A mon humble avis...

Des livres, de la cuisine, des films, des émissions télé et radio... et la vie édifiante de Sainte Lisa en Euskadi!

01 novembre 2009

Blogoclub: Boris Vian

Pour cette édition du Blogoclub, nous avions décidé d'honorer la mémoire de Boris Vian, puisque nous célébrons cette année le cinquantenaire de sa disparition. Cela tombait bien, car je n'avais jamais lu cet auteur!

 

_cume_joursJ'ai commencé par lire L'écume des jours en Livre de poche.

 

Première phrase: "Colin terminait sa toilette".

 

Colin est un jeune homme argenté et oisif. Il est souvent accompagné de son grand ami Chick, et de son cuisinier Nicolas. Lorsque Chick lui présente sa petite amie Alise, Colin décide qu'il veut être amoureux. Cela tombe bien, puisque qu'il rencontre alors la douce et charmante Chloé. Les deux amoureux se marient puis partent en voyage de noces. Mais un mal étrange se développe bientôt dans le poumon droit de la jeune femme.

 

J'ai été très surprise par la forme de ce roman: je ne savais en effet pas du tout à quoi m'attendre, et j'ai été un peu déroutée par l'emploi de l'absurde. Je me suis par contre très bien adaptée aux néologismes et jeux de mots. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on sent que l'auteur s'amuse en écrivant ce livre. Par contre, je ne me suis pas amusée à la lecture. Je dois dire que je suis restée assez perplexe, et je n'ai même pas été émue à la fin. Ce n'est donc pas une grande réussite de lecture en ce qui me concerne.

Ma note: 6/10


tous_les_affreuxJ'ai ensuite lu Et on tuera tous les affreux, toujours en Livre de Poche.

Première phrase: "Prendre un coup sur la tête, ce n'est rien." Héros Rocky, Dr Schutz

Une nuit où Rocky, monsieur Muscles s'étant promis de rester vierge jusqu'à 20 ans, prend du bon temps avec ses amis, il est enlevé et se retrouve nu dans une chambre avec une jeune femme, elle aussi nue. Il parvient à s'enfuir, tandis qu'un voyou est assassiné devant le même bar d'où il s'est fait enlevé. Rocky et ses amis partent donc en chasse du Dr Schutz qui a une vision fort particulière du futur.

Bon voilà, histoire de ne pas en dire trop. Ce roman a été publié sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, et était présenté comme un roman policier: c'est pour cette raison que je l'ai choisi. Hélas, une fois de plus, je n'ai pas été séduite. L'intrigue et les personnages stéréotypés m'ont fait penser à une vieille série américaine des années 1960, ou à un mauvais James Bond. Heureusement l'humour qui apparaît entre les lignes permet de sauver les meubles et de conduire la lecture à son terme.

Ma note:6/10


boris_vianPuisque la plume de Vian n'était pas à ma dent, j'ai pris une autre orientation en lisant la biographie Boris Vian de Claire Julliard chez Folio.

Première phrase: "Durant toute sa vie et bien après sa mort, le 23 juin 1959, Boris Vian restera le jeune homme à la trompette, le garçon rêveur à l'"air slave".

Quelle agréable lecture que cette biographie! Il y avait de quoi dire, puisque Boris Vian n'a pas mené 1 mais 1000 vies: l'ingénieur, l'écrivain, le jazzman, le cinéaste, le dramaturge, le poète, le chansonnier ... Je savais que c'était quelqu'un qui comptait dans le jazz français, je ne savais pas que c'était à ce point. Je savais qu'il avait écrit "Le déserteur", mais je ne savais pas qu'il avait écrit de nombreuses chansons notamment pour Henri Salvador, son vieux copain. Et tant d'autres choses que j'ignorais...

Je suis très contente d'avoir lu cette biographie, car si je n'accroche pas à l'écrivain Boris Vian, l'homme ne peut laisser insensible. Quel talent que de vivre sa vie, pourtant fragile, avec autant de flamboyance... En plus, cette biographie est très agréable à lire: elle n'est pas trop répétitive, détaillée juste ce qu'il faut. Ce sera finalement ce livre qui sera ma réussite de lecture pour le blogoclub!

Ma note: 8/10


 

Nol a lu la même biographie que moi.
Brize a lu une autre biographie, Boris Vian, le sourire créateur de Valère-Marie Marchand.
Sylire, Christelle, Deliregirl, Cagire, Gambadou, Laconteuse, Thalia, Abeille, Aril, Nina et Armande ont lu L'écume des jours.
Manu de Chaplum, Malice, Ori, Papillon, Thais et Saraswati ont lu L'arrache-cœur,
Stephie76 et Pimprenelle ont lu Conte de fées à l'usage des moyennes personnes.
Denis a lu Le loup-garou.
Ankya, Midola, Jumy et Lounima ont lu J'irai cracher sur vos tombes.
Cocola a lu Le ratichon baigneur.
Karine (mon coin lecture) et Karine (et ses livres) ont lu Et on tuera tous les affreux.
Kathel, Thais et Martine ont lu Elles se rendent pas compte.
Keisha et Arlette ont lu L'herbe rouge.
Nanne a lu Les morts ont tous la même peau.
Jules a lu Cent sonnets.
Soie a lu L'automne à Pékin.
Mimi a écouté La complainte du progrès.

L'édition prochaine du Blogoclub se déroulera le 1er janvier 2010: sur le thème de l'Italie, nous lirons Si c'est un homme de Primo Levi.

01 septembre 2009

La tournée d'automne

tourn_e_d_automneDans le cadre du Blogoclub consacré au Canada francophone, j'ai donc lu La tournée d'automne de Jacques Poulin chez Babel-Actes Sud.

