A mon humble avis...

Des livres, de la cuisine, des films, des émissions télé et radio... et la vie édifiante de Sainte Lisa en Euskadi!

15 octobre 2009

Marie-Antoinette

Déjà presque un mois sans billet, décidément ce n'est plus ce que c'était. Peu de cuisine, très peu de temps pour lire, et la matière de mon blog disparaît. Tout comme, ces derniers temps, l'envie de "voler" du temps ailleurs pour faire vivre cet espace. Cela ne m'inquiète pas, après tout je n'ai pas d'obligation de publication! Les billets arriveront donc ... quand ils arriveront, avec quand même des rendez-vous incontournables, comme le Blogoclub dont la prochaine édition est le 1er novembre. J'en profite par ailleurs pour remercier les visiteurs qui laissent un commentaire, cela fait énormément plaisir, même si je n'ai pas pris le temps d'y répondre individuellement. Bienvenue donc à joey7lindley, Fodio, Theoma, Melle Nouille, Bouh, Marc, MamZelle...


marie_antoinetteRedevenons sérieux: je suis de retour car j'ai lu Marie-Antoinette de Stefan Zweig traduit par Alzir Hella en Livre de Poche.

Première phrase: "Écrire l'histoire de Marie-Antoinette, c'est reprendre un procès plus que séculaire, où accusateurs et défenseurs se contredisent avec violence."

Cette fois encore, j'ai choisi ce titre car j'avais beaucoup aimé ma lecture précédente du même auteur, La confusion des sentiments. En plus j'adore l'Histoire, et de temps à autre j'aime bien lire des biographies. Si on ajoute à ça le caractère presque légendaire de Marie-Antoinette, on comprend aisément mon choix.

Ma lecture a connu deux régimes: j'ai commencé par beaucoup peiner sur la première moitié du livre (250 pages quand même), sans doute car ce qui était relaté n'était pas trépidant trépidant. Oubliez de suite la Marie-Antoinette de Sofia Coppola, celle de Zweig est beaucoup moins tourbillonnante. Je n'ai pas non plus retrouvé dans cette première moitié la jolie plume qui m'avait tant séduite dans La confusion. Cependant, je ne peux pas passer sur le fait que cette lecture assez demandeuse n'était pas la plus appropriée pendant ces quelques semaines de travail omniprésent, et la fatigue ne m'a sans doute pas aidée à apprécier le livre à sa juste mesure.

Je dois finalement être une lectrice dominée par ses bas instincts, car c'est quand les choses ont tourné au vinaigre pour l'Autrichienne que j'ai trouvé un regain d'intérêt à la lecture. Celle qui n'était qu'une jolie chose un brin écervelée prend toute sa dimension dans l'adversité, contrairement à son brave époux. Et là, j'ai avalé les pages avec intérêt et plaisir, renouant avec un style qui convient aux événements décrits.

Voilà donc un livre au bilan contrasté: sur 500 pages, 250 de plaisir... Heureusement qu'il s'agit des 250 dernières!

Ma note: 7/10

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Il s'agissait du dernier titre choisi pour le défi Blog-o-trésors, que j'ai donc complété avec cette lecture. En espérant que Grominou ait un autre défi dans son escarcelle pour 2010!

19 septembre 2009

Breakfast at Tiffany's

41P5WR2YKQLJ'ai lu récemment Breakfast at Tiffany's de Truman Capote chez Penguin.

Première phrase: "I am always drawn back to places where I have lived, the houses and their neigbourhoods."

J'ai choisi ce livre car j'avais beaucoup aimé De sang-froid du même auteur. Je me disais en plus qu'en VO, je savourerais encore plus sa plume. Ce que je ne savais pas, c'est qu'il s'agissait d'un recueil de quatre nouvelles, la plus longue étant la nouvelle éponyme.

Bizarrement, ce n'est pas celle qui m'a le plus emballée. Voire c'est au contraire celle que j'ai le moins aimée. Je l'ai lu sans avoir aucune idée de l'intrigue, et si je connaissais le nom de Holly Golightly, j'avais imaginé une toute autre ambiance.

Par contre, je me suis beaucoup amusée avec House of Flowers, qui m'a fait pensé à Chronique d'une mort annoncée sans trop savoir pourquoi, A diamond Guitar, qui peut être mis en relation avec De sang froid, et surtout A Christmas memory.

