06 décembre 2009
Les vies d'Emily Pearl
J'ai lu Les vies d'Emily Pearl de Cécile Ladjali chez Actes Sud.
Première phrase: "Je regarde le vent caresser les blés qu'on fauchera bientôt à Chichester."
J'ai choisi ce court roman, attirée par la couverture et une lecture rapide du quatrième de couverture, qui me promettait un "roman de genre" victorien détournant les codes du journal intime.
Nous lisons la prose d'Emily Pearl, préceptrice du jeune Terence au sein du domaine de son père, un lord veuf et ténébreux. Emily s'attache à l'enfant, hydrocéphale et condamné à moyen terme, tombe amoureuse du père, et s'ennuie un peu au sein du vaste domaine protégé du monde.
Son quotidien est rythmé par les lettres qu'elles reçoit de sa sœur Virginia, partie mener sa vie à Londres, puis en Amérique. Emily admire tellement sa sœur, qui a su s'affranchir de la coupe de leurs parents et des conventions pour chercher sa voie... mais la jeune fille a-t-elle la possibilité de faire de même, enfermée entre ses obligations, son attirance pour son patron, et l'avenir domestique tracé par ses parents?
Bon, eh bien autant le dire tout de suite, ce roman ne m'a pas vraiment emballée. En fait, il aurait pu m'emballer si la fin avait été plus forte. Je m'attendais à un gros retournement de situation, une révélation notamment concernant l'existence de sa sœur Victoria, mais en fait, rien. Disons que je m'attendais à un détournement du roman victorien, et cela n'a pas été le cas. Et ce roman n'est pas non plus un roman victorien, car à mon goût il y manque le style, la plume élégante. J'ai notamment été gênée à certains endroits par une succession de phrases très courtes, saccadées, là où j'attendais des phrases alambiquées aux multiples propositions.
Bref, pas une grande réussite en ce qui me concerne, pourtant je ne demandais qu'à me laisser convaincre.
Ma note: 5/10
En cherchant d'autres articles de blog parlant de ce roman, je me raconte que la majorité des bloggeurs a aimé ce court roman: damned, serais-je passé à côté d'un chef d'oeuvre? Si c'est le cas, tant pis pour moi, j'assume!
29 novembre 2009
The murder room
J'ai lu The Murder Room de PD James chez Penguin (titre en français: La salle des meurtres).
Première phrase: "On Friday 25 October, exactly one week before the first body was discovered at the Dupayne Museum, Adam Dalgliesh visited the museum for the first time."
The Murder Room, c'est la salle la plus excitante du Dupayne Museum, un musée consacré à l'Angleterre de l'entre-deux-guerres. Cette pièce est en effet consacrée aux faits divers les plus marquants de ces années, et contient quelques pièces uniques, telle la malle dans laquelle on retrouva le cadavre d'une malheureuse tuée par son amant.
Le Dupayne Museum va fermer, puisque c'est ce qu'a décidé Neville Dupayne contre l'avis de son frère et de sa soeur, et contre les aspirations des quelques employés du musée familial. Mais Neville meurt brulé vif dans sa voiture, suivant le scénario employé lors d'un des meurtres présentés dans la Murder Room. Ceux que sa mort arrange sont nombreux, alors comment trouver le coupable? D'autant plus que ce meurtre horrible n'est pas le seul à se dérouler dans le Dupayne Museum.
Alors le Commander Adam Dalgliesh, aidé par son équipe, vient se mêler des affaires de la famille Dupayne, afin de trouver qui est le suspect le plus ... suspect.
Ce polar est so british que c'en est presque un exercice de style: on n'est pas loin du cluedo, pas loin non plus d'Agatha Christie... mais ça fonctionne. Je ne sais pas ce qui m'a particulièrement plu dans ce roman, ce que je sais, c'est que je me suis tapée ses 500 pages en VO en quelques soirs à peine, et qu'il m'a fait retarder l'heure du coucher à plusieurs reprises. J'en déduis donc que ce roman est réussi, et que je l'ai bien aimé. Pourtant, je ne suis pas sûre qu'il m'en reste beaucoup de souvenirs dans quelques semaines.
