l_instinct_d_inezPour cette nouvelle édition du Blogoclub consacrée au Mexique, j'ai donc lu L'instinct d'Inez de Carlos Fuentes traduit par Céline Zins en Folio.

 

Première phrase: "-Nous n'aurions rien à dire sur notre mort."

 

Quelle lecture laborieuse! J'ai commencé ce roman un soir à 2h du matin, après une soirée joyeuse en compagnie de bons amis. Je n'ai rien compris à la dizaine de pages que j'ai lu: j'ai mis cette incompréhension sur le compte des quelques verres d'alcool que j'avais bus. Mais lorsque le lendemain soir j'ai repris le roman, il a fallu que je me rende à l'évidence: cela ne venait pas de l'alcool. Même à jeun, je ne comprenais rien à ce roman. Rien sur le fond, ce que je trouve toujours extrêmement désagréable, mais en plus j'avais beaucoup de mal avec le style, que je trouvais très lourd.

C'est à ce moment-là que je me suis dit que ce roman serait certainement la première lecture commune que je ne terminerais pas. Je décidai néanmoins de pousser jusqu'à la page 50, syndrome de la bonne élève oblige. Puis page 50, il se passait enfin quelque chose, les deux personnages principaux étaient en week-end à la mer. J'ai donc poussé par curiosité, pour voir comment cela allait tourner. Puis le chapitre suivant me replongea dans un abîme de perplexité, et mon sentiment d'incompréhension totale revint au galop. Mais finalement, le chapitre consacré à la femme originelle (appelons-là comme ça, je ne sais pas comment l'appeler autrement) m'a plus plu que les chapitres consacrés au chef d'orchestre à la cantatrice, mon esprit tordu ayant fait une association d'idée avec la série de Jean Auel, dont j'avais beaucoup aimé les premiers tomes. Donc j'ai encore poursuivi ma lecture.

 

C'est comme ça que je suis arrivée à la page 100. Et une fois à la page 100, autant aller au bout. C'est comme ça que j'ai finalement terminé ce roman: à l'insu de mon plein gré, parce que moi je voulais arrêter de le lire.

J'ai compris l'aspect littéral du roman, mais je n'ai rien compris du tout au message de l'auteur, à ce qu'il voulait dire. Parce qu'un roman aussi bizarre se doit forcément de dire autre chose que ce qui est écrit. Or je n'ai pas su entendre. J'en garde donc l'impression d'un truc très étrange et objet de perplexité. Dans l'ensemble, je n'ai pas aimé. Même si certaines choses m'ont plu, cette lecture ne fut pas agréable. Il me tarde donc beaucoup de lire les autres critiques du club, dans l'espoir que quelqu'un éclaire ma lanterne. En attendant et en ce que me concerne, je ne suis pas prête de lire un autre roman de Carlos Fuentes.

Ma note: 3/10

PS: Il est entre autre question dans ce roman de voix et de cris. Or, juste après avoir refermé le roman, j'ai attaqué ma lecture suivante, Le combat d'hiver de Jean-Claude Mourlevat. Et voici la première chose que j'y ai lue, la citation qui illustre la première partie: "Il y a dans la voix humaine quelque chose qui, émanant de l'âme, touche la nôtre au plus profond." Surprenant comme deux romans extrêmement différents peuvent parfois se répondre.

Les autres avis du club:Annie, Arlette, Cécile, Cléanthe, Denis, Drine, Emilie, Catherine, Georgesand, Jules, Julien (qui propose un article très complet et érudit), Kathel, Kattylou, Keisha, Lou, Lune de Pluie, Malice, Manu, Martine, Nina, Ori, Papillon, Praline, Saraswati, Soie, Stéphie, Sylire, Thais, Thracinee, Yvon.
 

Cathe a lu La frontière de verre, Grominou a lu En inquiétante compagnie, Katell Bouali est en train de lire Terra Nostra, Lou a lu Brillant, Sandrounette a lu Portraits dans le temps et Florinette annonce par post-it qu'elle a abandonné le livre "pour cause d'ennui mortel".

Le 1er juillet, sur le thème de la famille, nous publierons nos billets sur Nous étions les Mulvaney de Joyce Carol Oates.