne restait donc plus que le plaisir de le lire! Plaisir assez relatif: j'ai aimé, je n'ai pas adoré. D'ailleurs à l'heure où j'écris, quelques jours (semaines?) après ma lecture, je ne me souviens déjà plus de la fin: cela semble un indice de mon plaisir mesuré...

 

Ma note: 7/10

 

belovedEnfin j'ai terminé mon incursion chez les Prix Nobel de littérature avec Beloved de Toni Morrison (PNL en 1993) chez Vintage (même titre en français).

 

Première phrase: "124 was spiteful."

 

Au milieu du XIXe siècle, Sethe a fui l'esclavage. Elle a quitté la plantation où elle vivait après avoir expédié ses trois enfants chez sa belle-mère en Ohio, où l'esclavage a été aboli. Enceinte jusqu'aux yeux, elle les rejoints en dépit des multiples difficultés qui surgissent en travers de sa route. Arrivée dans sa nouvelle demeure, au 124, elle tente de reconstruire sa vie avec ses quatre enfants, malgré l'absence inexpliquée de son mari. Mais bien vite trois terribles cavaliers viennent frapper à la porte, pour les ramener elle et ses enfants à l'homme à qui ils appartiennent. Mais Sethe a décidé qu'il était hors de question que ses enfants mènent la vie qu'elle a menée jusque là...

 

Dix-huit ans plus tard. La maison autrefois si accueillante est maintenant lugubre. Il n'y a plus que Sethe et sa fille Denver. Où sont les autres enfants? Comment faut-il interpréter les apparitions ou hallucinations dont sont témoins les deux femmes? Et qui est la jeune Beloved, apparue un beau jour sous le porche de la maison?

 

Quelle fulgurance que ce livre! Je l'ai commencé, je ne l'ai plus quitté, jusqu'à la fin. Une histoire très forte, qui pose des questions universelles concernant les sacrifices que l'on est prêts à accomplir pour vivre comme on le décide, concernant l'amour maternel... Bien sûr on se doute assez rapidement du fin mot de l'histoire. Mais ce n'est pas grave. Car ce qui compte, c'est l'atmosphère très particulière qui émane de ces pages, c'est la plume de Toni Morrison.

Ma note: 9/10

En bilan, il faut bien reconnaître que deux de mes quatre lectures sont extrêmement positives, ce qui tendrait à prouver que je peux quand même me fier au label "Prix Nobel de Littérature"...

Clara Malice et La nymphette ont lu Doris Lessing.

Claudialucia a lu Frédéric Mistral.

Gwenaelle a lu JM Coetzee.

Véro a lu Yasunari Kawabata.

Denis a lu Herta Muller.

Grominou a lu Ernest Hemingway.

Le blogoclub passe à un rythme trimestriel: l'édition du 1er décembre sera consacrée à l'enfance. Vous avez jusqu'au 20 septembre pour nous faire parvenir vos propositions sur ce thème.