 

Première phrase: "Il ouvrit la fenêtre pour mieux entendre la musique."

 

Le Chauffeur conduit un bibliobus dans les petits villages de la Côte Nord québécoise. Il fait trois tournées par an pour apporter aux réseaux de lecteurs de quoi nourrir leur amour des livres. Mais la tournée d'été qu'il s'apprête à réaliser a un goût particulier. De plus, juste avant de partir, il rencontre une troupe de musiciens français, et notamment Marie. La troupe décide de l'accompagner dans sa tournée.

 

Ce roman est plutôt court, et comme il est divisé en de nombreux chapitres, il se lit très rapidement. D'autant plus que l'histoire est plutôt sympathique, bien que peu surprenante. C'est gentillet, bucolique, on a envie de s'intéresser à ce drôle de bonhomme qui, joli métier, conduit un bibliobus dans des petits villages. En plus, un personnage aimant les chats ne peut pas être complètement mauvais!

Malgré tout, je n'ai pas adoré ce roman. Je l'ai lu avec sympathie, mais sans plus. Je pense que très rapidement je ne m'en souviendrai plus du tout. Comme il se lit très vite, je ne vais pas déconseiller sa lecture, car c'est l'affaire d'une après-midi. Mais voilà, pas inoubliable, quoi.

Ma note: 7/10

Les avis du club: Grominou, Lou, Ori, Marie, Celsmoon, Thracinee, La fée Aril, Laconteuse, Denis, Midola, Antigone, Lapinoursinette, Kattylou, Annie, Armande, Françoise, Keisha, Manu, Nina, Papillon, Thalia,

Du même auteur, Sylire Arlette et Malice ont lu L'anglais n'est pas une langue magique, Karine a lu Le vieux chagrin, Jules a lu Les grandes marées, Cathe a lu Volkswagen blues, Yvon a lu La traduction est une histoire d'amour,

Kalistina a lu Le premier quartier de lune de Michel Tremblay, Martine a lu Fugitives de Alice Munro, Nanne a lu Lignes de faille de Nancy Huston, Stephie a lu L'empreinte de l'ange toujours de Nancy Huson, 

Pour le 1er novembre, nous honorerons la mémoire de Boris Vian. Et pour le 1er janvier, nous attendons vos propositions sur le thème de l'Italie!

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01 juillet 2009

We were the Mulvaneys

we_were_mulvaneysPour cette nouvelle édition du blogoclub consacrée à la famille, j'ai donc lu We were the Mulvaneys de Joyce Carol Oates chez Fourth Estate (titre en français: Nous étions les Mulvaney).

 

Première phrase: "We were the Mulvaneys, remember us?"

 

Judd Mulvaney est le petit dernier d'une famille heureuse de quatre enfants: il vit avec son père Michael et sa mère Corinne, ses frères Mike Jr et Patrick, sa soeur Marianne. Ils vivent dans une maison incroyable, perchée au sommet d'une colline, et entourée d'une myriade d'animaux domestiques. Michael est un entrepreneur, un vrai self-made-man à l'américaine, respecté et apprécié de toute la petite communauté de Mt Ephraim. Corinne est plus originale, mais sa bonne humeur inoxydable en fait une mère adorable. Mike "Mule" Mulvaney est le sportif adoré de son lycée, Patrick a tout d'un petit génie, et la jolie Marianne est pom-pom girl et très populaire dans son lycée. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes chez les Mulvaney, à tel point que ça commençait à me lasser un peu, La mélodie du bonheur...

Mais évidemment, l'Homme n'est pas voué à passer sa vie dans l'Eden, et là-encore la Faute originelle est due à une femme: un soir de bal de Saint Valentin, alors qu'elle assiste à diverses soirées données par des camarades de lycée, quelque chose arrive à Marianne. Quelque chose d'horrible, et pourtant plutôt banal dans un roman américain. Mais ce qui est moins banal, c'est l'impact de ce drame sur la si parfaite famille Mulvaney.

 

Je ne voudrais pas gâter la lecture de ceux qui ne l'ont pas encore lu,
alors je m'arrête là.

 

Cette lecture a été plutôt laborieuse en ce qui me concerne. Certes j'ai eu beaucoup de travail pendant que je le lisais, mais d'habitude cela ne constitue pas une excuse. Pourtant, j'ai plutôt aimé ce roman. Alors?

 

Alors, comme je l'ai déjà dit, le tableau de la famille parfaite m'a un peu lassé au bout d'un moment. Il était temps qu'il se passe quelque chose! Et ce qui se passe, ben ça n'a pas été une surprise. L'impression de lire toujours la même histoire dans les romans américains où il est question de lycéens. C'est ensuite que le roman a vraiment décollé, à mon avis. La manière qu'ont les parents de réagir est pour le moins inattendue au vu du tableau parfait qui nous avait été dressé. Et là, on tombe dans une autre histoire.

 

L'histoire d'un engrenage de bonheur qui s'enraye et qui entraîne l'implosion de la machine entière. L'histoire d'une jeune fille qui porte une poids de la culpabilité pour une chose dont elle n'est pas la coupable. L'histoire d'une femme qui a tellement d'amour pour son mari qu'elle en oublie d'en garder pour ses enfants. L'histoire de frères qui ne savent plus où se situer dans cette famille qui n'est désormais qu'une constellation de gens malheureux.

