Pour cette deuxième édition du
Club de lecture des bloggeuses, j’ai lu Compartiment pour dames d’Anita Nair
traduit par Marielle Morin pour les éditions Philippe Picquier.
C’est avec circonspection que
j’ai abordé ce roman. La littérature indienne et moi ne sommes pas très amies,
malgré mon envie de découvrir ce pays-continent. Le dieu des petits riens
d’Arundathi Roy m’avait laissé froide, et il y a quelques années je n’avais
même pas pu terminer Les enfants de minuit de Salman Rushdie. De plus, le résumé
de Compartiment pour dames, pourtant très fidèle, ne me disait rien non plus.
J’ai donc entamé cette lecture
comme quelque chose de forcé et sans plaisir, finissons en afin de passer à
autre chose, comme certaines lectures qu’on a pu m’imposer tout au long de mes
études. Et surprise, la magie a opéré. Comme ça, sans que je me force. Un
délice. Dès qu’Akhila s’est installée dans son compartiment pour dames, je me
suis assise à ses côtés (d’ailleurs j’ai pris le train lorsque je lisais ce
roman). Avec elle j’ai écouté attentivement le récit de ces femmes, j’ai essayé
d’entendre ce qu’elles avaient à nous apprendre de la vie.
Et elles en ont à raconter, ces
femmes indiennes de tous âges, de toutes situations amoureuses. Les relations
homme-femme ne sont simples nulle part, mais comme cela doit être encore plus
compliqué pour ces femmes coincées entre modernité et indépendance d’une part
et tradition et soumission d’autre part. Anita Nair semble nous dresser un
panorama de la femme indienne d’aujourd’hui, de la grand-mère dont la vie a
toujours été tracée pour elle à la jeune fille qui fait passer ses sentiments
avant les attentes de la société.
Les toutes premières pages, j’ai
trouvé l’écriture bizarre : elle ne « coulait » pas, je butais
sur les phrases qu’il fallait que je relise avant de bien les comprendre. Mais
cette impression désagréable s’est estompée bien vite, et j’ai pu me laisser
emporter par les récits de ces femmes, ponctués de termes indiens regroupés en
glossaire à la fin du roman.
Anita Nair m’a réconciliée avec la
littérature indienne, mais elle m’a aussi fait réfléchir à ce que pouvait être
une vie de couple réussie, entre indépendance et complicité.
Bref, ce roman me
laisse un grand souvenir : 9/10
Pour le 1er janvier, nous lirons: La vierge froide et autres racontars, de Jorn Riel.
Le thème de l'édition suivante est la biographie, nous attendons les suggestions des participants jusqu'au 1er décembre à lecturecommune@yahoo.fr .
Allez donc voir chez Sylire , Allie, Katell (qui ont lu un autre bouquin d'Anita Nair), Papillon, Camille, Clochette, Gambadou, Sassenach, Nina, Patacaisse, Amanda, Gachucha, Jumy, Nath, Praline, Tamara, Stéphanie, Alice, Florinette, Grominou, Jules, Mammig, Mirontaine, Antigone, Elfe, Etoiledesneiges, Jessica, Sandrounette, Sole, Anjelica, Sophie, Flo, Beatrix, Ptitlapin, Arlette, Chimère, Suzel. C'est d'autant plus intéressant que les avis ne sont pas unanimes! Cathe nous propose un livre indien presque sur le même thème: voilà de quoi prolonger la réflexion!
L'avis d'Antonia:
Bonjour,
Monlivre terminé je vais pouvoir vous donner mon avis.
Ce livre est très bien écrit : aucun mot n'est superflu.
Les vies de ces femmes nous tiennent en haleine, elles partagent toutes générations confondues le temps d'un voyage en train.
On savoure la tendresse, la discrétion et la dignité de ces
femmes. On sourit, on est émue avec en toile de fond les traditions des
familles
indiennes.
Un voyages à la découverte de soi qui éveillera des résonances en chacun ou chacune de
nous.
A bientôt.
Antonia ^_^