C'est sans doute mon côté émotif qui parle, mais quelle jolie et émouvante histoire d'amitié entre un petit garçon et une vieille fille excentrique, qui économisent le moindre sou pour confectionner des gâteaux de noël à offrit à tous ceux qui le méritent... A savoir que le petit Truman a en partie été élevé par trois vieilles cousines célibataires, et cette nouvelle est sans doute une réminiscence de son enfance.

Au final, le bilan reste quand même très positif, d'autant plus que la lecture se termine en beauté avec a Christmas memory.


Ma note: 8.5/10

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PS1: Juste avant de lire ce recueil, j'ai regardé le film Truman Capote de Bennett Miller avec Philip Seymour Hoffman dans le rôle titre. Un numéro d'acteur dans la même veine que Sylvie Testud en Françoise Sagan, mais que je n'ai pas pu regarder en VO sans sous-titres car PSH parle avec une voix aiguë à 100 000 à l'heure... J'ai adoré ce film, et en plus dedans il y a Harper Lee, qui était une amie d'enfance de Truman Capote. Comme le monde est petit!


PS2: Je suis très peu présente en ce moment car ma rentrée est quelque peu sportive, je lis beaucoup moins que ces derniers temps, mais je ne désespère pas de retrouver du temps pour tout.



11 mai 2009

The pillars of the earth

5105Y4BTXELJ'ai lu dernièrement The Pillars of the Earth de Ken Follet chez Pan (édition différente de l'illustration). Titre en français: Les piliers de la terre.

 

Première phrase: "The small boys came early to the hanging."

 

En Angleterre, au XIIe siècle, Tom est un bâtisseur. Il erre sur les routes avec sa femme enceinte, et ses enfants Martha et Alfred. Il rêve de construire une cathédrale, mais les temps sont durs. Si durs qu'il ne trouve de travail nulle part, et que la survie de la famille est menacée. Sa route croise alors celle d'Ellen et de son fils Jack, des créatures de la forêt. Grâce à ce dernier, Tom peut enfin réaliser le rêve de sa vie: bâtir la cathédrale de Kingsbridge, sous la houlette du prieur Philip.

 

Bon ça, ce n'est que le tout début du roman. Car c'est un énorme pavé de plus de 1000 pages, mais qui se dévore comme qui rigole, à tel point qu'on pourrait encore en lire 1000 de plus avec grand plaisir. Je ne voudrais pas trop en raconter, je me contenterai simplement de dire qu'au cours des décennies, nous suivons les tribulations de Jack d'une part, d'une jeune femme courageuse nommée Aliéna, du terrible William, et du respectable prieur Philip.

 

Car une des forces de ce roman est sans conteste la richesse de sa galerie de personnages, qui suscite tous des sentiments tranchés, aucun ne pouvant laisser indifférent. Certains d'entre eux se payent même le luxe d'être plus ou moins sympathiques au fil du temps, au gré des événements. Un autre point fort est l'impression d'être au cœur des choses, de prendre part à l'évolution du village de Kingsbridge.

 

Bref, un roman que j'ai adoré, une vraie fresque historique qui même habillement histoire de l'Angleterre et histoires personnelles des personnages. Il me tarde déjà de lire la suite, World without End (Un monde sans fin), qui se passe à Kingsbridge au XIVeme siècle, et qui met en scène les descendants des personnages de ce roman.

Ma note: 9/10
(j'aurais poussé à 9,5 si le personnage du méchant, William, avait été un peu plus nuancé,
ce qui aurait rendu ses combats avec les autres personnages encore plus profonds)

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07 mars 2009

Fahrenheit 451

fahrenheitJ'ai lu dernièrement Fahrenheit 451 de Ray Bradbury traduit par Henri Robillot chez Denoël (édition différente de celle illustrant ce billet).


Première phrase: "C'était un plaisir tout particulier de voir les choses rongées par les flammes, de les voir se calciner et changer."


Montag est un pompier. Dans le monde où il vit (dans le futur?), les pompiers sont chargés de brûler tous les livres qu'ils trouvent, et parfois la maison qui les abritent (et tant pis si le ou la propriétaire refuse de quitter les lieux avant que les hommes du feu allument la salamandre). Montag est marié à Mildred, qui ne vit que pour les feuilletons saisissants de réalité projetés sur les murs de leur salon et pour le bruit incessant de son oreillette. Tout va pour le mieux. Enfin croit-il avant de rencontrer Clarisse, sa jeune voisine, qui se met à lui poser des questions qu'il ne s'était jamais posé: est-il heureus? Est-il amoureux? Plus perturbant encore, Montag voudrait bien savoir en quoi consistait la profession de pompier, au début...


