A mon humble avis...

Des livres, de la cuisine, des films, des émissions télé et radio... et la vie édifiante de Sainte Lisa en Euskadi!

29 novembre 2009

The murder room

murder_roomJ'ai lu The Murder Room de PD James chez Penguin (titre en français: La salle des meurtres).

Première phrase: "On Friday 25 October, exactly one week before the first body was discovered at the Dupayne Museum, Adam Dalgliesh visited the museum for the first time."

The Murder Room, c'est la salle la plus excitante du Dupayne Museum, un musée consacré à l'Angleterre de l'entre-deux-guerres. Cette pièce est en effet consacrée aux faits divers les plus marquants de ces années, et contient quelques pièces uniques, telle la malle dans laquelle on retrouva le cadavre d'une malheureuse tuée par son amant.

 

Le Dupayne Museum va fermer, puisque c'est ce qu'a décidé Neville Dupayne contre l'avis de son frère et de sa soeur, et contre les aspirations des quelques employés du musée familial. Mais Neville meurt brulé vif dans sa voiture, suivant le scénario employé lors d'un des meurtres présentés dans la Murder Room. Ceux que sa mort arrange sont nombreux, alors comment trouver le coupable? D'autant plus que ce meurtre horrible n'est pas le seul à se dérouler dans le Dupayne Museum.

 

Alors le Commander Adam Dalgliesh, aidé par son équipe, vient se mêler des affaires de la famille Dupayne, afin de trouver qui est le suspect le plus ... suspect.

 

Ce polar est so british que c'en est presque un exercice de style: on n'est pas loin du cluedo, pas loin non plus d'Agatha Christie... mais ça fonctionne. Je ne sais pas ce qui m'a particulièrement plu dans ce roman, ce que je sais, c'est que je me suis tapée ses 500 pages en VO en quelques soirs à peine, et qu'il m'a fait retarder l'heure du coucher à plusieurs reprises. J'en déduis donc que ce roman est réussi, et que je l'ai bien aimé. Pourtant, je ne suis pas sûre qu'il m'en reste beaucoup de souvenirs dans quelques semaines.

Ma note: 8/10

C'est LN qui m'avait offert ce roman à l'occasion du London Swap, je l'en remercie une fois de plus!

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19 septembre 2009

Breakfast at Tiffany's

41P5WR2YKQLJ'ai lu récemment Breakfast at Tiffany's de Truman Capote chez Penguin.

Première phrase: "I am always drawn back to places where I have lived, the houses and their neigbourhoods."

J'ai choisi ce livre car j'avais beaucoup aimé De sang-froid du même auteur. Je me disais en plus qu'en VO, je savourerais encore plus sa plume. Ce que je ne savais pas, c'est qu'il s'agissait d'un recueil de quatre nouvelles, la plus longue étant la nouvelle éponyme.

Bizarrement, ce n'est pas celle qui m'a le plus emballée. Voire c'est au contraire celle que j'ai le moins aimée. Je l'ai lu sans avoir aucune idée de l'intrigue, et si je connaissais le nom de Holly Golightly, j'avais imaginé une toute autre ambiance.

Par contre, je me suis beaucoup amusée avec House of Flowers, qui m'a fait pensé à Chronique d'une mort annoncée sans trop savoir pourquoi, A diamond Guitar, qui peut être mis en relation avec De sang froid, et surtout A Christmas memory.

C'est sans doute mon côté émotif qui parle, mais quelle jolie et émouvante histoire d'amitié entre un petit garçon et une vieille fille excentrique, qui économisent le moindre sou pour confectionner des gâteaux de noël à offrit à tous ceux qui le méritent... A savoir que le petit Truman a en partie été élevé par trois vieilles cousines célibataires, et cette nouvelle est sans doute une réminiscence de son enfance.

Au final, le bilan reste quand même très positif, d'autant plus que la lecture se termine en beauté avec a Christmas memory.