Donc pour moi, l'histoire commence réellement p 187. Et j'ai trouvé que les 186 premières pages auraient pu tenir en, disons, 50. C'est le gros reproche que je ferais à ce livre. A part ça, j'ai beaucoup aimé le reste du livre, je l'ai trouvé évidemment très émouvant. La fin est assez ambivalente à mon avis, car si le livre "se finit bien", le personnage de la mère n'est pas excusable à mes yeux.

Ma note: 8/10

Les avis du club: Sylire, Gambadou, Jumy, Grominou, Cléanthe, Françoise, Ori, Keisha, Manu, Denis, Thais, Papillon, Martine, Marie, Soie, Thracinee, Taylor, Chimère, Armande,Catherine, Cléanthe, Nina,

Kathel , Praline et Ankya ont lu Délicieuses pourritures, Stephie a lu Viol, Alice et Annie ont lu Nulle et grande gueule, et Annie a également lu Je vous emmène, tous ces titres de Joyce Carol Oates.

Sur le thème de la famille, Lou a lu La troisième Miss Symons, et Nanne a lu Malavita de Tonino Benaquista.

Pour le 1er septembre, sur le thème du Canada francophone, nous lirons La tournée d'automne, de Jacques Poulin.

Pour le 1er novembre, lecture libre autour de Boris Vian!

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01 mai 2009

L'instinct d'Inez

l_instinct_d_inezPour cette nouvelle édition du Blogoclub consacrée au Mexique, j'ai donc lu L'instinct d'Inez de Carlos Fuentes traduit par Céline Zins en Folio.

 

Première phrase: "-Nous n'aurions rien à dire sur notre mort."

 

Quelle lecture laborieuse! J'ai commencé ce roman un soir à 2h du matin, après une soirée joyeuse en compagnie de bons amis. Je n'ai rien compris à la dizaine de pages que j'ai lu: j'ai mis cette incompréhension sur le compte des quelques verres d'alcool que j'avais bus. Mais lorsque le lendemain soir j'ai repris le roman, il a fallu que je me rende à l'évidence: cela ne venait pas de l'alcool. Même à jeun, je ne comprenais rien à ce roman. Rien sur le fond, ce que je trouve toujours extrêmement désagréable, mais en plus j'avais beaucoup de mal avec le style, que je trouvais très lourd.

C'est à ce moment-là que je me suis dit que ce roman serait certainement la première lecture commune que je ne terminerais pas. Je décidai néanmoins de pousser jusqu'à la page 50, syndrome de la bonne élève oblige. Puis page 50, il se passait enfin quelque chose, les deux personnages principaux étaient en week-end à la mer. J'ai donc poussé par curiosité, pour voir comment cela allait tourner. Puis le chapitre suivant me replongea dans un abîme de perplexité, et mon sentiment d'incompréhension totale revint au galop. Mais finalement, le chapitre consacré à la femme originelle (appelons-là comme ça, je ne sais pas comment l'appeler autrement) m'a plus plu que les chapitres consacrés au chef d'orchestre à la cantatrice, mon esprit tordu ayant fait une association d'idée avec la série de Jean Auel, dont j'avais beaucoup aimé les premiers tomes. Donc j'ai encore poursuivi ma lecture.

 

C'est comme ça que je suis arrivée à la page 100. Et une fois à la page 100, autant aller au bout. C'est comme ça que j'ai finalement terminé ce roman: à l'insu de mon plein gré, parce que moi je voulais arrêter de le lire.

J'ai compris l'aspect littéral du roman, mais je n'ai rien compris du tout au message de l'auteur, à ce qu'il voulait dire. Parce qu'un roman aussi bizarre se doit forcément de dire autre chose que ce qui est écrit. Or je n'ai pas su entendre. J'en garde donc l'impression d'un truc très étrange et objet de perplexité. Dans l'ensemble, je n'ai pas aimé. Même si certaines choses m'ont plu, cette lecture ne fut pas agréable. Il me tarde donc beaucoup de lire les autres critiques du club, dans l'espoir que quelqu'un éclaire ma lanterne. En attendant et en ce que me concerne, je ne suis pas prête de lire un autre roman de Carlos Fuentes.

Ma note: 3/10

PS: Il est entre autre question dans ce roman de voix et de cris. Or, juste après avoir refermé le roman, j'ai attaqué ma lecture suivante, Le combat d'hiver de Jean-Claude Mourlevat. Et voici la première chose que j'y ai lue, la citation qui illustre la première partie: "Il y a dans la voix humaine quelque chose qui, émanant de l'âme, touche la nôtre au plus profond." Surprenant comme deux romans extrêmement différents peuvent parfois se répondre.

Les autres avis du club:Annie, Arlette, Cécile, Cléanthe, Denis, Drine, Emilie, Catherine, Georgesand, Jules, Julien (qui propose un article très complet et érudit), Kathel, Kattylou, Keisha, Lou, Lune de Pluie, Malice, Manu, Martine, Nina, Ori, Papillon, Praline, Saraswati, Soie, Stéphie, Sylire, Thais, Thracinee, Yvon.
 

Cathe a lu La frontière de verre, Grominou a lu En inquiétante compagnie, Katell Bouali est en train de lire Terra Nostra, Lou a lu Brillant, Sandrounette a lu Portraits dans le temps et Florinette annonce par post-it qu'elle a abandonné le livre "pour cause d'ennui mortel".

Le 1er juillet, sur le thème de la famille, nous publierons nos billets sur Nous étions les Mulvaney de Joyce Carol Oates.
 

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01 mars 2009

Blogoclub: Le Clézio

onitshaPendant mon séjour à l'hopital et afin de préparer cette nouvelle édition du blogoclub, j'ai lu Onitsha de JMG Le CLézio chez Gallimard.

