koldoJ'ai lu Koldo de Bernard Dufourg chez Les contrebandiers.

 

Première phrase: "Koldo sirotait son arabica, fixant d'un œil interrogateur l'enveloppe kraft que la concierge venait de glisser sous sa porte."

 

Lors de l'explosion d'une maison, une grande famille basque se retrouve décimée. Koldo Etchebarne, détective privé, se voit confier l'enquête par la société d'assurances. Rapidement son instinct le conduit à s'intéresser au gendre de la famille, seul rescapé de la tragédie. Le problème, c'est que le mobile n'est pas clair: l'argent n'y est pour rien, puisque c'était lui le plus riche de la famille. Pourtant, Koldo ne croit ni à l'accident, ni à ETA...Son enquête nous conduit d'Israël à Euskadi en passant par le quartier des diamantaires d'Anvers.

 

Un privé Basque qui enquête en partie au Pays, évidemment cela semblait séduisant. A condition bien sûr de ne pas tomber dans les clichés: loupé! Tout y est: les noms de famille en Etche-truc, l'axoa en plat du jour au resto, le jambon et la piperade à tous les repas, le makila pour marcher et je t'en passe et des meilleurs. Il y a même un petit "Egun on" qui traîne... Je dois dire que cet aspect des choses m'a assez agacée: on peut quand même faire un polar qui se passe au Pays Basque sans en faire des tonnes dans la couleur locale!

 

D'autant que l'intrigue, originale au demeurant, n'a pas entièrement sauvé les meubles. Un peu trop tirée par les cheveux à mon goût... Bref cette lecture n'est pas une réussite en ce qui me concerne.

Ma note: 5,5/10

Edit du 19/09/10: Suite à ce billet peu flatteur, l'auteur Bernard Dufourg m'a laissé un commentaire où il répond à mes critiques. Je l'ai contacté par mail, comme il m'y invitait, pour lui dire que j'étais navrée si je lui avais fait de la peine, mais que mon billet reflétait mon opinion, qui ne vaut que ce qu'elle vaut. Nous avons convenu ensemble de faire paraître son commentaire ici, dans le corps du billet, afin que chacun puisse se faire sa propre opinion. Même si nous ne sommes pas d'accord, nous avons pu échanger nos points de vue et j'estime qu'il est naturel de laisser un droit de réponse à l'auteur. Voici donc sa réaction:

Bonjour, je vous fait une réponse directe mais qui ne se veut pas agressive.Ne le prenez pas mal, sur le net c'est difficile d'être dans la nuance... On pourrait très bien en parler autours d'un verre, pourquoi pas?
Je ne comprends pas très bien votre critique. le héros s'appelle Etchebarne (nom de ma grand mère ) et il n'y a qu'un autre Etche-truc comme vous dites (Etchevers l'ami d'enfance de Koldo, dont le nom n'apparait qu'une fois dans le roman, page 13).Et sur 40 noms de personnages il n'y a que Argia ( la famille victime ) et Durruty ( un voisin de la maison de Koldo ) qui ont des consonances basques.J'ai justement fait attention à ne pas en utiliser trop. D'autre part, personne ne mange de pipérade dans ce livre! Il y a du jambon et du fromage mais c'est courant au Pays basque, non? C'est un peu comme la guinness dans les pubs irlandais... C'est vrai que j'aurais pu remplacer l'Axoa par un steak frite, mais je pensais que mon héros revenant dans son pays avait envie d'un plat local avec en plus un nom amusant pour les lecteurs qui ne connaissent pas la région... Et si une seule phrase de deux mots en basque vous choque alors là???
J'accepte tout à fait la critique sur mon livre, le style, l'histoire etc... Mais ce que je n'apprécie pas ce sont les fausses informations que vous relayez sur votre site. A moins que vous n'aimiez pas le côté régionaliste... C'est un peu comme si vous critiquiez un cinéaste qui met des taxis jaunes dans les rues de New York. Ça fait peut être cliché, mais c'est ainsi !!!
C'était juste une réponse rapide, si vous voulez en parler vous pouvez me laisser un mail. C'est toujours intéressant de discuter avec un lecteur, même s'il n'a pas aimé le livre.
Bernard Dufourg