J'ai été assez décue par ce court roman. Je voulais le lire depuis bien longtemps, et j'en attendais beaucoup. Mais je l'ai trouvé finalement assez insipide. Pas mauvais, pas désagréable à lire, mais tellement peu marquant que moins d'une semaine après l'avoir lu, je ne me souviens déjà pas la fin. Cet échec de lecture semble confirmer mon peu de goût pour tout ce qui est science-fiction, anticipation et consort. J'espère que les autres lectures du Blog-o-trésor me seront plus profitables!


Ma note: 6.5/10

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15 janvier 2009

Blog-o-trésors: ma liste

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Grominou a publié il y a quelques jours la méga liste à partir des propositions des participants: quel boulot de fou! Mais quel plaisir de la lire dans tous les sens, de surligner, cocher, compter, rayer... Mais le plus dur, c'est de se décider! D'autant plus que Grominou nous limite cruellement à quatre titres... Sur cette longue liste, j'en ai déjà lu au moins 115 (je dis au moins, car il y a quelques grands classiques dont je ne suis plus très sure). Parmi les autres titres, certains font partie de ma PAL ou de ma LAL, d'autres sont complètement inconnus au bataillon, et certains autres me font dire: "tiens, oui, pourquoi pas?". Bref autant dire que se limiter à quatre titres... dur...

Un premier repérage sur la liste enregistrée sous Excel (on est organisée ou on ne l'est pas) me permet de faire le tri de ce que j'ai envie de lire... 58 titres. Bon. On est loin des quatre attendus, alors continuons le tri. 33! Il y a du mieux, plus que 29 à éliminer mettre de côté temporairement. Et enfin je les tiens, mes 4 titres pour le défi!

- Bradbury, Ray: Farhenheit 451 (parce qu'il est posé sagement sur mes étagères depuis des mois, ce sera le choix "bonne conscience" de ce défi)
- Capote, Truman: Breakfast at Tiffany's (parce que j'avais adoré De sang-froid, que je m'étais promis de relire Capote, et que ce coup-ci c'est l'occasion).
- Follet, Ken: Pillars of the Earth (parce qu'il FAUT que je le lise, tout simplement)
- Zweig, Stefan: Marie-Antoinette (parce que j'avais beaucoup apprécié la lecture de La confusion des sentiments, et que j'ai envie de me replonger dans cette écriture).

 

Voilà donc ma microscopique liste, il n'est pas du tout impossible que j'étende le défi à d'autres lectures...

PS: Vous êtes nombreux à me demander des nouvelles de ma santé par mail ou dans les commentaires, et je vous en remercie. Un mois pile après mon accident, voici où j'en suis: je marche à l'aide de béquilles, je commence à marcher de plus en plus sans. Ma démarche est assez... particulière, disons qu'elle est très chaloupée (elle ressemble fort à celle d'un de nos lointains ancêtres (australopithèque, homme préhistorique, j'y connais rien) lorsqu'il se met debout pour la première fois: les fesses en arrière, les genoux légèrement pliés, les bras très mobiles, et un balancement de droite à gauche). La bonne nouvelle, c'est que quitter les béquilles me permet de porter des objets d'un point à un autre. Par contre, il a fallu que je trouve une solution pour porter la tasse de thé: je la pose dans un espèce de moule à soufflé de petite taille, elle rentre pile poil dedans, et le thé qui se renverse immanquablement pendant le voyage de la cuisine au canapé se répand dans le moule, et non au sol ou sur mes doigts! J'ai arrêté tout médicament le week-end dernier, j'ai quelques petites douleurs mais assez supportables. Le plus dur, c'est la nuit, car j'ai mal au dos à force de dormir allongée sur le dos: il me tarde beaucoup de pouvoir me tourner et dormir sur le côté. Dimanche dernier, j'ai réussi à grimper dans ma baignoire, une autre grande avancée dans ma vie quotidienne (parce que se laver les cheveux longs dans un petit lavabo, ce n'est pas très commode). Demain, je vais sortir de mon appartement pour la première fois depuis mon retour le 31 décembre: cela implique de descendre un étage, ce dont je me sens très capable, mais également de monter dans le fourgon de l'amoureux, ce qui m'inquiète un peu plus... On verra! Je suis en arrêt maladie jusqu'au 31 janvier, j'aimerais croire que je vais effectivement reprendre le boulot le 1er février, mais j'ai quand même des moments de doute, quand je vois tous les mouvements qui me restent à me réapproprier... Merci encore pour vos pensées amicales!