Ma note: 8/10
C'est LN qui m'avait offert ce roman à l'occasion du London Swap, je l'en remercie une fois de plus!
22 août 2009
World without end
J'ai lu World without end de Ken Follet chez Signet (titre en français: Un monde sans fin).
Première phrase: "Gwenda was eight yeras old, but she was not affraid of the dark."
Ce roman est souvent présenté comme la suite de The pillars of the earth (Les piliers de la terre), du même auteur. Cependant, si l'histoire se déroule dans la même ville de Kingsbridge et met en scène des descendants lointains des premiers héros, il peut se lire de manière complètement indépendante. Voire le lecteur gagnerait à oublier le premier opus avant de lire le second.
Je m'explique: lorsque j'ai lu le premier, j'avais manifesté le désir de lire rapidement la suite. Un certain nombre d'entre vous m'avait mise en garde et m'avait conseillé d'attendre un peu. J'étais toute disposée à suivre ces conseils avisés, sauf que je suis tombée en panne de lecture pendant mon voyage en Norvège. Et la petite librairie de Vaga ne proposait que quelque titres en anglais, dont celui-ci (parce que le norvégien, je ne maîtrise pas vraiment). Alors je me suis laissée tenter.
Comme pour le précédent opus, cela fonctionne: les pages se tournent toutes seules (heureusement, parce que 1025 pages dans mon édition poche écrite tout petit, quand même). On s'attache aux personnages principaux, on se passionne pour les disputes incessantes entre le prieuré et la guilde, on déteste les méchants, on compatit aux malheurs des gentils. Et évidemment le Moyen Âge, que du bonheur.
Mais. Mais on retrouve des personnages très proches de ceux des Piliers (le méchant, très méchant chevalier). Mais l'auteur a tendance à tomber dans les péripéties faciles, trop grosses et inutiles dans les 300 dernières pages. Mais les réactions de certains personnages me semblent difficile à imaginer dans la réalité. Mais il fait vivre trop de choses à son héroïne Caris.
Donc si j'ai beaucoup aimé cette lecture, un certain nombre de reproches viennent en assombrir la fin. Je pense que l'auteur aurait du se contenter de 700 ou 800 pages, sans vouloir en faire trop. En in, certaines complications de l'histoire ne trouvent de justification que si une suite (une vraie suite, ce coup-ci, avec les mêmes personnages) est prévue. Mais si elle fait 1000 pages de mieux, il se pourrait que je la lise en diagonale...
Ma note: 7,5
(parce que malgré tous les reproches que je lui fais, c'est quand même un bouquin très sympa à lire)
21 juin 2009
A concise Chinese-English dictionary for lovers
J'ai lu A concise Chinese-English dictionary for lovers de Xiaolu Guo chez Vintage Books (titre en français: Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants).
Première phrase: "What are you thinking?"
Z., une jeune chinoise de 23 ans au nom imprononçable, vient apprendre l'anglais à Londres pendant une année d'étude. Très rapidement, elle rencontre un sculpteur de vingt ans son aîné, et elle part s'installer chez lui. Mais les difficultés de la langue s'ajoutent aux difficultés culturelles, sans parler des difficultés inhérentes à toute histoire d'amour.
J'ai au départ été beaucoup gênée par l'anglais très particulier de Z. Au début du livre (et de son voyage), elle parle un anglais qui lui est tout personnel, les mots juxtaposés sans aucune marque grammaticale (ou alors, erronées!). Je me demande si ce n'est pas encore plus difficile à lire pour quelqu'un dont l'anglais n'est pas la langue maternelle? Heureusement, on s'habitue, et l'anglais de Z. s'améliore au fil du temps (et des pages).
Ça, c'était ma première critique. Ensuite, j'ai été un petit peu déçue par le contenu. Je m'attendais à plus de chocs culturels entre les deux amants, et hormis les passages consacrés au sexe, il n'y a pas trop matière à réflexion quant aux différences culturelles. Quant à l'histoire d'amour, je l'ai trouvée au départ très factuelle, et a peu suscité d'émotions en moi. Mais les choses s'améliorent sur le dernier tiers du roman, ce qui explique que j'ai lu ce roman sans déplaisir, au contraire. Cependant, j'en attendais quand même beaucoup plus.
