29 novembre 2009
The murder room
J'ai lu The Murder Room de PD James chez Penguin (titre en français: La salle des meurtres).
Première phrase: "On Friday 25 October, exactly one week before the first body was discovered at the Dupayne Museum, Adam Dalgliesh visited the museum for the first time."
The Murder Room, c'est la salle la plus excitante du Dupayne Museum, un musée consacré à l'Angleterre de l'entre-deux-guerres. Cette pièce est en effet consacrée aux faits divers les plus marquants de ces années, et contient quelques pièces uniques, telle la malle dans laquelle on retrouva le cadavre d'une malheureuse tuée par son amant.
Le Dupayne Museum va fermer, puisque c'est ce qu'a décidé Neville Dupayne contre l'avis de son frère et de sa soeur, et contre les aspirations des quelques employés du musée familial. Mais Neville meurt brulé vif dans sa voiture, suivant le scénario employé lors d'un des meurtres présentés dans la Murder Room. Ceux que sa mort arrange sont nombreux, alors comment trouver le coupable? D'autant plus que ce meurtre horrible n'est pas le seul à se dérouler dans le Dupayne Museum.
Alors le Commander Adam Dalgliesh, aidé par son équipe, vient se mêler des affaires de la famille Dupayne, afin de trouver qui est le suspect le plus ... suspect.
Ce polar est so british que c'en est presque un exercice de style: on n'est pas loin du cluedo, pas loin non plus d'Agatha Christie... mais ça fonctionne. Je ne sais pas ce qui m'a particulièrement plu dans ce roman, ce que je sais, c'est que je me suis tapée ses 500 pages en VO en quelques soirs à peine, et qu'il m'a fait retarder l'heure du coucher à plusieurs reprises. J'en déduis donc que ce roman est réussi, et que je l'ai bien aimé. Pourtant, je ne suis pas sûre qu'il m'en reste beaucoup de souvenirs dans quelques semaines.
Ma note: 8/10
C'est LN qui m'avait offert ce roman à l'occasion du London Swap, je l'en remercie une fois de plus!
10 novembre 2009
Ce doux pays
Afin de me replonger dans mes souvenirs de vacances, j'ai lu Ce doux pays d'Ake Edwardson traduit par Marie-Hélène Archambeaud chez JC Lattès.
Première phrase: "D'aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu le sable."
Je suis tombée sur ce livre à la bibli de mon village, et je l'ai pris sans trop réfléchir simplement parce qu'il se déroulait en Suède. Je dois maintenant me résoudre à l'évidence: cela ne fait pas tout, qu'un roman se passe en Suède!
Ce roman ne restera pas longtemps dans mes souvenirs: j'ai trouvé l'intrigue très poussive, avec des éléments que je pensais capitaux et qui ne sont finalement que très secondaires, et des personnages peu attachants. De plus, je pensais que le statut d'immigrés des victimes et des suspects seraient exploité de manière plus efficace, plus marquante.
Je ne suis pas plus convaincue par la construction: le récit principal alterne avec des souvenirs d'un personnage, anonyme jusqu'au dernier moment, concernant sa fuite d'un pays en guerre. Je n'ai rien contre ce procédé, bien au contraire, mais je ne sais pas, j'ai trouvé que cela ne fonctionnait pas. En effet, on ne trouve pas de réponses dans ce récit originel aux énigmes du récit principal. Bref, une figure de style qui ne se justifie pas vraiment.
Et enfin, ma plus grosse déception: mais bon sang, où est la Suède là-dedans? J'ai choisi ce roman pour ça, pour y retourner par l'esprit. C'est complètement loupé. Je ne sais si je dois en vouloir à la traductrice ou à l'éditeur, mais les choix de traduction ne me satisfont pas du tout. Tous les noms de rue sont traduits: certes ces noms sont souvent prétextes à des réflexions des enquêteurs. Mais comme j'aurais préféré des NdT en bas de page! Sans parler des kanelbullar si typiques, si emblématiques, qui deviennent dans ce roman de banales brioches à la cannelle...
Ma note: 5/10
(pas moins quand même, car je suis quand même allée jusqu'au bout)
PS: Encore un polar scandinave qui se passe pendant une soi-disant "canicule". Je vais commencer à soupçonner les offices du tourisme nationaux de faire du lobbying auprès de leurs auteurs pour qu'ils fassent croire au reste du monde que la Scandinavie n'a rien à envier à l'Andalousie...
07 juillet 2009
Triptych
J'ai lu Triptych de Karin Slaughter chez Arrow Books (titre en français: Triptyque).
Première phrase: "Detective Michael Ormewood listened to the football game on the radio as he drove down DeKalb Avenue toward Grady Homes."