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03 décembre 2008

Blog-o-trésors pour 2009

28561778_pCette année, Grominou nous avait proposé son défi Le Nom de la Rose, dont je me suis acquittée consciencieusement et avec grand plaisir. L'inventive dame a déjà prévu ce qu'elle nous concoctait pour l'an prochain. Une nouvelle année, un nouveau défi, un nouveau nom, un nouveau logo: le blog-o-trésors!coffre_tr_sors3

Le concept: chaque participant publie une liste de dix livre qu'il a adoré et qu'ils l'ont marqué. Grominou centralise tous les titres (quel boulot titanesque!), puis chacun lit quatre de ces titres au cours de l'année 2009.

Bref, un défi encore moins contraignant que celui de cette année (qui déjà ne l'était pas beaucoup), puisqu'il n'y a que quatre livres à lire, et à mon avis la liste va être tellement large qu'il y en aura vraiment pour tous les goûts!

En tout cas, j'ai trouvé l'exercice de rédaction de la liste de 10 titres très intéressant, car ce n'est vraiment pas si facile que ça de se contenter de dix titres pour résumer des années de lecture... Ma liste comptait au départ 32 titres, puis 20, puis je me suis faite violence, et voici enfin mes 10 titres classés par ordre alphabétique:

- Beaussant, Philippe: Le Roi-Soleil se lève aussi

- Carrère, Emmanuel: L'adversaire

- Faulkner, William: Le bruit et la fureur

- Fowles, John: La femme du lieutenant français

- Gaudé, Laurent: La mort du roi Tsongor

- Lee, Harper: Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

- London, Jack: L'appel de la forêt

- Oldenbourg, Zoé: Argile et cendres

- Quéfellec, Yann: Les noces barbares

- Tartt, Dona: Le petit ami

Voilà, je crois que je suis arrivée à une liste qui me satisfait à peu près. Certaines de ces lectures sont récentes, et vous trouverez les critiques sur ce blog. D'autres sont plus anciennes. Cette liste reflète assez bien mes goûts littéraires, même s'il est vrai que le polar n'est pas représenté, alors que j'en lis beaucoup. A croire qu'aucun polar ne m'a suffisamment marqué pour figurer dans cette liste...

Il me tarde janvier 2009 pour découvrir la longue liste constituée de toutes nos suggestions!

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14 novembre 2008

We need to talk about Kevin

kevinJ'ai lu dernièrement We need to talk about Kevin de Lionel Shriver chez Serpentstail (titre en français: Il faut qu'on parle de Kevin).

 

Première phrase: "Dear Franklin, I'm unsure why one trifling incident this afternoon has moved me to write to you."

 

Il y a des livres que l'on lit pour se distraire, pour se changer les idées. Il y a des livres que l'on lit pour se cultiver, pour se renseigner sur des sujets qui nous intéresse. Et puis il y a des livres que l'on lit car une fois qu'on les a ouvert, ils nous racontent ce qu'aucun autre ne nous a raconté.

 

C'est ce que j'ai ressenti à la lecture de ce roman. Je savais qu'il était question d'une tuerie perpétrée par un adolescent dans son lycée. Dès les premières pages, j'ai compris la forme du roman: la mère écrit des lettres au père à propos du fils meurtrier. Mais ce que je ne savais pas, ce que j'ai découvert peu à peu, c'est l'horreur du propos, et la maestria de l'auteure (qui, entre nous soit dit, est une femme, ce que j'ignorais complètement).

 

Un enfant peut-il être méchant de naissance? Non pas méchant parce qu'il ne veut pas ranger sa chambre, mais un véritable monstre? Si j'ai choisi le métier que je fais, c'est justement parce que je crois en la bonté naturelle de l'enfant, et que je crois que ce sont les souffrances physiques ou morales, volontaires ou involontaires, infligées par les adultes ou la société qui peuvent ensuite conduire quelqu'un à devenir "méchant". Que mon propos soit bien clair: à la fin de ma lecture, mon avis n'a pas changé d'un millimètre. Mais cette certitude que je porte en moi a forcément orienté ma lecture, puisque je ne pouvais pas accepter d'adhérer complètement aux propos de la mère.