Ma note: 8.5/10

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PS1: Juste avant de lire ce recueil, j'ai regardé le film Truman Capote de Bennett Miller avec Philip Seymour Hoffman dans le rôle titre. Un numéro d'acteur dans la même veine que Sylvie Testud en Françoise Sagan, mais que je n'ai pas pu regarder en VO sans sous-titres car PSH parle avec une voix aiguë à 100 000 à l'heure... J'ai adoré ce film, et en plus dedans il y a Harper Lee, qui était une amie d'enfance de Truman Capote. Comme le monde est petit!


PS2: Je suis très peu présente en ce moment car ma rentrée est quelque peu sportive, je lis beaucoup moins que ces derniers temps, mais je ne désespère pas de retrouver du temps pour tout.



22 août 2009

World without end

world_without_endJ'ai lu World without end de Ken Follet chez Signet (titre en français: Un monde sans fin).

 

Première phrase: "Gwenda was eight yeras old, but she was not affraid of the dark."

 

Ce roman est souvent présenté comme la suite de The pillars of the earth (Les piliers de la terre), du même auteur. Cependant, si l'histoire se déroule dans la même ville de Kingsbridge et met en scène des descendants lointains des premiers héros, il peut se lire de manière complètement indépendante. Voire le lecteur gagnerait à oublier le premier opus avant de lire le second.

 

Je m'explique: lorsque j'ai lu le premier, j'avais manifesté le désir de lire rapidement la suite. Un certain nombre d'entre vous m'avait mise en garde et m'avait conseillé d'attendre un peu. J'étais toute disposée à suivre ces conseils avisés, sauf que je suis tombée en panne de lecture pendant mon voyage en Norvège. Et la petite librairie de Vaga ne proposait que quelque titres en anglais, dont celui-ci (parce que le norvégien, je ne maîtrise pas vraiment). Alors je me suis laissée tenter.

 

Comme pour le précédent opus, cela fonctionne: les pages se tournent toutes seules (heureusement, parce que 1025 pages dans mon édition poche écrite tout petit, quand même). On s'attache aux personnages principaux, on se passionne pour les disputes incessantes entre le prieuré et la guilde, on déteste les méchants, on compatit aux malheurs des gentils. Et évidemment le Moyen Âge, que du bonheur.

 

Mais. Mais on retrouve des personnages très proches de ceux des Piliers (le méchant, très méchant chevalier). Mais l'auteur a tendance à tomber dans les péripéties faciles, trop grosses et inutiles dans les 300 dernières pages. Mais les réactions de certains personnages me semblent difficile à imaginer dans la réalité. Mais il fait vivre trop de choses à son héroïne Caris.

 

Donc si j'ai beaucoup aimé cette lecture, un certain nombre de reproches viennent en assombrir la fin. Je pense que l'auteur aurait du se contenter de 700 ou 800 pages, sans vouloir en faire trop. En in, certaines complications de l'histoire ne trouvent de justification que si une suite (une vraie suite, ce coup-ci, avec les mêmes personnages) est prévue. Mais si elle fait 1000 pages de mieux, il se pourrait que je la lise en diagonale...

Ma note: 7,5
(parce que malgré tous les reproches que je lui fais, c'est quand même un bouquin très sympa à lire)

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07 juillet 2009

Triptych

triptychJ'ai lu Triptych de Karin Slaughter chez Arrow Books (titre en français: Triptyque).

 

Première phrase: "Detective Michael Ormewood listened to the football game on the radio as he drove down DeKalb Avenue toward Grady Homes."

 

Le roman débute en mêlant plusieurs histoires: d'une part, Michael est appelé sur une scène de meurtre éprouvante. On a en effet retrouvé une prostituée assassinée dans les escaliers d'un immeuble, et détail horrible, son meurtrier lui a coupé la langue. Ce n'est d'ailleurs pas la première victime que l'on retrouve sans langue... D'autre part, vingt-et-un ans plus tôt, un jeune looser alors âgé de seize ans, John Shelley, est condamné pour le viol et le meurtre de sa voisine.

 

Difficile d'en raconter plus sans spoiler quoi que ce soit, car cet excellent polar est basé sur une intrigue que je n'avais encore jamais rencontrée dans ce genre de roman. Bravo Miss Slaughter, l'idée est géniale. En plus, on rencontre dans ce polar deux personnages qu'il serait dommage de louper: deux policiers écorchés par la vie, un homme et une femme, qui jouent à je-t'aime-moi-non-plus tout en résolvant l'intrigue policière. Pourtant, je déteste d'habitude les histoires d'amour qui viennent polluer les romans policiers, mais ces deux-là sont vraiment à part!

