01 juillet 2009
We were the Mulvaneys
Pour cette nouvelle édition du blogoclub consacrée à la famille, j'ai donc lu We were the Mulvaneys de Joyce Carol Oates chez Fourth Estate (titre en français: Nous étions les Mulvaney).
Première phrase: "We were the Mulvaneys, remember us?"
Judd Mulvaney est le petit dernier d'une famille heureuse de quatre enfants: il vit avec son père Michael et sa mère Corinne, ses frères Mike Jr et Patrick, sa soeur Marianne. Ils vivent dans une maison incroyable, perchée au sommet d'une colline, et entourée d'une myriade d'animaux domestiques. Michael est un entrepreneur, un vrai self-made-man à l'américaine, respecté et apprécié de toute la petite communauté de Mt Ephraim. Corinne est plus originale, mais sa bonne humeur inoxydable en fait une mère adorable. Mike "Mule" Mulvaney est le sportif adoré de son lycée, Patrick a tout d'un petit génie, et la jolie Marianne est pom-pom girl et très populaire dans son lycée. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes chez les Mulvaney, à tel point que ça commençait à me lasser un peu, La mélodie du bonheur...
Mais évidemment, l'Homme n'est pas voué à passer sa vie dans l'Eden, et là-encore la Faute originelle est due à une femme: un soir de bal de Saint Valentin, alors qu'elle assiste à diverses soirées données par des camarades de lycée, quelque chose arrive à Marianne. Quelque chose d'horrible, et pourtant plutôt banal dans un roman américain. Mais ce qui est moins banal, c'est l'impact de ce drame sur la si parfaite famille Mulvaney.
Je ne voudrais pas gâter la lecture de ceux qui ne l'ont pas encore lu,
alors je m'arrête là.
Cette lecture a été plutôt laborieuse en ce qui me concerne. Certes j'ai eu beaucoup de travail pendant que je le lisais, mais d'habitude cela ne constitue pas une excuse. Pourtant, j'ai plutôt aimé ce roman. Alors?
Alors, comme je l'ai déjà dit, le tableau de la famille parfaite m'a un peu lassé au bout d'un moment. Il était temps qu'il se passe quelque chose! Et ce qui se passe, ben ça n'a pas été une surprise. L'impression de lire toujours la même histoire dans les romans américains où il est question de lycéens. C'est ensuite que le roman a vraiment décollé, à mon avis. La manière qu'ont les parents de réagir est pour le moins inattendue au vu du tableau parfait qui nous avait été dressé. Et là, on tombe dans une autre histoire.
L'histoire d'un engrenage de bonheur qui s'enraye et qui entraîne l'implosion de la machine entière. L'histoire d'une jeune fille qui porte une poids de la culpabilité pour une chose dont elle n'est pas la coupable. L'histoire d'une femme qui a tellement d'amour pour son mari qu'elle en oublie d'en garder pour ses enfants. L'histoire de frères qui ne savent plus où se situer dans cette famille qui n'est désormais qu'une constellation de gens malheureux.
Donc pour moi, l'histoire commence réellement p 187. Et j'ai trouvé que les 186 premières pages auraient pu tenir en, disons, 50. C'est le gros reproche que je ferais à ce livre. A part ça, j'ai beaucoup aimé le reste du livre, je l'ai trouvé évidemment très émouvant. La fin est assez ambivalente à mon avis, car si le livre "se finit bien", le personnage de la mère n'est pas excusable à mes yeux.
Ma note: 8/10
Les avis du club: Sylire, Gambadou, Jumy, Grominou, Cléanthe, Françoise, Ori, Keisha, Manu, Denis, Thais, Papillon, Martine, Marie, Soie, Thracinee, Taylor, Chimère, Armande,Catherine, Cléanthe, Nina,
Kathel , Praline et Ankya ont lu Délicieuses pourritures, Stephie a lu Viol, Alice et Annie ont lu Nulle et grande gueule, et Annie a également lu Je vous emmène, tous ces titres de Joyce Carol Oates.
Sur le thème de la famille, Lou a lu La troisième Miss Symons, et Nanne a lu Malavita de Tonino Benaquista.