 

En 1948, Fintan s'embarque avec sa mère pour rejoindre son père, qu'il ne connaît pas, en Afrique. Et le jeune garçon se retrouve au milieu d'une micro société de la bourgeoisie coloniale, tandis qu'il se lie d'amitié avec différents africains. L'amour trouble qu'il porte à sa nouvelle terre contraste avec ses sentiments mitigés envers son père.

 

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire les parties focalisant sur Fintan (je ne me souviens plus très bien s'il est le narrateur), l'Afrique y est évoquée d'une manière qui m'a parfois rappelée Au coeur des ténèbres de Conrad pour ce qui concerne les descriptions de la terre et du fleuve. Il y a un espèce d'envoûtement qui se dégage des lignes qui donne presque l'impression d'y être, c'est assez magique. Par contre, certains chapitres sont des extraits du journal de son père, qui cherche désespérément une cité mythique, et ces chapitres m'ont nettement moins emballés. Malgré tout, je garde un bon souvenir de cette lecture (l'avantage de faire un commentaire deux mois après avoir lu un livre, c'est que l'on va à l'essentiel!)

Ma note: 7,5/10 (à cause du journal du père)

Comme cette première lecture m'avait plu, j'ai lu également Étoile errante, toujours de JMG Le Clezio chez Gallimard.etoile_errante

Première phrase: "Elle savait que l'hiver était fini quand elle entendait le bruit de l'eau."

Deux héroïnes dans ce roman: Esther, jeune fille juive, fuit le village alpin où sa famille a trouvé refuge à l'arrivée des Allemands. Son père maquisard choisi de prendre les armes. La jeune fille entame donc une longue marche avec sa mère à travers la montagne, pour gagner l'Italie. De là les deux femmes embarquent pour Israël, la terre promise. Arrivée au but de leur voyage, la file des nouveaux arrivants croise une file de Palestiniens conduits dans un camp. Esther rencontre brièvement Nejma. Le focus du livre change et s'intéresse donc à Nejma, jeune femme du désert, avant de revenir à la destinée d'Esther.

Comme dans Onitsha, les descriptions ont un pouvoir d'évocation assez saisissant. J'ai aimé un peu plus ce roman, car aucune des deux parties du roman (Esther/Nejma) ne m'a semblé plus faible que l'autre. De plus, il s'agit là d'une évocation assez sensible de la fondation d'Israël, avec ce que cela implique pour les deux parties engagées. Un écrit intelligent et mesuré sur le sujet me semble suffisamment rare pour être signalé. A noter enfin que le point de vue narratif change: parfois première personne du singulier, puis d'autres chapitres à la troisième personne, et ces changements se font tellement en douceur que l'on ne s'en rend presque pas compte.

Ma note:8,5/10

desertComme cette deuxième lecture m'avait plu, pourquoi s'arrêter en si bon chemin? J'ai donc lu Désert toujours de Le Clézio mais en Folio.

Première phrase: "Ils sont apparus, comme dans un rêve, au sommet de la dune, à demi cachés par la brume de sable que leurs pieds soulevaient."

Comme dans Onitsha, deux récits très distincts cohabitent et se répondent dans ce roman, avec une typologie différente pour bien marquer la différence. Le premier raconte l'épopée mortelle des hommes du désert, au début du siècle. La longue marche dans le désert brûlant pour aller retrouver un homme saint, puis pour aller se battre contre les envahisseurs français. Le deuxième récit s'attache à Lalla, jeune fille d'un bidonville, qui part vivre à Marseille. Malgré une extrême pauvreté, Lalla sait vivre son quotidien avec bonheur, mais aussi mélancolie.

J'ai adoré les chapitres consarnés aux hommes du désert, encore une fois il y a quelque chose d'envoûtant dans l'évocation du désert et du destin funeste de ce peuple. Quant à Lalla, autant j'ai aimé les chapitres se déroulant dans le bidonville, avec une vision naîve du quotidien et de la misère, autant j'ai beaucoup moins aimé les chapitres se déroulant à Marseille. Je n'ai pas aimé le tour que prenait l'histoire, même si la toute fin du roman rattrape un peu le coup.

Ma note: 6.5/10

Vais-je lire d'autres romans de l'auteur? Peut-être, mais pas dans l'immédiat, car j'ai quand même beaucoup peiné pour terminer Désert.

Et vous, qu'avez-vous lu?
L'Africain: Sylire, Keisha, Soie, Saraswati, Karine, Nanne,
Peuple du ciel: Karine,
Cœur Brûle et autres romances: Florinette, Fanyoun, Brize,
Gens des nuages: Antigone, Nina,
Poisson d'or: Jumy, Kattylou, Mirontaine,
Onitsha: Grominou, Julien, Thais, Praline, Stephie, Lapinoursinette, Martine, Midola, Emma,
Révolutions: Alice,
Étoile errante: Armande, Denis,
Celui qui n'avait jamais vu la mer: Cathe,
Lullaby: Cathe,
Ritournelle de la faim: Gambadou, Catherine, Sandrounette, Bladelor,
Le procès-verbal: Ori,
Mondo et autres histoires: Georgesand, Katell,
Raga: approche du continent invisible: Alex,
La ronde et autres faits divers: Emilie,
Villa Aurore: Mammig,
Diego et Frida: le cercle des lecteurs,
Le jour où Beaumont fit connaissance avec sa douleur: Lune de pluie,

En outre, Julien nous livre une réflexion intéressante: Pourquoi lire Jean-Marie Gustave Le Clézio.