 

J'ai eu un tout petit peu de mal à rentrer dans l'histoire au tout début, mais une fois qu'on y est, impossible de reposer le livre! Une fois de plus, j'ai trouvé ce polar d'une très grande qualité, tant pour l'intrigue que pour les personnages. Un des meilleurs que j'ai lu dernièrement. Il existe d'ailleurs une suite mettant en scène les mêmes personnages: Fractured, sorti en 2008, pas encore traduit en français. Auteure à surveiller!

Ma note: 9/10

PS: J'ai du mal à croire que Slaughter soir le vrai nom de l'auteur.e En effet, "slaughter" veut dire massacre, boucherie... Drôlement approprié pour quelqu'un qui raconte des meurtres horribles!

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01 juillet 2009

We were the Mulvaneys

we_were_mulvaneysPour cette nouvelle édition du blogoclub consacrée à la famille, j'ai donc lu We were the Mulvaneys de Joyce Carol Oates chez Fourth Estate (titre en français: Nous étions les Mulvaney).

 

Première phrase: "We were the Mulvaneys, remember us?"

 

Judd Mulvaney est le petit dernier d'une famille heureuse de quatre enfants: il vit avec son père Michael et sa mère Corinne, ses frères Mike Jr et Patrick, sa soeur Marianne. Ils vivent dans une maison incroyable, perchée au sommet d'une colline, et entourée d'une myriade d'animaux domestiques. Michael est un entrepreneur, un vrai self-made-man à l'américaine, respecté et apprécié de toute la petite communauté de Mt Ephraim. Corinne est plus originale, mais sa bonne humeur inoxydable en fait une mère adorable. Mike "Mule" Mulvaney est le sportif adoré de son lycée, Patrick a tout d'un petit génie, et la jolie Marianne est pom-pom girl et très populaire dans son lycée. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes chez les Mulvaney, à tel point que ça commençait à me lasser un peu, La mélodie du bonheur...

Mais évidemment, l'Homme n'est pas voué à passer sa vie dans l'Eden, et là-encore la Faute originelle est due à une femme: un soir de bal de Saint Valentin, alors qu'elle assiste à diverses soirées données par des camarades de lycée, quelque chose arrive à Marianne. Quelque chose d'horrible, et pourtant plutôt banal dans un roman américain. Mais ce qui est moins banal, c'est l'impact de ce drame sur la si parfaite famille Mulvaney.

 

Je ne voudrais pas gâter la lecture de ceux qui ne l'ont pas encore lu,
alors je m'arrête là.

 

Cette lecture a été plutôt laborieuse en ce qui me concerne. Certes j'ai eu beaucoup de travail pendant que je le lisais, mais d'habitude cela ne constitue pas une excuse. Pourtant, j'ai plutôt aimé ce roman. Alors?

 

Alors, comme je l'ai déjà dit, le tableau de la famille parfaite m'a un peu lassé au bout d'un moment. Il était temps qu'il se passe quelque chose! Et ce qui se passe, ben ça n'a pas été une surprise. L'impression de lire toujours la même histoire dans les romans américains où il est question de lycéens. C'est ensuite que le roman a vraiment décollé, à mon avis. La manière qu'ont les parents de réagir est pour le moins inattendue au vu du tableau parfait qui nous avait été dressé. Et là, on tombe dans une autre histoire.

 

L'histoire d'un engrenage de bonheur qui s'enraye et qui entraîne l'implosion de la machine entière. L'histoire d'une jeune fille qui porte une poids de la culpabilité pour une chose dont elle n'est pas la coupable. L'histoire d'une femme qui a tellement d'amour pour son mari qu'elle en oublie d'en garder pour ses enfants. L'histoire de frères qui ne savent plus où se situer dans cette famille qui n'est désormais qu'une constellation de gens malheureux.