Pour le 1er septembre, sur le thème du Canada francophone, nous lirons La tournée d'automne, de Jacques Poulin.
Pour le 1er novembre, lecture libre autour de Boris Vian!
Commentaires
Je n'ai pas trouvé la première partie trop longue, moi... Il est vrai que l'on est un peu dans "la petite maison dans la prairie" à ce moment là mais sachant qu'il y a 700 pages, on se doute qu'il va se produire quelque chose...
Quelques réticences de ta part, donc... C'est vrai que 700 pages, ça peut générer des longueurs.
Comme Sylire, je n'ai pas trouvé de longueurs, les 150 premières pages étant là pour planter le décor...
J'ai aussi beaucoup aimé...il y a quelques longueurs c'est vrai mais dans l'ensemble je l'ai lu avec plaisir. Je pense aussi que le début est là pour donner cette atmosphère paisible qui va contraster avec la suite
Voici mon billet:
http://jai-lu.blogspot.com/2009/06/we-were-mulvaneys.html
Je n'y pas vu de longueurs quant à moi, le début idyllique servait à faire contraste avec ce qui se passe après.
J'aime beaucoup ton évocation originel, c'est très que encore une fois tout le malheur vient par la "faute" d'une femme. J'ai comme toi beaucoup aimé la partie où la famille se désagrège, c'est très fin du point de vue psychologique.
En adepte des romans-fleuves, je ne reprocherai pas à J.C.Oates ses 700 pages. Je suis restée scotchée à l'histoire quelques soirées durant, en complète immersion !
Dès le début, je trouve qu'on sent que ce bonheur est précaire. Le côté, justement, "Petite maison dans la prairie", l'image d'Epinal de l'Amérique tranquille ne peut pas tenir. Et quand on les relit, on voit qu'il y a déjà dans ces 150 premières pages les indices de l'éclatement à venir.
J'ai adoré ce roman, franchement j'ai trouvé que c'était une très belle analyse sociale et psychologique. Et je n'ai pas trouvé cette famille si bien que ça, Oates par petites touches nous montre les petites faiblesses, les lâchetés de chacun, ce qui se passe à l'intérieur.
J'aime bien comment tu décris tes impressions à la lecture... J'ai trop senti le drame venir dans les 150 premières pages pour apprécier tous les détails qu'ils contiennent. mais je continuerai avec l'auteur, les autres livres présentés sont faits pour ça, non?
Il fait partie de ma LAL (dès qu'il sort en poche, il aterrira chez moi :)). J'ai eu du mal avec le style de l'auteur au début, mais on s'y fait au bout d'un moment.
Je ne regrette pas du tout mon choix, Lisa ! Avec "Malavita", la famille prend une autre dimension, disons ... plus truculente, plus vivante, voire même agitée. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Je reprendrai certainement Joyce Carol Oates, mais pas avec ce roman trop lent pour moi.
C'est vrai que je n'ai pas ressenti les longueurs non plus mais j'adore la plume de JC Oates et les longues sagas familiales :-)
Je fais partie de celles qui ont trouvé le début un peu long, en particulier parce que ce qui est arrivé à Marianne m'a semblé un peu trop "téléphoné". Je trouve aussi qu'à certains petits indices, on se rend compte que le bonheur n'est pas si parfait qu'il en a l'air.
Néanmoins je relirai volontiers cet auteur, peut être avec Mère disparue ou Les chutes.
Moi j'ai aimé ma lecture et pense continuer avec cet auteur.
Ah voilà, j'ai enfin fini le livre et publié mon billet! Globalement j'ai adoré! C'est vrai qu'au début, j'ai aussi trouvé que c'était un peu long à se mettre en route mais à la fin de ma lecture, j'avais totalement oublié cet aspect!! Puis, cela se justifie pour mettre en place un "avant et un "après".
j'ai adoré ce livre pour ma part et j'ai enfin fait ce matin un article complet sur le livre
j'ai été fasciné dès la 1ère page
heureux que tu aies tout de même aimé
bon été
denis
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