 

Car, dans ce roman, la mère nous laisse entendre une autre musique. Et je dois dire que je l'ai trouvé particulièrement effrayante, d'autant que je ne l'avais jamais imaginée. Et cette musique est fort intéressante, car elle pose bien des questions: est-ce l'enfant qui est monstrueux, et la mère nous le raconte, où est-ce la mère qui est monstrueuse de ne pas avoir d'affection pour l'enfant et de nous le présenter en monstre? En d'autre termes, à qui la faute de l'issue fatale? Mais cette question, la mère se la pose également, et la réponse n'est pas contenue dans les pages du roman. Doit-on faire complètement confiance à cette femme, où doit-on tempérer ses propos par ceux qu'elle attribue au père? Voilà ce que j'ai trouvé magistral dans ce roman: cette incertitude permanente, ce doute omniprésent qui donne à ce drame singulier une portée universelle.

Ma note: 9/10

D'autres avis: La conjuration des livres, Clochette, Jules, Papillon, Kathel, Sole...

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C'était ma dernière lecture pour le défi de lecture 2008 Le Nom de la Rose, le récapitulatif est ici.

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06 août 2008

La femme en vert

femme_en_vertPendant mes vacances en Bretagne, j'ai lu La femme en vert d'Arnaldur Indridason traduit par Eric Boury chez Points.

Première phrase: "Il remarqua qu'il s'agissait d'un os humain dès qu'il l'enleva des mains de l'enfant qui le mâchouillait, assis par terre."

Sur un chantier immobilier de Reykjavik, des enfants ont trouvé des ossements humains. Le commissaire Erlendur écope de l'enquête, difficile à mener d'autant que le squelette a une cinquantaine d'années. Comme si ça ne suffisait pas, sa junkie de fille fait des siennes. Autant dire qu'Erlendur le solitaire en a gros sur la patate...

En parallèle, ou en contrepoint, se déroule un deuxième récit. Un récit banal, de violence conjugale, de haine et d'humiliations. Un récit dont on se doute qu'il va finir par un drame. Un récit qu'on a du mal à situer dans le temps, à situer par rapport au commissaire Erlendur. Mais évidemment tout cela est lié.

Je crois que c'est bien ce deuxième récit que j'ai le plus aimé dans ce roman. Je l'ai trouvé particulièrement bien écrit, avec émotion. D'autre part, le commissaire Erlendur m'a beaucoup rappelé l'inspecteur Wallander de Henning Mankell ( et ), pour son côté solitaire déprimé et relations difficiles avec sa fille. Sont-ce les latitudes élevées qui ont cet effet sur les policiers?

Cela faisait longtemps que j'avais noté ce titre, et il en valait effectivement la peine. Je retiens cet auteur pour des lectures futures.

Ma note: 8,5/10

J'ai lu ce roman dans le cadre du défi Le nom de la rose.

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Ils l'ont lu aussi:Yvon, Tamara, SylvieHélène, Essel, et beaucoup d'autres!

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23 juin 2008

Visa pour Shanghai

shangaiJ'ai lu il y a quelques jours Visa pour Shanghai de Qiu Xiaolong traduit par Aline Sainton pour Points.

 

Première phrase: "Une fois de plus, Chen, inspecteur principal de la police criminelle de Shanghai, reprenait, dans la brume du petit matin, la direction du parc du Bund."

 

Ce roman est la deuxième enquête de l'inspecteur Chen. Il est sommé par les autorités politiques de retrouver une femme qui a disparue, alors qu'elle est attendue aux Etats-Unis afin que son mari témoigne dans une affaire d'immigration clandestine. Une inspectrice américaine vient accompagner Chen dans sa mission, même si celui-ci préférerait s'occuper de l'affaire du type retrouvé lardé de coups de hache dans le parc. Alors il essaie de contenter tout le monde: ses supérieurs, l'Américaine, sa conscience... Heureusement, Chen peut compter sur des alliés fidèles: son adjoint Yu, et le Vieux Chasseur, père de ce dernier et policier à la retraite.