Donc pour moi, l'histoire commence réellement p 187. Et j'ai trouvé que les 186 premières pages auraient pu tenir en, disons, 50. C'est le gros reproche que je ferais à ce livre. A part ça, j'ai beaucoup aimé le reste du livre, je l'ai trouvé évidemment très émouvant. La fin est assez ambivalente à mon avis, car si le livre "se finit bien", le personnage de la mère n'est pas excusable à mes yeux.

Ma note: 8/10

Les avis du club: Sylire, Gambadou, Jumy, Grominou, Cléanthe, Françoise, Ori, Keisha, Manu, Denis, Thais, Papillon, Martine, Marie, Soie, Thracinee, Taylor, Chimère, Armande,Catherine, Cléanthe, Nina,

Kathel , Praline et Ankya ont lu Délicieuses pourritures, Stephie a lu Viol, Alice et Annie ont lu Nulle et grande gueule, et Annie a également lu Je vous emmène, tous ces titres de Joyce Carol Oates.

Sur le thème de la famille, Lou a lu La troisième Miss Symons, et Nanne a lu Malavita de Tonino Benaquista.

Pour le 1er septembre, sur le thème du Canada francophone, nous lirons La tournée d'automne, de Jacques Poulin.

Pour le 1er novembre, lecture libre autour de Boris Vian!

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21 juin 2009

A concise Chinese-English dictionary for lovers

51SwUvSI3mLJ'ai lu A concise Chinese-English dictionary for lovers de Xiaolu Guo chez Vintage Books (titre en français: Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants).

Première phrase: "What are you thinking?"

Z., une jeune chinoise de 23 ans au nom imprononçable, vient apprendre l'anglais à Londres pendant une année d'étude. Très rapidement, elle rencontre un sculpteur de vingt ans son aîné, et elle part s'installer chez lui. Mais les difficultés de la langue s'ajoutent aux difficultés culturelles, sans parler des difficultés inhérentes à toute histoire d'amour.

J'ai au départ été beaucoup gênée par l'anglais très particulier de Z. Au début du livre (et de son voyage), elle parle un anglais qui lui est tout personnel, les mots juxtaposés sans aucune marque grammaticale (ou alors, erronées!). Je me demande si ce n'est pas encore plus difficile à lire pour quelqu'un dont l'anglais n'est pas la langue maternelle? Heureusement, on s'habitue, et l'anglais de Z. s'améliore au fil du temps (et des pages).

Ça, c'était ma première critique. Ensuite, j'ai été un petit peu déçue par le contenu. Je m'attendais à plus de chocs culturels entre les deux amants, et hormis les passages consacrés au sexe, il n'y a pas trop matière à réflexion quant aux différences culturelles. Quant à l'histoire d'amour, je l'ai trouvée au départ très factuelle, et a peu suscité d'émotions en moi. Mais les choses s'améliorent sur le dernier tiers du roman, ce qui explique que j'ai lu ce roman sans déplaisir, au contraire. Cependant, j'en attendais quand même beaucoup plus.

Ma note: 7/10

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11 mai 2009

The pillars of the earth

5105Y4BTXELJ'ai lu dernièrement The Pillars of the Earth de Ken Follet chez Pan (édition différente de l'illustration). Titre en français: Les piliers de la terre.

 

Première phrase: "The small boys came early to the hanging."

 

En Angleterre, au XIIe siècle, Tom est un bâtisseur. Il erre sur les routes avec sa femme enceinte, et ses enfants Martha et Alfred. Il rêve de construire une cathédrale, mais les temps sont durs. Si durs qu'il ne trouve de travail nulle part, et que la survie de la famille est menacée. Sa route croise alors celle d'Ellen et de son fils Jack, des créatures de la forêt. Grâce à ce dernier, Tom peut enfin réaliser le rêve de sa vie: bâtir la cathédrale de Kingsbridge, sous la houlette du prieur Philip.

 

Bon ça, ce n'est que le tout début du roman. Car c'est un énorme pavé de plus de 1000 pages, mais qui se dévore comme qui rigole, à tel point qu'on pourrait encore en lire 1000 de plus avec grand plaisir. Je ne voudrais pas trop en raconter, je me contenterai simplement de dire qu'au cours des décennies, nous suivons les tribulations de Jack d'une part, d'une jeune femme courageuse nommée Aliéna, du terrible William, et du respectable prieur Philip.