Pour la prochaine édition du Blogoclub, le 1er mai, sur le thème du Mexique nous lirons L'instinct D'Inez de Carlos Fuentes.

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14 janvier 2009

Le blogoclub en quelques points

Petit historique:

Sylire et moi même avons repris, en juin 2007, "le club des blogueuses", animé précédemment par Cuné et Frisette, qui ne souhaitaient pas continuer l'aventure. Nous avons apporté quelques retouches au concept, avant de lui accorder une deuxième vie. A l'inscription du 1er homme, nous avons changé la dénomination du club (le monsieur refusait de changer de sexe!).

blogoclub

Le principe:

Il s'agit de lire un ouvrage en commun tous les deux mois. Lisa et moi suggérons un thème, puis chaque membre qui souhaite propose un titre (de préférence un livre sorti en Poche). Nous établissons une liste, que nous soumettons au vote de chaque participant. Pour une raison évidente, il n'est pas possible de voter pour le livre que l'on a soumis au vote. A la date convenue, chacun met en ligne son avis sur le livre qui a recueilli le maximum de suffrages. Sylire et moi-même recensons, à la fin de nos billets respectifs, les liens vers les blogs participants.

Il n'est pas indispensable de participer à chaque fois.

Le nombre de participants:

- Près de 90 inscrits
- 35 à 40 participants à chaque session

Pour finir, l'adresse mail du blogoclub: lecturecommune@yahoo.fr

PS: J'ai honteusement recopié ce billet sur ma copine Sylire, qui en plus vous propose un récapitulatif des lectures communes, qu'elle mettra à jour à chaque session. Il n'y a pas à dire, elle est bien plus courageuse que moi!

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01 janvier 2009

The Woman in White

Tout d'abord, quelques mots pour expliquer mon absence ces derniers temps: j'ai eu un accident de voiture le 15 décembre, et j'ai enchaîné hôpital et maison de retraite convalescence. Au final, rien de dramatique, seulement quelques petites fractures du bassin. Handicapant et un peu douloureux, mais dans quelques semaines (mois?) il n'y paraîtra plus. Je suis enfin rentrée à la maison hier, juste à temps pour participer à cette nouvelle édition du Blogoclub.

 

woman_in_whiteJ'ai donc lu The Woman in White de Wilkie Collins en édition Wordsworth.

 

Première phrase:"This is the story of what a Woman's patience can endure, and what a Man's resolution can achieve."

 

Wilkie et moi sommes de vieilles connaissances. Je l'ai rencontré sur les bancs de la fac d'anglais, en licence me semble-t-il, lorsqu'on nous fit étudier The Moonstone (La pierre de lune). Roman dont la lecture m'avait énormément plu, même si je ne garde aucun souvenir du traitement universitaire de l'œuvre.

 

Quant à cette Femme en Blanc, je l'avais déjà croisée il y a plusieurs années, mais je m'étais lassée de son histoire et je n'étais pas allée au bout du mystère. Le Blogoclub a donc été une parfaite occasion de renouer, et c'est de bon cœur que j'ai sauté à pieds joints dans le livre.

 

La forme de récits successifs m'a très bien convenu, et j'ai trouvé certains personnages très réussis, sans parler de l'humour et de la langue de Wilkie, très agréable à lire au fil des pages. De plus, le mystère de cette femme en blanc, puis de Sir Percival, est intriguant à souhait. Mais j'ai trouvé que l'ensemble était quand même un peu longuet. D'autant plus que le secret de Sir Percival est un peu léger à mon goût: beaucoup de bruit pour rien, à mon avis.

 

Et surtout, le défaut majeur à mes yeux: pourquoi ce cher Walter s'entête-t-il à s'amouracher de la mièvre Laura, alors que Marian me semble 1000 fois plus intéressante? En cet aspect, ce roman me semble terriblement conformiste: la fille jolie et douce l'emporte sur la fille intelligente et volontaire... On ne peut certes pas en vouloir à Wilkie de coller à son époque, mais quand même....

 

Ma note: 7/10

 

D'autres avis chez Denis, Armande, Clochette, Sylire, Katell, Florinette, Jules, Soie, Julien, Chimère, Antigone, WakinasimbaGeorge, Nina, Arlette, Ori, Emilie, Lune de pluie, Taylor, Catherine, Karine, Mirontaine, Sandrounetta, Lou, Belledenuit,

L'avis d'Axelle (pas de blog): "Ce roman ne m'a pas fait une forte impression, d'autant plus que le thème de cette lecture collective devait être un roman policier et que je n'ai pas trouvé beaucoup de suspense dans ce roman. Pour moi, les trois quarts de l'histoire concernait des histoires de ménages, de plus si l'ambiance m'a plu au début, cette atmosphère ouatée de la vieille Angleterre, je l'ai vite trouvé pesante et ennuyeuse: que quelqu'un ayant courut 100m doive passer l'après midi a s'en remettre...bof!"

 

Keisha a lu Pierre de Lune, Kathel a lu Passion et repentir, Praline a lu Basil, Yvon et Kattylou ont lu L'hôtel hanté, Kalistina a lu Voie sans issue (coécrit avec Dickens).

 

Pour le 1er mars, nous avons décidé d'honorer le nouveau prix Nobel de littérature, JMG Le Clézio. Et nous attendons vos suggestions pour l'édition du 1er mai, dont le thème sera le Mexique, afin de coller avec le Salon du Livre!

 

Sur ce, bonne et heureuse année 2009 à tous et à toutes!