Le roman débute en mêlant plusieurs histoires: d'une part, Michael est appelé sur une scène de meurtre éprouvante. On a en effet retrouvé une prostituée assassinée dans les escaliers d'un immeuble, et détail horrible, son meurtrier lui a coupé la langue. Ce n'est d'ailleurs pas la première victime que l'on retrouve sans langue... D'autre part, vingt-et-un ans plus tôt, un jeune looser alors âgé de seize ans, John Shelley, est condamné pour le viol et le meurtre de sa voisine.
Difficile d'en raconter plus sans spoiler quoi que ce soit, car cet excellent polar est basé sur une intrigue que je n'avais encore jamais rencontrée dans ce genre de roman. Bravo Miss Slaughter, l'idée est géniale. En plus, on rencontre dans ce polar deux personnages qu'il serait dommage de louper: deux policiers écorchés par la vie, un homme et une femme, qui jouent à je-t'aime-moi-non-plus tout en résolvant l'intrigue policière. Pourtant, je déteste d'habitude les histoires d'amour qui viennent polluer les romans policiers, mais ces deux-là sont vraiment à part!
J'ai eu un tout petit peu de mal à rentrer dans l'histoire au tout début, mais une fois qu'on y est, impossible de reposer le livre! Une fois de plus, j'ai trouvé ce polar d'une très grande qualité, tant pour l'intrigue que pour les personnages. Un des meilleurs que j'ai lu dernièrement. Il existe d'ailleurs une suite mettant en scène les mêmes personnages: Fractured, sorti en 2008, pas encore traduit en français. Auteure à surveiller!
Ma note: 9/10
PS: J'ai du mal à croire que Slaughter soir le vrai nom de l'auteur.e En effet, "slaughter" veut dire massacre, boucherie... Drôlement approprié pour quelqu'un qui raconte des meurtres horribles!
17 juin 2009
Retour à la grande ombre
J'ai lu Retour à la grande ombre de Hakan Nesser traduit par Agneta Ségol et Pascale Brick-Aïda en Points.
Première phrase: "C'était le premier jour."
Je ne sais pas si je vous ai dit, mais cet été je pars en vacances en Suède et en Norvège. Du coup, je piste un peu les romans de là-bas, histoire de me mettre dans l'ambiance. C'est comme ça que je suis tombée sur ce polar suédois. Je ne suis pas certaine qu'il s'agisse de la première enquête du commissaire Van Veeteren: éditeurs, soyez sympas, indiquez clairement sur vos polars l'ordre des enquêtes! Vous rendrez un fier service aux maniaques de mon acabit qui préfèrent commencer par la première enquête...
Un homme sort de prison. Malheureusement, il n'aura pas le temps de profiter de sa liberté retrouvée: son cadavre est ensuite retrouvé près de la ferme de la Grande Ombre. D'ailleurs, ce n'était pas n'importe quel homme: un ancien champion d'athlétisme, condamné par deux fois pour le meurtre de deux femmes. L'irascible inspecteur Van Veeteren étant au repos pour raisons médicales, son équipe s'interroge: qui a bien pu assassiner Verhaven? Un parent de victimes estimant qu'il n'a pas assez payé? Ou quelqu'un qui aurait intérêt à ce qu'il ne parle jamais?
Un bon petit polar des familles, qui m'a rappelé La femme en vert d'Indridason par la narration faite d'allers-retours dans le passé. L'intrigue n'est pas absolument révolutionnaire, mais on la suit avec plaisir, le personnage de Van Veeteren est plutôt amusant. Pas impossible du tout que je lise un autre livre de la série, en particulier Le mur du silence, dont le pitch me plaît bien...
Ma note: 8/10
21 mars 2009
Le cuisinier de Talleyrand
J'ai lu Le cuisinier de Talleyrand de Jean-Christophe Duchon-Doris chez 10/18.
Première phrase: "Son pichet de vin à la main, ses joues creusées par la lumière du feu finissant, Maréchal errait dans les cuisines désertes du palais Kaunitz."
Nous sommes à Vienne en 1814. Toutes les grandes nations européennes sont réunies en congrès afin de décider du sort des états éphémères créés par Napoléon. C'est Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord qui représente la France de Louis XVIII. Outre son intelligence affutée, Talleyrand compte également convaincre les autres participants grâce à une botte secrète: son cuisinier exceptionnel, Maurice-Antoine Carême. Car quiconque goûte sa cuisine se trouve immédiatement dans des dispositions d'esprit promptes à se ranger du côté des français.
Maréchal, le rôtisseur de la délégation française, est retrouvé assassiné non loin du lieu où sont détenus Marie-Louise d'Autriche et son fils, l'Aiglon. L'inspecteur Janez Vladeski, fils bâtard d'un noble et d'une gitane, doit mener l'enquête. S'agit-il d'un complot bonapartiste ou tout simplement d'une histoire de jalousie? Le cuisinier est-il un génie ou un fou sanguinaire? Peut-il faire confiance au roué Talleyrand?
