disparition de richard taylor

J'ai lu La disparition de Richard Taylor d'Arnaud Cathrine chez Verticales-Gallimard.

Première phrase: "On ne peut jamais savoir."

Que voilà un roman singulier, et une lecture singulière! Plusieurs femmes parlent d'un homme, Richard Taylor. Certaines lui sont proches, et racontent sa disparition. Il était là, la vie suivait son cours, et un beau jour, il n'est pas venu. Ou pas rentré. Il a disparu. Où, pourquoi, faut-il attendre son retour? D'autres le connaissent à peine, l'ont seulement croisé lors de son errance inexpliquée. Cette mosaïque de discours lève peu à peu le voile sur la vie de Richard, et le contexte de sa disparition.

Un roman à points de vue multiples, j'adore, je me demande d'ailleurs si je ne vais pas finir par créer un tag spécifique. Pourtant j'ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman, car la première voix, celle de l'épouse de Richard, ne m'a pas convaincue du tout. Je l'ai trouvée attendue, assez creuse finalement, bof quoi. La deuxième, une collègue amoureuse de Richard, m'a sérieusement gonflée aussi. Mais finalement plus j'ai lu, plus j'ai aimé ce roman.

Et avec le recul, ce n'est peut-être pas un hasard si cette première voix m'a semblée si fade, si lisse; et si la deuxième m'a donné envie de coller des claques à Rebecca. Plus j'y pense, et plus je me dis que l'écrivain a sans doute réussi un sacré tour de force: par l'intermédiaire de ces voix, on comprend les sentiments que leur propriétaire a produit sur Richard.

J'ai également apprécié le fait qu'il faille lire entre les lignes, reconstruire peu à peu les raisons qui ont poussé Richard à disparaître de sa vie. Même si je n'ai pas identifié avec exactitude ses motifs, j'aime cette incertitude de raisons et de sentiments qui finalement me semble assez crédible.

Bref, une chouette lecture, et qui me semble encore plus chouette en y réfléchissant à nouveau plusieurs jours après avoir refermé le livre.

Ma note: ***