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01 novembre 2008

The New York Trilogy

ny_trilogyPour cette nouvelle édition du Blogoclub, j'ai choisi de lire The New York Trilogy de Paul Auster chez Faber and Faber (titre en français: La trilogie new-yorkaise).
En effet, j'ai déjà lu Brooklyn Follies, que j'avais adoré par ailleurs, vous pouvez aller voir mon billet enthousiaste.

 

Première phrase: "It was a wrong number that started it, the telephone ringing three times in the dead of night, and the voice on the other end asking for someone he was not."

 

Comme l'indique le titre, cette oeuvre est en fait composée de trois récits: "City of glass", "Ghosts" et "The locked room". Dire que le lien entre ces trois récits est subtil serait un euphémisme. En fait, j'ai eu l'impression de lire trois choses distinctes jusqu'à quelques pages avant la fin, où j'ai senti que normalement tout devrait s'éclairer. Mais pour être honnête, je n'ai pas complètement compris les subtilités.

"City of glass", d'abord. Qu'est-ce que j'ai eu comme mal à lire la grosse centaine de pages! Etait-ce moi qui était trop ailleurs, obnubilée par ma rentrée, était-ce ce bouquin qui est trop intellectuel pour mon pauvre petit cerveau, mais en tout cas on ne peut pas dire que cela se soit fait sans mal. Un indice infaillible en ce qui me concerne: j'ai mis bien 15 jours pour le lire... pas très bon signe.

Pourtant, je n'ai rien à redire à l'histoire: suite à un faux numéro, un auteur de roman policier, Quinn, se fait passer pour le détective privé Paul Auster. Son nouveau client est bien mystérieux: il s'agit d'un homme riche, victime dans son enfance des expériences mystiques de son père, qui l'a gardé enfermé pendant des années pour voir si par hasard il ne se mettrait pas à parler le langage de Dieu. Condamné à la prison ferme, le prère s'apprête à sortir, et le fils maintenant adulte mais plein de séquelles a peur qu'il ne veuille le tuer. Quinn/Auster doit donc surveiller le père et l'intercepter si nécessaire. S'engage alors une curieuse filature au ralenti.

 

Je n'en dis pas plus car je ne veux pas spoiler, mais disons que ça se finit un peu bizarrement. Style je n'avais rien vu venir, et je suis un peu sceptique. Sans parler des digressions d'Auster (le vrai, l'auteur du livre dont je parle) sur la tour de Babel and so on, qui sont certes érudites mais à mon goût beaucoup trop longues et mal intégrées au récit.

"Ghosts", ensuite. Là, les choses se sont nettement améliorées pour moi, et ma lecture s'est accélérée. Blue est engagé par White pour surveiller Black. Jusque là, tout va bien, si ce n'est que ce jeu sur les noms des personnages m'a semblé un peu téléphoné à cause de Reservoir dogs, mais en fait je crois qu'Auster a l'antériorité, alors rendons à Paul ce qui lui appartient. Il n'empêche, j'ai quand même levé les yeux au ciel.
Blue, la tête pleine de sa fiancée, part loger Black. Travail d'autant plus facile que celui-ci ne fait rien. Enfin si, il fait plein de choses: il écrit, il lit, il sort faire ses courses. So exciting pour un jeune détective privé plein de fougue. Alors Blue se demande qui peut bien être cet homme terne qu'il doit surveiller, et pourquoi il doit le surveiller. Et se demande si finalement, ce n'est pas lui qui serait surveillé. Mais par qui, par White ou par Black?

 

Encore une fois, la fin est assez radicale. J'ai beaucoup plus aimé cette histoire un peu sans queue ni tête, même si à nouveau j'ai eu l'impression de passer complètement à côté du propos de l'auteur, de la signification réelle de ces pages.

 

Et pour finir, "The Locked Room". Ma lecture est allée crescendo, et je me suis sentie beaucoup plus à l'aise avec cette dernière partie, même si j'ai loupé quelques détails. Le narrateur est contacté par l'épouse d'un de ses amis d'enfance, Fanshawe. Celui-ci a disparu il y a plusieurs mois, et avant sa disparition il avait demandé à sa femme de confier au narrateur ses écrits s'il lui arrivait quelque chose. Le narrateur, très surpris, accepte ce rôle d'éditeur, et fait publier ce qui s'avère être une réelle oeuvre littéraire. Et s'éprend de la jeune épouse délaissée/veuve potentielle (qui, soit dit en passant, avait engagé le détective Quinn pour retrouver son mari fugueur/mort). Si Fanshawe devient pour le nouveau couple une manne financière, son absence et les interrogations qui l'entourent deviennent une omniprésence très pesante. Surtout quand le narrateur est engagé à écrire la biographie du génie disparu.

 

Là, j'ai vraiment aimé. Encore une histoire un peu tordue, mais vraiment prenante et dont on a envie de connaître la fin: où est Fanshawe? est-il mort ou a-t-il disparu de son plein gré? si oui, pourquoi? On sent qu'il s'agit d'un texte qui mériterait une relecture attentive, presque universitaire tant il m'a paru riche sur un plan presque métaphysique. La lecture de cette dernière partie m'a convaincue du bien-fondé de ma lecture, ce dont je doutais un peu suite au fiasco de la première partie et du résultat en demi-teinte de la deuxième. Cependant, cette oeuvre est extrèmement différente de Brooklyn Folllies, qui reste largement mon préféré!