Je me suis promenée agréablement dans les rues de Vienne en compagnie du ténébreux Janez Vladeski, aux yeux d'un bleu irréel. Avec lui j'ai goûté les meringues, les pâtés, les truffes, et tous les délices préparés par le non moins mystérieux Carême. L'enquête est plutôt bien troussée, les embrouilles politiques ne sont pas trop profondes (car en général je ne comprends rien à ce genre de subtilités), et les personnages sont définis avec nuance. Bref, un polar historique bien sympathique, et je regrette qu'il n'y ait pas d'autres romans ayant pour héros le séduisant inspecteur Vladeski.
Ma note: 8/10
Nanne en a fait un bien joli billet.
13 mars 2009
Mourir n'est peut-être pas la pire des choses
J'ai lu Mourir n'est peut-être pas la pire des choses de Pascal Dessaint chez Rivages.
Première phrase: "Jérômine Gartner était assise dans le fauteuil, ses jambes écartées indiquaient une heure approximative, huit heures vingt, un peu plus ou un peu moins, elle était nue et morte."
Joli titre, non? C'est d'ailleurs pour cela que j'ai choisi ce roman. Pour le titre et pour l'auteur, également, dont j'avais déjà lu Du bruit sous le silence, et Les Pis Rennais (Le Poulpe, livre que j'évoquais ici), deux romans dont je garde un excellent souvenir même si je les ai lu il y a fort longtemps.
Ce roman avait un autre atout pour me plaire: 4 narrateurs se relaient pour nous raconter l'histoire. Et ça j'adore, inutile de revenir là-dessus. Félix le policier toulousain enquête donc sur la mort de Jérômine, d'autant plus suspecte qu'on retrouve dans sa gorge sept grains de riz et sept morceaux de métal. Détail pour le moins surprenant. Rapidement, Félix découvre que Jérômine fréquentait une bande d'écolos convaincus, de joyeux (?) idéalistes vivant quelque peu en marge de la société. Pas une communauté de hippies, non, plutôt des gens au destin peu ordinaire.
J'ai beaucoup de mal avec les polars aux messages écolos. Non pas que j'y sois insensible, mais je trouve que cela fait très artificiel, très irréaliste, en fait. Pourtant ici, Dessaint parvient à doser savamment les différents ingrédients, et le résultat n'est pas trop téléphoné. Malgré tout, je n'ai pas trouvé que c'était le polar du siècle. A se demander si en fait, je n'aurais pas un petit problème avec les polars français, car à chaque fois il me manque un quelque chose par rapport aux polars anglo-saxons, et ma foi j'ai du mal à dire ce que c'est...
Ma note: 7.5/10
Dominique est plus que réservée.
05 février 2009
Mygale
J'ai lu dernièrement Mygale de Thierry Jonquet en Folio policier.
Première phrase: "Richard Lafargue arpentait d'un pas lent l'allée tapissée de gravier qui menait au mini-étang enchâssé dans le bosquet bordant le mur d'enceinte de la villa."
Dans ce court roman noir (157 pages), trois histoires se coupent et se recoupent pour n'en faire qu'une. D'un côté, la belle et mystérieuse Eve,est tenue captive chez Richard Lafargue, un chirurgien esthétique reconnu, qui l'exhibe à son bras lors des soirées mondaines. D'un autre côté, Vincent se fait renverser une nuit dans un bois, et se réveille enchaîné dans une cave, nu, affamé, assoiffé. Enfin, Alex est un petit bandit qui s'est pris une balle au cours d'un braquage durant lequel un policier est mort, il se cache le temps que sa blessure guérisse.
J'ai un vrai problème avec les polars français. Dès que l'intrigue sort un peu des sentiers battus (et c'est le cas ici), je trouve que la sauce ne prend pas, que l'intrigue est justement trop grosse pour qu'on y croie. Pourtant, cette triple narration est plutôt bien menée, puisqu'on ne voit pas venir l'explication de trop loin. Mais je ne sais pas, cela ne fonctionne pas pour moi. Sans doute que dans un polar américain, je n'aurais rien vu d'impossible dans cette intrigue, mais en France ça sonne creux. Comme s'il ne pouvait pas y avoir de tarés de cette trempe chez nous... (oui je sais, les faits divers quotidiens tendent à prouver qu'on a notre lot aussi). Bref, pas convaincue mais pas grand chose à reprocher néanmoins, d'où une note ni très bonne, ni mauvaise:
Ma note: 6/10
Comme moi, la tête dans les bouquins ne peut pas s'empêcher de penser aux polars américains, tandis que Val, la livrophile, et la conjuration des livres ont beaucoup aimé.