 

Car une des forces de ce roman est sans conteste la richesse de sa galerie de personnages, qui suscite tous des sentiments tranchés, aucun ne pouvant laisser indifférent. Certains d'entre eux se payent même le luxe d'être plus ou moins sympathiques au fil du temps, au gré des événements. Un autre point fort est l'impression d'être au cœur des choses, de prendre part à l'évolution du village de Kingsbridge.

 

Bref, un roman que j'ai adoré, une vraie fresque historique qui même habillement histoire de l'Angleterre et histoires personnelles des personnages. Il me tarde déjà de lire la suite, World without End (Un monde sans fin), qui se passe à Kingsbridge au XIVeme siècle, et qui met en scène les descendants des personnages de ce roman.

Ma note: 9/10
(j'aurais poussé à 9,5 si le personnage du méchant, William, avait été un peu plus nuancé,
ce qui aurait rendu ses combats avec les autres personnages encore plus profonds)

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23 janvier 2009

The babes in the wood

babes_in_woodJ'ai lu The babes in the wood de Ruth Rendell chez Arrow books (titre en français: Promenons-nous dans les bois).

 

Première phrase: "It was warm enough to be outdoors enough at ten and not feel a chill."

 

Dans le sud de l'Angleterre, l'inspecteur Wexford a fort à faire: les inondations menacent son domicile, et il doit résoudre une affaire pour le moins mystérieuse. Deux adolescents et leur baby-sitter disparaissent un soir: qui a amené qui et où, voire qui a tué qui et pourquoi? Sa vie se complique encore lorsque sa fille lui présente un nouveau petit ami, tandis qu'il ne peut pas compter sur la sympathie des parents des adolescents disparus...

 

J'ai découvert Ruth Rendell il y a quelques années avec A judgement in stone (en français: L'analphabète, dont a été tiré le film La cérémonie de Claude Chabrol), que j'avais adoré. Puis l'an dernier j'ai lu L'arbousier, dans un style tout à fait différent. Et ce troisième roman se rapproche plus, par l'ambiance de A judgement in stone.

 

J'ai aimé ce roman non pas pour son intrigue policière, mais justement pour l'ambiance qui y règne, pour les personnages, et pour l'attention portée à la vie personnelle de l'inspecteur Wexford. En cela, ce roman m'a fait penser aux deux romans de la série des Kurt Wallander (Henning Mankell) que j'ai lus.

 

L'intrigue ne m'a pas trop convaincue: j'ai un peu deviné qui avait fait quoi, et de toute façon je n'ai pas l'impression que l'auteure ait particulièrement soigné cet aspect du roman. Dont je garderai un bon souvenir malgré tout!

Ma note: 7,5/10

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14 novembre 2008

We need to talk about Kevin

kevinJ'ai lu dernièrement We need to talk about Kevin de Lionel Shriver chez Serpentstail (titre en français: Il faut qu'on parle de Kevin).

 

Première phrase: "Dear Franklin, I'm unsure why one trifling incident this afternoon has moved me to write to you."

 

Il y a des livres que l'on lit pour se distraire, pour se changer les idées. Il y a des livres que l'on lit pour se cultiver, pour se renseigner sur des sujets qui nous intéresse. Et puis il y a des livres que l'on lit car une fois qu'on les a ouvert, ils nous racontent ce qu'aucun autre ne nous a raconté.

 

C'est ce que j'ai ressenti à la lecture de ce roman. Je savais qu'il était question d'une tuerie perpétrée par un adolescent dans son lycée. Dès les premières pages, j'ai compris la forme du roman: la mère écrit des lettres au père à propos du fils meurtrier. Mais ce que je ne savais pas, ce que j'ai découvert peu à peu, c'est l'horreur du propos, et la maestria de l'auteure (qui, entre nous soit dit, est une femme, ce que j'ignorais complètement).