Ma note: 7/10

Vos avis sur Brooklyn Follies: Sylire, Karine, Florinette, Keisha, Jules, Wakinasimba, Karine, Armande, Nina, Soie, Joelle, Catherine, Clochette, Cathe, Anjelica, Antigone, Alice, Belledenuit, Karine et ses livres, LaetitiaOri, Mammig, Sandrounetta, Argantel, Martine, Sophie, Taylor, Anne-Claire, Arlette, Cecile, Suzel,
 

Vos avis sur La trilogie New-Yorkaise: Tamara,

D'autres livres de Paul Auster: La nuit de l'oracle: Sylire, GrominouMr Vertigo: Papillon, Chimère, Dans le scriptorium: Praline, Katell, Moon Palace: Amanda, Léviathan: Kathel,
 

Pour le 1er janvier, sur le thème du polar historique, nous lirons La femme en blanc de Wilkie Collins. Déjà lu il y a plusieurs années pour ma part, je ne sais pas encore si je le relis ou si je lis autre chose.

Pour le 1er mars, nous avons décidé de fêter le Prix Nobel de Littérature de JMG Le Clézio: lecture libre autour de cet auteur (ou d'un autre Prix Nobel de Littérature français si vous êtes allergiques.

Pardon pour ce billet-fleuve!!

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01 septembre 2008

Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil

sud_fronti_rePour cette édition du blogoclub consacré au Japon, nous avions choisi de lire Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, de Haruki Murakami traduit par Corinne Atlan chez 10/18.

Première phrase: "Je suis né le 4 janvier 1951."

Vous qui n'avez pas encore lu ce court roman, je vous en conjure: ne lisez pas la quatrième de couverture, elle en dit trop. Enfin à mon avis. A la lecture des 100 premières pages, j'ai vraiment regretté d'avoir lu le résumé. La surprise était complètement gâchée.

Je ne sais pas trop comment tourner ce billet, car ce livre me laisse des impressions bien contradictoires. Je l'ai lu presque d'une traite: je l'ai commencé un jour à 16h, je l'ai terminé aux alentours de minuit. Donc c'est qu'il y a quelque chose dans l'écriture, dans les personnages, dans l'histoire, qui m'a captivée.

Mais je ne sais pas trop quoi penser du fond du roman: cela ressemble à une justification un peu facile de l'adultère, et les réactions des personnages me semblent assez peu réalistes. Ce n'est pas une belle histoire. J'ai trouvé ça assez pathétique, en fait, et il n'y a pas un seul des personnages principaux qui trouve grâce à mes yeux. D'autre part, j'ai senti qu'il y avait des symboles, des choses à comprendre entre les lignes, une sorte de morale peut être, mais je n'ai pas compris. Comme si ce roman ne s'adressait pas vraiment à moi, en fait. En plus, le mystère autour du personnage féminin principal n'est pas dissipé, et cela m'agace un peu plus.

Enfin, je suis surtout déçue par le manque de Japon. Si on modifie le nom des personnages, ce roman pourrait se passer dans n'importe quel pays occidental. Or j'avais envie d'être dépaysée, de me sentir vraiment au pays du soleil levant, et c'est bien là que réside ma plus grande déception.

Un passage m'a pourtant particulièrement touché dès le tout début du roman:

"Moi, pourtant, j'étais un enfant unique. J'en ressentis un complexe d'infériorité tout au long de mon enfance. Mon existence avait une particularité: j'étais privé d'une chose que les autres possédaient et considéraient comme naturelle.
Petit, je ne supportais pas le terme de "fils unique". Chaque fois que je l'entendais, je prenais conscience de ce qui me manquait. Cette expression était comme un doigt tendu vers moi pour me dire: "Tu es un être incomplet."
Dans le monde où je vivais, il était communément admis que les enfants uniques étaient gâtés,faibles, et terriblement capricieux. C'était là une sorte de loi divine et naturelle, du même ordre que "Les vaches donnent du lait" ou "Plus on monte en altitude plus la pression de l'air diminue"."

Ma note:7/10
(mais pourquoi l'ai-je lu si rapidement en dépit de tous les défauts que je lui trouve?)

Les autres avis du club:(ne viendra que dans quelques jours en ce qui me concerne, car aujourd'hui, c'est ma rentrée des classes!): Sylire, Bladelor, Clochette, Karine, Yvon, Julia, Grominou, Antigone, Soie, MaliceNina, Fanyoun, Alex, Flo, Virginie, Mammig, Arlette, Cathe, Catherine, Gambadou, Karine, Katell, Martine, Orichan, Patacaisse, Taylor, VefaPraline, Mirontaine,

Voir aussi le billet de Chimère, Florinette a lu Le passage de la nuit et Papillon et Sandrounette Kafka sur le rivage du même auteur. Quant à Kathel, elle a lu La brocante Nakano de Hiromi Kawakami

Pour le 1er novembre, sur le thème des Etats-Unis, nous lirons (enfin, vous lirez, parce que moi je l'ai déjà lu):Brooklyn Follies, de Paul Auster.

Le thème du 1er janvier est: le polar historique. Nous attendons vos propositions à l'adresse du blogoclub: lecturecommune@yahoo.fr .

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01 juillet 2008

Prodigal Summer

prodigal_summerPour cette nouvelle édition du blogoclub placée sous le signe des vacances et du dépaysement, j'ai donc lu Prodigal summer de Barbara Kingsolver chez Faber and Faber (titre en français: Un été prodigue).

 

Première phrase: "Her body moved with the frankness that comes from solitary habits."

 

J'avoue sans honte que je n'avais jamais entendu parler de cette auteure avant le vote du club, même s'il semble qu'elle jouisse d'une certaine notoriété, et que certains lecteurs-bloggeurs ont déjà lu toute son oeuvre.

