avenue géantsPour terminer 2012, j'ai lu Avenue des Géants de Marc Dugain chez Gallimard.

Première phrase: " Comme chaque mois, elle lui fait face après s'être installée lourdement sur sa chaise."

Ce nouveau roman de Marc Dugain est un récit à le première personne de la vie de Ed Kemper, un célèbre tueur en série américain ayant accompli ses forfaits en Califormie dans les années 60 et 70, en pleine vague hippie. Dans le roman, il s'appelle Al Kenner, mais c'est tout comme.

Je connaissais l'histoire d'Ed Kemper, ce jeune géant détestant les jeunes gens de la contre-culture, et je savais donc à quoi m'en tenir quant au fin mot du roman. Jusqu'à la fin du roman, l'auteur parvient à éviter l'aspect tueur en série, pour se concentrer sur les rapports très durs entre Al et sa mère. Du coup, le jeune homme apparaît comme fragile, et parfois, presque touchant. Cependant, son étrangeté apparaît à travers le point de vue de certains personnages, évoquant son regard fixe, qui met tellement mal à l'aise que la nouvelle femme de son père refuse de rester seule à la maison en sa compagnie. Même si je connaissais le dénouement, j'ai quand même été saisie par les dernières pages du livre, car je n'ai pas su lire entre les lignes de certaines pages. C'est là le tour de force: je connais l'histoire, et l'auteur parvient à me faire oublier ce que je sais pour me saisir. Bref, encore un livre de Marc Dugain que j'ai beaucoup aimé.

Et pour finir, je ne résiste pas à vous faire partager la première ligne de la postface de l'auteur: "Romancer un personnage, c'est le trahir pour mieux servir ce que l'on pressent de sa réalité."

Mon verdict: ****