Ma note: 7/10
11 mai 2009
The pillars of the earth
J'ai lu dernièrement The Pillars of the Earth de Ken Follet chez Pan (édition différente de l'illustration). Titre en français: Les piliers de la terre.
Première phrase: "The small boys came early to the hanging."
En Angleterre, au XIIe siècle, Tom est un bâtisseur. Il erre sur les routes avec sa femme enceinte, et ses enfants Martha et Alfred. Il rêve de construire une cathédrale, mais les temps sont durs. Si durs qu'il ne trouve de travail nulle part, et que la survie de la famille est menacée. Sa route croise alors celle d'Ellen et de son fils Jack, des créatures de la forêt. Grâce à ce dernier, Tom peut enfin réaliser le rêve de sa vie: bâtir la cathédrale de Kingsbridge, sous la houlette du prieur Philip.
Bon ça, ce n'est que le tout début du roman. Car c'est un énorme pavé de plus de 1000 pages, mais qui se dévore comme qui rigole, à tel point qu'on pourrait encore en lire 1000 de plus avec grand plaisir. Je ne voudrais pas trop en raconter, je me contenterai simplement de dire qu'au cours des décennies, nous suivons les tribulations de Jack d'une part, d'une jeune femme courageuse nommée Aliéna, du terrible William, et du respectable prieur Philip.
Car une des forces de ce roman est sans conteste la richesse de sa galerie de personnages, qui suscite tous des sentiments tranchés, aucun ne pouvant laisser indifférent. Certains d'entre eux se payent même le luxe d'être plus ou moins sympathiques au fil du temps, au gré des événements. Un autre point fort est l'impression d'être au cœur des choses, de prendre part à l'évolution du village de Kingsbridge.
Bref, un roman que j'ai adoré, une vraie fresque historique qui même habillement histoire de l'Angleterre et histoires personnelles des personnages. Il me tarde déjà de lire la suite, World without End (Un monde sans fin), qui se passe à Kingsbridge au XIVeme siècle, et qui met en scène les descendants des personnages de ce roman.
Ma note: 9/10
(j'aurais poussé à 9,5 si le personnage du méchant, William, avait été un peu plus nuancé,
ce qui aurait rendu ses combats avec les autres personnages encore plus profonds)
23 janvier 2009
The babes in the wood
J'ai lu The babes in the wood de Ruth Rendell chez Arrow books (titre en français: Promenons-nous dans les bois).
Première phrase: "It was warm enough to be outdoors enough at ten and not feel a chill."
Dans le sud de l'Angleterre, l'inspecteur Wexford a fort à faire: les inondations menacent son domicile, et il doit résoudre une affaire pour le moins mystérieuse. Deux adolescents et leur baby-sitter disparaissent un soir: qui a amené qui et où, voire qui a tué qui et pourquoi? Sa vie se complique encore lorsque sa fille lui présente un nouveau petit ami, tandis qu'il ne peut pas compter sur la sympathie des parents des adolescents disparus...
J'ai découvert Ruth Rendell il y a quelques années avec A judgement in stone (en français: L'analphabète, dont a été tiré le film La cérémonie de Claude Chabrol), que j'avais adoré. Puis l'an dernier j'ai lu L'arbousier, dans un style tout à fait différent. Et ce troisième roman se rapproche plus, par l'ambiance de A judgement in stone.
J'ai aimé ce roman non pas pour son intrigue policière, mais justement pour l'ambiance qui y règne, pour les personnages, et pour l'attention portée à la vie personnelle de l'inspecteur Wexford. En cela, ce roman m'a fait penser aux deux romans de la série des Kurt Wallander (Henning Mankell) que j'ai lus.
L'intrigue ne m'a pas trop convaincue: j'ai un peu deviné qui avait fait quoi, et de toute façon je n'ai pas l'impression que l'auteure ait particulièrement soigné cet aspect du roman. Dont je garderai un bon souvenir malgré tout!
