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J'ai terminé hier Déjà Dead de Kathy Reichs chez Pocket Star Books (même titre en français).

Déjà Dead est le premier tome des aventures de Temperance Brennan, anthropologue judiciaire travaillant à Montréal. Cela vous rappelle quelque chose, notamment ce prénom assez inhabituel? Normal, ces romans ont très largement inspiré la série Bones, qui est diffusée sur M6 depuis quelques semaines.

L'intrigue est longue à s'installer, trop longue à mon goût: il faut attendre une grosse centaine de pages pour la chasse au tueur soit lancée. En plus, j'ai trouvé certaines descriptions parfaitement inutiles: par exemple, l'auteur prend plus d'une demi-page pour décrire deux ouvriers qui ont trouvé un corps. Une demi-page pour décrire un personnage vraiment important, pourquoi pas, et encore: je préfère les descriptions par petites touches, mais je pourrais le comprendre. Par contre, pour décrire des types qui ne sont que des figurants sans importance, c'est vraiment beaucoup trop long pour moi.

Mais une fois que le suspense est installé, Kathy Reichs n'y va pas avec le dos de la cuillère! Je me suis retrouvée un soir à vouloir arrêter de lire pour dormir, mais obligée d'enchaîner trois chapitres supplémentaires tellement le suspense était à son comble. Et heureusement que l'amoureux était là, sinon il aurait fallu que je me lève allumer toutes les lumières et vérifier que ma porte était bien fermée (et qu'il n'y avait pas de psychopathe sous le lit ou dans le placard).

Par contre, il y a une partie de l'intrigue que je n'ai pas aimé, car je l'ai trouvé trop attendue et trop peu réaliste. Mais le problème de commenter un polar, c'est que je ne pas vous dire exactement de quoi je parle, sinon ça gâcherait la lecture!

Ma note est de 7/10. Pas plus car j'ai trouvé ça long à s'installer et un peu classique, mais pas moins car je pense que je lirai avec plaisir le deuxième tome de la série (Death du Jour en anglais, Passage mortel en français), qui je suppose sera débarrassé d'un certain nombre de ces défauts.

Quelques remarques sur la lecture en anglais

Cela faisait un certain temps que je n'avais pas lu de roman en anglais. Comme à chaque fois, j'ai un peu peiné sur le premier chapitre pour me remettre dans le bain, ce qui ne m'a pas surpris du tout. Par contre, ce que j'ai trouvé plus surprenant, c'est que ce roman m'a posé pas mal de problèmes de grammaire et de vocabulaire! Ce n'est pas le fait en tant que tel qui me surprend: je n'ai pas la prétention de maîtriser la langue anglaise à 100%, loin de là. Ce qui me surprend, c'est que ces difficultés surgissent dans un thriller, supposé appartenir à la littérature de deuxième zone, tandis que j'ai lu des classiques britanniques ou américains, parfois vieux de plus d'un siècle, avec bien moins de difficultés... A méditer!

En récompense à ces quelques difficultés (quelqu'un pourrait-il m'expliquer pourquoi radius se dit "radius" en anglais, tandis que "cubitus" se dit "ulna"? et "kerf"*, qu'est-ce que c'est, bon sang?), la lecture en anglais offre des petits plaisirs, notamment celui de s'esclaffer devant des formules dont on sent, on sait, qu'elles ne seraient pas aussi drôles en français. C'est d'ailleurs pour cette raison que quand je trouve des romans très drôles ou savoureux en anglais, j'essaie de lire tous les livres du même auteur en VO, pour ne pas être déçue par une traduction française que je ne peux pas imaginer aussi ... witty. Je trouve d'ailleurs particulièrement savoureux un certain nombre de mots servant à dire que quelqu'un est dingue: fruitcake, nutcase, loony, wacko...

Donc un petit exemple qui m'a vraiment amusé pour ceux parmi vous qui lisent l'anglais: "It distracted me for a while, but now that my mind was idle I couldn't drive the murders out. Isabelle Gagnon. Chantale Trottier. I kept rolling them around, like peas on a dinner plate." (p 45)

* après quelques recherches Internet, il apparaît que kerf veuille à peu près dire "largeur du trait de la scie". Nous voilà bien: un mot que je peux légitimement oublier aussi vite que je l'ai appris.