23 janvier 2009
The babes in the wood
J'ai lu The babes in the wood de Ruth Rendell chez Arrow books (titre en français: Promenons-nous dans les bois).
Première phrase: "It was warm enough to be outdoors enough at ten and not feel a chill."
Dans le sud de l'Angleterre, l'inspecteur Wexford a fort à faire: les inondations menacent son domicile, et il doit résoudre une affaire pour le moins mystérieuse. Deux adolescents et leur baby-sitter disparaissent un soir: qui a amené qui et où, voire qui a tué qui et pourquoi? Sa vie se complique encore lorsque sa fille lui présente un nouveau petit ami, tandis qu'il ne peut pas compter sur la sympathie des parents des adolescents disparus...
J'ai découvert Ruth Rendell il y a quelques années avec A judgement in stone (en français: L'analphabète, dont a été tiré le film La cérémonie de Claude Chabrol), que j'avais adoré. Puis l'an dernier j'ai lu L'arbousier, dans un style tout à fait différent. Et ce troisième roman se rapproche plus, par l'ambiance de A judgement in stone.
J'ai aimé ce roman non pas pour son intrigue policière, mais justement pour l'ambiance qui y règne, pour les personnages, et pour l'attention portée à la vie personnelle de l'inspecteur Wexford. En cela, ce roman m'a fait penser aux deux romans de la série des Kurt Wallander (Henning Mankell) que j'ai lus.
L'intrigue ne m'a pas trop convaincue: j'ai un peu deviné qui avait fait quoi, et de toute façon je n'ai pas l'impression que l'auteure ait particulièrement soigné cet aspect du roman. Dont je garderai un bon souvenir malgré tout!
Ma note: 7,5/10
21 novembre 2008
Une erreur judiciaire
La semaine dernière, j'ai lu Une erreur judiciaire de Anne Holt traduit du norvégien par Alex Fouillet pour Points.
Première phrase: "Le plafond fut bleu."
Les polars du nord ont un certain charme, il n'y a pas à dire. Je trouve toujours fascinantes ces enquêtes qui se passent dans des pays si peu peuplés que j'imagine que tout le monde connaît tout le monde. Ce n'est bien évidemment pas le cas, mais quand même: il y a deux fois moins d'habitants dans toute la Norvège qu'en région parisienne, ça laisse rêveur, non?
De quoi est-il question ici? D'enfants qui disparaissent et qui sont retournés morts à leurs parents avec pour seul commentaire "Tu as eu ce que tu méritais." Sympathique. Autant le dire tout de suite, cette intrigue ne me laissera pas un souvenir impérissable. Mais les enquêteurs, un homme et une femme, sont ma foi bien agréables à suivre, et une vieille erreur judiciaire est traitée en filigrane de l'affaire de premier plan. Je ne peux évidemment pas trop rentrer dans les détails...
Il se pourrait bien que je lise la suite des aventures du duo, Vik et Stubo...
Ma note: 8/10
D'autres enquêteurs du froid: Henning Mankel, Arnaldur Indridason.
18 octobre 2008
La femelle de l'espèce
J'ai lu dernièrement La femelle de l'espèce de Andrea H. Japp en Livre de Poche.
Première phrase: "Sarah Magnani gara la lourde Buick comme elle le put: en bouchant la rue."
Un jour de juillet, dans le quartier italien de Boston, Sophia, 12 ans, ne rentre pas de l'école. Sa mère Sarah est bien sûr détruite par cette disparition, puis décide de prendre les choses en main pour retrouver sa fille, et tant pis si sa vie et son quartier doivent voler en éclat au passage. Elle pourra compter dans sa quête sur une galerie de personnages plus décalés les uns que les autres.
Une lecture bien mitigée! Ce roman ne m'a pas laissée insensible, et pour preuve je l'ai lu d'une traite un soir dans mon lit. J'ai notamment aimé la bizarrerie de certains personnages, notamment Rita la coiffeuse et Bart l'ancien béret vert, ainsi que le rendu de la douleur de l'héroïne au début du roman. Ça, c'est les points positifs.
Par contre, j'ai trouvé les personnages complètement irréalistes, tout comme la tournure des événements. Sans parler de l'aspect éminemment caricatural des quartiers où se déroule l'intrigue, et du fait que la fillette de 12 réagisse, au bas mot, comme une adolescente de 16 ans. Et en plus, une interrogation soulevée dans le roman concernant le personnage de Bart ne trouve pas de réponse! En fait, je trouve que ce livre ressemble plus à un brouillon prometteur, qu'à un roman abouti.
Après ma lecture des Chemins de la bête, je peux dire que décidément, je ne suis pas convaincue par Andrea H. Japp.
Ma note: 6/10