Ma note: 7,5/10
01 janvier 2009
The Woman in White
Tout d'abord, quelques mots pour expliquer mon absence ces derniers temps: j'ai eu un accident de voiture le 15 décembre, et j'ai enchaîné hôpital et maison de retraite convalescence. Au final, rien de dramatique, seulement quelques petites fractures du bassin. Handicapant et un peu douloureux, mais dans quelques semaines (mois?) il n'y paraîtra plus. Je suis enfin rentrée à la maison hier, juste à temps pour participer à cette nouvelle édition du Blogoclub.
J'ai donc lu The Woman in White de Wilkie Collins en édition Wordsworth.
Première phrase:"This is the story of what a Woman's patience can endure, and what a Man's resolution can achieve."
Wilkie et moi sommes de vieilles connaissances. Je l'ai rencontré sur les bancs de la fac d'anglais, en licence me semble-t-il, lorsqu'on nous fit étudier The Moonstone (La pierre de lune). Roman dont la lecture m'avait énormément plu, même si je ne garde aucun souvenir du traitement universitaire de l'œuvre.
Quant à cette Femme en Blanc, je l'avais déjà croisée il y a plusieurs années, mais je m'étais lassée de son histoire et je n'étais pas allée au bout du mystère. Le Blogoclub a donc été une parfaite occasion de renouer, et c'est de bon cœur que j'ai sauté à pieds joints dans le livre.
La forme de récits successifs m'a très bien convenu, et j'ai trouvé certains personnages très réussis, sans parler de l'humour et de la langue de Wilkie, très agréable à lire au fil des pages. De plus, le mystère de cette femme en blanc, puis de Sir Percival, est intriguant à souhait. Mais j'ai trouvé que l'ensemble était quand même un peu longuet. D'autant plus que le secret de Sir Percival est un peu léger à mon goût: beaucoup de bruit pour rien, à mon avis.
Et surtout, le défaut majeur à mes yeux: pourquoi ce cher Walter s'entête-t-il à s'amouracher de la mièvre Laura, alors que Marian me semble 1000 fois plus intéressante? En cet aspect, ce roman me semble terriblement conformiste: la fille jolie et douce l'emporte sur la fille intelligente et volontaire... On ne peut certes pas en vouloir à Wilkie de coller à son époque, mais quand même....
Ma note: 7/10
D'autres avis chez Denis, Armande, Clochette, Sylire, Katell, Florinette, Jules, Soie, Julien, Chimère, Antigone, Wakinasimba, George, Nina, Arlette, Ori, Emilie, Lune de pluie, Taylor, Catherine, Karine, Mirontaine, Sandrounetta, Lou, Belledenuit,
L'avis d'Axelle (pas de blog): "Ce roman ne m'a pas fait une forte impression, d'autant plus que le thème de cette lecture collective devait être un roman policier et que je n'ai pas trouvé beaucoup de suspense dans ce roman. Pour moi, les trois quarts de l'histoire concernait des histoires de ménages, de plus si l'ambiance m'a plu au début, cette atmosphère ouatée de la vieille Angleterre, je l'ai vite trouvé pesante et ennuyeuse: que quelqu'un ayant courut 100m doive passer l'après midi a s'en remettre...bof!"
Keisha a lu Pierre de Lune, Kathel a lu Passion et repentir, Praline a lu Basil, Yvon et Kattylou ont lu L'hôtel hanté, Kalistina a lu Voie sans issue (coécrit avec Dickens).
Pour le 1er mars, nous avons décidé d'honorer le nouveau prix Nobel de littérature, JMG Le Clézio. Et nous attendons vos suggestions pour l'édition du 1er mai, dont le thème sera le Mexique, afin de coller avec le Salon du Livre!
Sur ce, bonne et heureuse année 2009 à tous et à toutes!
01 octobre 2008
Auprès de moi toujours
J'ai lu il y a quelque temps déjà Auprès de moi toujours de Kazuo Ishiguro traduit par Anne Rabinovitch chez Folio.
Première phrase: "Je m'appelle Kathy H."
Encore un roman dont j'avais énormément entendu parler, et donc que je n'avais pas très envie de lire (cf mon bon vieux snobisme intellecturel épisodique). Puis je me suis laissée tenter, notamment grâce à la couverture que je trouve très intrigante. Je ne sais pas ce qui est supposé s'en dégager, mais je la trouve plus flippante qu'autre chose. Une ambiance un peu à la Virgin suicides, en quelque sorte. D'ailleurs, c'est fou ce qu'une couverture peut laisser paraître d'un livre, et peut peser dans la balance au moment du choix. Amis éditeurs, à bon entendeur salut.