 

Il m'aura fallu trois bonnes semaines pour achever ma lecture, mais n'allez pas en déduire que je n'ai pas aimé. Car au contraire, ce roman m'a vraiment séduite. Si a priori il ne se rattache que d'un peu loin au thème (il se déroule le temps d'un été), il m'a vraiment dépaysé et fait des vacances dans mes révisions!

 

Trois femmes, trois histoires dans ce roman, un chapitre concernant chacune à tour de rôle. Deanna, femme mûre retirée de la civilisation, garde forestier qui vit en recluse dans une cabane à flanc de montagne. Lusa, jeune veuve, se retrouve coincée dans la ferme de son jeune mari soudainement décédé, sous le regard accusateur de ses nombreuses belles-sœurs, et du reste du comté qui se demande ce que va faire la citadine maintenant qu'elle n'a plus vraiment de raison de rester. Et Nannie, une dame un peu âgée mais tellement dynamique et moderne qu'elle fait tourner son voisin en bourrique. Trois femmes, mais également trois hommes, deux vivants et un mort, et des relations différentes qui se nouent dans chaque tandem. Et sur ces trois histoires plane l'ombre du coyote, des insectes et de l'amour de la nature.

 

Il va sans dire que ces personnages ont quand même quelques liens entre eux, même si le dénouement n'est pas celui auquel je m'attendais (je voyais venir une sorte de scène chorale, où les trois femmes se retrouvent en présence les unes des autres). Mais finalement, ce n'est pas très important: ces trois histoires sont tellement fortes, tellement captivantes (notamment celles de Deanna et de Lusa) qu'elles se suffisent à elles-mêmes, elles n'ont pas vraiment besoin d'être reliées entre elles.

 

Les chapitres consacrés à Deanna m'ont vraiment fait rêver, tant je me disais que cette femme a sans doute raison, et que le bonheur quotidien qu'elle a su créer est d'une qualité absolument incomparable. Ceux consacrés à Lusa m'ont émue, et je suis contente de voir qu'une intrigue que je voyais se dessiner à ma grande horreur a finalement trouvé un dénouement qui me convient (un peu vague, mais je ne voudrais pas vendre la mèche). Quant à Nannie, son histoire est attendrissante et amusante, grâce au personnage du vieux ronchon de Garnett, son voisin veuf, et vient apporter un peu de folie dans ce roman.

 

Seule l'histoire de Nannie connaît d'ailleurs une vraie fin, les deux autres histoires restent elles en suspens, comme si c'était maintenant à nous d'imaginer la vie des deux femmes, et de leur choisir des destinées suivant notre nature, optimiste ou pessimiste. J'aime cette non-fin.

 

Bref, un bilan positif de ce roman qui est pour moi une vraie découverte, et qui me donne envie de me pencher sur l'œuvre de Barbara Kingsolver. Merci donc à la bloggeuse qui nous avait proposé ce titre, une fois encore le club a pleinement rempli son rôle en ce qui me concerne: celui de l'ouverture et des bonnes surprises!

Ma note: 8.5/10

Les avis des participants du blogoclub:Sylire, Malice, Tamara, Anjelica, Karine, Ori, Yvon, Antigone, Clochette, Kattylou, Praline, Lou, Florinette, Arlette, Martine, Kathel, Nina, Wakinasimba, Suzel, Catherine,
 

Chimère et Cathe n'ont même pas pu le finir tellement cela leur tombait des mains.
 

Papillon, Belledenuit et Valériane ont lu Une rivière sur la lune, Beatrix a lu Les yeux dans les arbres, Sully (notre deuxième garçon!) a lu L'arbre aux haricots.

Joëlle a choisi de lire Quatre filles et un jean deAnn Brashares.

Pour le 1er septembre, sur le thème du Japon, nous lirons:Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil de Haruki Murakami.

Vous pouvez envoyer vos propositions pour le 1er novembre, sur le thème des Etats-Unis (élections présidentielles obligent) à lecturecommune@yahoo.fr .

PS du 02/07/08: Vous êtes plusieurs à vous "espanter" de voir que je lis en anglais. En effet, j'essaie autant que possible de lire des romans en VO, mais je suis souvent freinée par le prix (les poches en anglais sont beaucoup plus chers qu'en français) et la disponibilité, même si les bibliothèques des grandes villes ont en général de très beaux rayons en VO. En même temps, mon mérite n'est pas si grand: j'ai fait des études d'anglais, et je suis titulaire d'un "DESS de traduction et traductologie pour l'édition et le marché du livre" en anglais. En gros, j'aurais pu être traductrice littéraire, si j'avais trouvé un boulot là-dedans. Donc encore heureux que je puisse lire les bouquins en anglais! De plus, je me force un peu à lire quelques romans en anglais tous les ans, tout simplement afin de maintenir mon anglais! Parce qu'après 3 ans loin des bancs de la fac et aucune excursion en pays anglophone, à mon avis j'aurais beaucoup perdu autrement!
Si vous parlez un petit peu une langue étrangère et que vous êtes intéressés par une lecture en vo, un seul conseil: lancez vous! Trouvez un livre qui vous intéresse pour le fond: rien de tel qu'une histoire captivante pour aller au-delà des difficultés de la langue. Surtout ne vous jetez pas sur le dictionnaire à chaque mot inconnu: même si il y a une phrase entière que vous en comprenez pas, vous comprendrez quand même l'essentiel de l'intrigue.

Si certains d'entre vous sont vraiment intéressés par la lecture en vo, contactez-moi par mail (llisa2433@yahoo.fr) et je vous enverrai la liste des titres que l'on m'a fait lire au lycée, en anglais (plusieurs) et en espagnol (un seul).

Posté par llisa2433 à 06:57 - Club de lecture - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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