paulinePour cette nouvelle édition du blogoclub ayant pour thème le XIXe siècle, j'ai lu Pauline de Alexandre Dumas en Flammarion, collection "Etonnants classiques".

Première phrase: "Vers la fin de l'année 1834, nous étions réunis un samedi soir dans un petit salon attenant à la salle d'armes du Grisier, écoutant, le fleuret à la main et le cigare à la bouche, les savantes théories de notre professeur, interrompues de temps en temps par des anecdotes à l'appui, lorsque la porte s'ouvrit et qu'Alfred de Nerval entra."

Pauline, écrit par Dumas en 1838, est un très court roman (170 pages dans mon édition) qui s'inscrit dans la veine du roman gothique. Il nous raconte l'histoire de Pauline, jeune femme dont s'éprend l'ami du narrateur après l'avoir sauvée des griffes de son mystérieux et terrifiant époux.

Bon, par où commencer? Ce roman m'ayant laissé une impression plutôt mitigée, je ne sais pas vraiment par quel bout l'attraper. Tout d'abord, je me suis franchement marrée en pensant au choc des cultures présenté par les lectures du club: je n'ose imaginer ce qui se serait passé si François (Villon) et Pauline s'étaient rencontrés. François qui viole, qui tue, et Pauline, qui s'évanouit lorsque sa main frôle par mégarde celle de son futur époux... assurément, la rencontre aurait pu être explosive!

C'est d'ailleurs là un problème de Pauline: elle est beaucoup trop ... gnan-gnan, geignarde à mon goût. Ne me dites pas que c'est un problème d'époque: dans le même style vierge effarouchée, les personnages de Jane (Austen) ne m'ont jamais donné envie de leur coller des baffes, contrairement à Pauline. Qui s'évanouit pour un oui pour un non, mais surtout qui par moments a quand même un certain toupet.

Un exemple: l'ami du narrateur l'a sauvée et l'a conduite en Angleterre où il la couve. Il est fou d'elle, mais comme c'est un garçon très bien et que ces choses-là ne se font pas, elle lui a fait promettre de rester comme un frère pour elle. On peut donc saluer l'abnégation et la grandeur d'âme du garçon. Celui-ci reçoit une lettre de sa mère, et il décide de rentrer sur le champ en France pour sauver la vie de sa vraie sœur (en gros). Et que lui dit miss Pauline? "Allez donc (...), allez, puisqu'il le faut; mais n'oubliez pas que vous avez en Angleterre aussi une sœur qui n'a pas de mère, dont le seul bonheur dépend désormais de vous, et qui voudrait pouvoir quelque chose pour le vôtre!" Non mais je rêve, où elle est en train de lui reprocher de penser un tout petit peu à autre chose qu'à elle??

D'autre part, la construction de ce roman est un peu tordue: le narrateur semble être Alexandre Dumas en personne, mais suite à un jeu de narrations imbriquées, on a pendant quelques chapitres Alexandre qui nous raconte l'histoire d'Alfred de Nerval qui lui raconte l'histoire que Pauline lui a racontée. Quant comme moi, débordée, vous ne lisez que quelques chapitres le soir avant de dormir, j'aime autant vous dire que vous avez parfois du mal à retrouver qui est le "je" qui parle... Heureusement, l'édition que j'ai lu été annotée, et signalait chaque changement de narrateur.

D'ailleurs, l'édition annotée, parlons-en. C'est normalement quelque chose que j'apprécie lorsque je lis des classiques (un jour il faudra que je fasse un topo sur les notes tant j'ai dit à ce propos tout et son contraire sur ce blog). Mais là je dois dire que je ne sais pas vraiment à qui elle s'adresse: des collégiens sans doute, car les notes sont vraiment au ras des pâquerettes: vocabulaire courant, ou alors très mal expliqué (attenante = contiguë: je ne suis pas sûre que ça aide vraiment ceux qui ne savent pas ce que veut dire attenante...), de très nombreuses notes à caractère géographiques absolument inutiles... Bref, finalement bien peu de notes m'ont paru se justifier. A part les notes, on trouve en avant-propos une chronologie concernant l'auteur dans son temps (je trouve toujours ça intéressant), une petite notice sur le roman. Et à la fin du roman, un espèce de dossier pour le coup clairement adressé à des scolaires, avec la mise en perspective d'autres extraits de romans de différents auteurs, des pistes pour écrire... Donc en fait un peu bof, l'édition. Dommage: je me réjouissais de faire une lecture savante de l'œuvre.

A part ça, ça fait quand même bien plaisir de lire un classique de temps en temps, avec la belle langue, les imparfaits du subjonctif et tout ça. J'ai quand même trouvé un plaisir esthétique à la lecture du roman, même si j'ai trouvé que la langue n'était pas complètement fluide dans les premières pages.

Comme je l'ai dit plus haut, Pauline est un roman gothique: il m'a donc beaucoup fait penser à Northanger Abbey, de Lady Jane, que j'ai préféré à ce roman, que ce soit pour l'histoire ou pour le personnage féminin.

Ma note: 7/10

Les autres avis du club:Belledenuit, Antigone, Sylire, Arlette, Karine, Gambadou, Cathe, Kattylou, NinaSassenach, Jumy, Patacaisse, Kathel, Martine, Florinette, Ori, Jules, Sandrounette, Taylor, Lou, Malice, Beatrix, Catherine, Chimère, Papillon, Suzel, Valériane, Cimmeria  (qui en plus a fait quelques petites recherches pour voir si l'histoire était vraie)
 

Elles ont lu un autre titre de l'auteur: Kali a lu Les trois mousquetaires, Grominou a lu Le chevalier de Maison-Rouge,

Clochette n'a tellement pas aimé qu'elle a lu un Zola à la place ;-)

A signaler que Patacaisse nous propose, en plus de son commentaire, une surprise beaucoup plus exceptionnelle: serait-ce le premier bébé du blogoclub?
Bienvenu à Romain, et félicitations à ses parents!
 

Pour le 1er juillet, sur le thème du voyage et du dépaysement, nous avons choisi: Un été prodigue, de Barbara Kingsolver.

Le thème suivant, pour le 1er septembre, sera le Japon. Envoyez-nous vos propositions à lecturecommune@yahoo.fr !