 

Un enfant peut-il être méchant de naissance? Non pas méchant parce qu'il ne veut pas ranger sa chambre, mais un véritable monstre? Si j'ai choisi le métier que je fais, c'est justement parce que je crois en la bonté naturelle de l'enfant, et que je crois que ce sont les souffrances physiques ou morales, volontaires ou involontaires, infligées par les adultes ou la société qui peuvent ensuite conduire quelqu'un à devenir "méchant". Que mon propos soit bien clair: à la fin de ma lecture, mon avis n'a pas changé d'un millimètre. Mais cette certitude que je porte en moi a forcément orienté ma lecture, puisque je ne pouvais pas accepter d'adhérer complètement aux propos de la mère.

 

Car, dans ce roman, la mère nous laisse entendre une autre musique. Et je dois dire que je l'ai trouvé particulièrement effrayante, d'autant que je ne l'avais jamais imaginée. Et cette musique est fort intéressante, car elle pose bien des questions: est-ce l'enfant qui est monstrueux, et la mère nous le raconte, où est-ce la mère qui est monstrueuse de ne pas avoir d'affection pour l'enfant et de nous le présenter en monstre? En d'autre termes, à qui la faute de l'issue fatale? Mais cette question, la mère se la pose également, et la réponse n'est pas contenue dans les pages du roman. Doit-on faire complètement confiance à cette femme, où doit-on tempérer ses propos par ceux qu'elle attribue au père? Voilà ce que j'ai trouvé magistral dans ce roman: cette incertitude permanente, ce doute omniprésent qui donne à ce drame singulier une portée universelle.

Ma note: 9/10

D'autres avis: La conjuration des livres, Clochette, Jules, Papillon, Kathel, Sole...

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C'était ma dernière lecture pour le défi de lecture 2008 Le Nom de la Rose, le récapitulatif est ici.

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01 novembre 2008

The New York Trilogy

ny_trilogyPour cette nouvelle édition du Blogoclub, j'ai choisi de lire The New York Trilogy de Paul Auster chez Faber and Faber (titre en français: La trilogie new-yorkaise).
En effet, j'ai déjà lu Brooklyn Follies, que j'avais adoré par ailleurs, vous pouvez aller voir mon billet enthousiaste.

 

Première phrase: "It was a wrong number that started it, the telephone ringing three times in the dead of night, and the voice on the other end asking for someone he was not."

 

Comme l'indique le titre, cette oeuvre est en fait composée de trois récits: "City of glass", "Ghosts" et "The locked room". Dire que le lien entre ces trois récits est subtil serait un euphémisme. En fait, j'ai eu l'impression de lire trois choses distinctes jusqu'à quelques pages avant la fin, où j'ai senti que normalement tout devrait s'éclairer. Mais pour être honnête, je n'ai pas complètement compris les subtilités.

"City of glass", d'abord. Qu'est-ce que j'ai eu comme mal à lire la grosse centaine de pages! Etait-ce moi qui était trop ailleurs, obnubilée par ma rentrée, était-ce ce bouquin qui est trop intellectuel pour mon pauvre petit cerveau, mais en tout cas on ne peut pas dire que cela se soit fait sans mal. Un indice infaillible en ce qui me concerne: j'ai mis bien 15 jours pour le lire... pas très bon signe.

Pourtant, je n'ai rien à redire à l'histoire: suite à un faux numéro, un auteur de roman policier, Quinn, se fait passer pour le détective privé Paul Auster. Son nouveau client est bien mystérieux: il s'agit d'un homme riche, victime dans son enfance des expériences mystiques de son père, qui l'a gardé enfermé pendant des années pour voir si par hasard il ne se mettrait pas à parler le langage de Dieu. Condamné à la prison ferme, le prère s'apprête à sortir, et le fils maintenant adulte mais plein de séquelles a peur qu'il ne veuille le tuer. Quinn/Auster doit donc surveiller le père et l'intercepter si nécessaire. S'engage alors une curieuse filature au ralenti.

 

Je n'en dis pas plus car je ne veux pas spoiler, mais disons que ça se finit un peu bizarrement. Style je n'avais rien vu venir, et je suis un peu sceptique. Sans parler des digressions d'Auster (le vrai, l'auteur du livre dont je parle) sur la tour de Babel and so on, qui sont certes érudites mais à mon goût beaucoup trop longues et mal intégrées au récit.