 

J'ai retrouvé avec bonheur les personnages et certains aspects qui m'avaient tant plu dans le premier opus de la série, Mort d'une héroïne rouge: la complexité de la société chinoise des années 90, oscillant entre communisme et capitalisme, traditions et modernité. J'ai aimé les références culinaires, j'ai aimé la description des intérieurs chinois et des relations familiales. Cependant, l'intrusion du personnage occidental a limité les occasions de ces descriptions, et j'aurais préféré plus de "chinoisitude" et moins d'hôtel occidental. Quant à l'intrigue, j'ai suivi avec intérêt l'histoire de Wen, la femme recherchée, mais j'ai trouvé certains développements un brin compliqués, et je n'ai d'ailleurs pas bien saisi en quoi les deux affaires étaient liées (avec l'homme mort retrouvé dans le parc).

 

D'autre part, le titre du roman est très mal trouvé: si l'éditeur voulait garder l'idée de visa (et il en est question dans le roman), un titre comme "Visa pour Washington" me semble beaucoup plus fidèle à l'intrigue. Mais cela fait beaucoup moins couleur locale. Du coup, le titre est complètement artificiel et sans grand lien avec l'histoire. Le titre original était "A loyal character dancer", ce que j'ai trouvé très mystérieux au début du roman, mais j'ai compris au fil des page que l'on pourrait le traduire par "La danseuse de l'idéogramme Loyal". Ce qui ne veut a priori pas dire grand-chose, sauf quand on lit le roman. Donc je comprends que l'éditeur ait souhaité trouvé un titre plus accrocheur. Mais de là à plaquer un titre aussi nul...

 

Pour conclure, j'ai pris du plaisir à la lecture de ce livre, et j'ai savouré les passages consacrés au quotidien des Chinois. Je pense donc que je lirai la suite des aventures de l'inspecteur Chen, Encres de Chine.

Ma note: 7,5

J'ai lu ce roman dans le cadre du défi Le nom de la rose
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Mon billet sur Mort d'une héroïne rouge.

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28 mai 2008

L'arbousier

arbousierJ'ai lu récemment L'arbousier de Ruth Rendell traduit par Martine Leroy-Battistelli chez Folio.

 

Première phrase: "C'est mon père qui a construit l'hôtel où nous séjournons."

 

Petra est de retour sur l'île de Majorque, 40 ans après y avoir passé un été avec ses parents, Piers son frère adoré et Rosario une cousine espagnole. Les trois adolescents, accompagnés d'un autre jeune britannique, Will, explorent l'île, et notamment la maison hantée. L'été se déroule tranquillement, dans la moiteur, même si Petra est de plus en plus jalouse de Rosario. Mais un drame vient ternir l'été ensoleillé.

 

Ça, c'est pour une première partie du roman. Dès le départ, on sait qu'il va se passer quelque chose. On devine même un peu qui est concerné. Mais finalement, je n'avais pas complètement deviné.

 

Et alors que les dés semblent jetés, 40 ans après le destin vient réparer la funeste journée. Mais est-ce vraiment le cas? Je sais que cette présentation est assez maladroite, mais je ne voudrais surtout pas gâcher le suspense, qui est vraiment le point fort de ce court roman (117 pages). Car Ruth Rendell nous prend par la main à la première page, et ne nous lâche pas jusqu'au bout. J'ai été très agréablement surprise par ce texte, dont l'atmosphère de départ m'a rappelé Bonjour Tristesse de Sagan. L'intrigue est peu conventionnelle, je regrette simplement qu'une des intrigues soulevées n'ait pas été conduite à son terme.

 

De Ruth Rendell, j'avais lu et adoré A judgement in stone (L'analphabète, d'où est tiré le film de Chabrol La cérémonie). Encore une fois, j'ai bien apprécié L'arbousier. Je crois que Ruth et moi sommes amenées à nous revoir.

Ma note: 8/10

J'ai lu ce titre dans le cadre du défi Le nom de la rose.
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PS: J'avais parlé quelque part des efforts des éditeurs poches pour mettre de belles couvertures à leurs livres. Je constate avec plaisir que Folio s'y met aussi (ce n'était pas leur fort jusque là, à mon goût). Je ne sais pas pour vous, mais pour moi c'est TRES important, une couverture qui me plaît, c'est parfois ce qui détermine le choix d'un livre.

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