"Ghosts", ensuite. Là, les choses se sont nettement améliorées pour moi, et ma lecture s'est accélérée. Blue est engagé par White pour surveiller Black. Jusque là, tout va bien, si ce n'est que ce jeu sur les noms des personnages m'a semblé un peu téléphoné à cause de Reservoir dogs, mais en fait je crois qu'Auster a l'antériorité, alors rendons à Paul ce qui lui appartient. Il n'empêche, j'ai quand même levé les yeux au ciel.
Blue, la tête pleine de sa fiancée, part loger Black. Travail d'autant plus facile que celui-ci ne fait rien. Enfin si, il fait plein de choses: il écrit, il lit, il sort faire ses courses. So exciting pour un jeune détective privé plein de fougue. Alors Blue se demande qui peut bien être cet homme terne qu'il doit surveiller, et pourquoi il doit le surveiller. Et se demande si finalement, ce n'est pas lui qui serait surveillé. Mais par qui, par White ou par Black?

 

Encore une fois, la fin est assez radicale. J'ai beaucoup plus aimé cette histoire un peu sans queue ni tête, même si à nouveau j'ai eu l'impression de passer complètement à côté du propos de l'auteur, de la signification réelle de ces pages.

 

Et pour finir, "The Locked Room". Ma lecture est allée crescendo, et je me suis sentie beaucoup plus à l'aise avec cette dernière partie, même si j'ai loupé quelques détails. Le narrateur est contacté par l'épouse d'un de ses amis d'enfance, Fanshawe. Celui-ci a disparu il y a plusieurs mois, et avant sa disparition il avait demandé à sa femme de confier au narrateur ses écrits s'il lui arrivait quelque chose. Le narrateur, très surpris, accepte ce rôle d'éditeur, et fait publier ce qui s'avère être une réelle oeuvre littéraire. Et s'éprend de la jeune épouse délaissée/veuve potentielle (qui, soit dit en passant, avait engagé le détective Quinn pour retrouver son mari fugueur/mort). Si Fanshawe devient pour le nouveau couple une manne financière, son absence et les interrogations qui l'entourent deviennent une omniprésence très pesante. Surtout quand le narrateur est engagé à écrire la biographie du génie disparu.

 

Là, j'ai vraiment aimé. Encore une histoire un peu tordue, mais vraiment prenante et dont on a envie de connaître la fin: où est Fanshawe? est-il mort ou a-t-il disparu de son plein gré? si oui, pourquoi? On sent qu'il s'agit d'un texte qui mériterait une relecture attentive, presque universitaire tant il m'a paru riche sur un plan presque métaphysique. La lecture de cette dernière partie m'a convaincue du bien-fondé de ma lecture, ce dont je doutais un peu suite au fiasco de la première partie et du résultat en demi-teinte de la deuxième. Cependant, cette oeuvre est extrèmement différente de Brooklyn Folllies, qui reste largement mon préféré!

Ma note: 7/10

Vos avis sur Brooklyn Follies: Sylire, Karine, Florinette, Keisha, Jules, Wakinasimba, Karine, Armande, Nina, Soie, Joelle, Catherine, Clochette, Cathe, Anjelica, Antigone, Alice, Belledenuit, Karine et ses livres, LaetitiaOri, Mammig, Sandrounetta, Argantel, Martine, Sophie, Taylor, Anne-Claire, Arlette, Cecile, Suzel,
 

Vos avis sur La trilogie New-Yorkaise: Tamara,

D'autres livres de Paul Auster: La nuit de l'oracle: Sylire, GrominouMr Vertigo: Papillon, Chimère, Dans le scriptorium: Praline, Katell, Moon Palace: Amanda, Léviathan: Kathel,
 

Pour le 1er janvier, sur le thème du polar historique, nous lirons La femme en blanc de Wilkie Collins. Déjà lu il y a plusieurs années pour ma part, je ne sais pas encore si je le relis ou si je lis autre chose.

Pour le 1er mars, nous avons décidé de fêter le Prix Nobel de Littérature de JMG Le Clézio: lecture libre autour de cet auteur (ou d'un autre Prix Nobel de Littérature français si vous êtes allergiques.

Pardon pour ce billet-fleuve!!

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