Que dire qui n'a pas déjà été dit? Kath raconte la singulière histoire de sa vie, et de celle de ses amis Ruth et Tommy. Cette histoire commence à Hailsham, une école so british dans laquelle règne une atmosphère bien mystérieuse. Les élèves sont choyés, mais des détails mettent rapidement la puce à l'oreille. Rien de très palpable, plutôt des absences, en fait. On comprend rapidement que les enfants de Hailsham ne sont pas des enfants ordinaires. Mais qui sont-ils vraiment? Le lecteur le découvre au fil des pages, au fil du récit de Kath, au fil de leur avancée dans la vie.
J'ai beaucoup aimé ce roman. Je l'ai dévoré, j'étais complètement dans l'atmosphère de Hailsham. J'ai accompagné les trois personnages avec plaisir. Je regrette cependant que le "secret" de Hailsham soit révélé de manière aussi claire, je préférais tant qu'on était dans la suggestion, la porte ouverte. De plus, j'ai moins apprécié la dernière partie du roman, que j'ai trouvé un peu trop sombre à mon goût. Cependant, ce roman m'a vraiment transporté ailleurs, et c'est pour moi le signe d'une lecture réussie.
Ma note: 8/10
Comme je l'ai dit, tout le monde l'a lu: Clochette, Sylvie, Lilly, Jules, Papillon, et bien d'autres encore.
05 septembre 2008
The curious incident of the dog in the night-time
J'ai lu récemment The curious incident of the dog in the night-time de Mark Haddon en Vintage books (titre en français: Le bizarre incident du chien pendant la nuit).
Première phrase: "It was 7 minutes after midnight."
Dire que je ne suis pas la première à lire ce livre est un euphémisme. Gros succès de librairie de ces dernières années, je ne vais pas vous apprendre grand-chose que vous ne sachiez déjà.
Du coup, j'étais réticente pour le lire: je ne sais pour quelle mauvaise raison, par quel snobisme intellectuel sans doute hérité de mon DESS de traduction littéraire, je ne suis pas du tout attirée par les best-sellers. Cette attitude pose d'ailleurs de grandes questions, applicables à d'autres domaines que la littérature: la masse a-t-elle forcément tort? N'y-a-t-il de salut que dans la confidentialité?
Je ne saurais répondre à ces grandes interrogations: je ne sais pas si on peut dégager des schémas généraux. Ce que je sais en revanche, c'est que j'ai bien fait de mettre mon mouchoir sur mon snobisme, et de lire ce bouquin. Je l'ai dévoré, je l'ai incroyablement aimé. Il est intéressant d'avoir une vision "de l'intérieur" du handicap mental, quel qu'il soit. Si cette vision est juste, on ne le saura sans doute jamais, à moins qu'un autiste raconte sa vie et ses pensées (ce qui a peut-être déjà été fait?).
J'ai trouvé ce roman profondément touchant sans être pleurnichard, mais aussi très cruel, car les adultes ne sont pas à la hauteur du héros, le jeune Christopher. Qui a finalement des attentes très pures, parmi lesquelles la principale, qu'on lui dise toujours la vérité. Ceci est-il vraiment un symptôme de maladie mentale?
Ce jeune homme (et non ce petit garçon, comme j'ai failli l'écrire) m'a énormément rappelé un autre garçon de papier, je crois qu'il s'agit du petit Oskar d'Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer. Je pense que les deux garçons s'entendraient très bien s'ils se rencontraient! Sans parler de la saveur qu'aurait une correspondance entre l'anglais et l'américain...
Ma note: 9/10
Comme je le disais, je ne suis pas la première à l'avoir lu: Loupiote, Allie, Papillon, Clochette, In cold blog...
31 mai 2008
Trois enquêtes du Père Brown
J'ai lu il y a peu Trois enquêtes du Père Brown, de G.K. Chesterton traduit par Yves André chez Folio.
Première phrase: "Les salles de consultation du docteur Orion Hood, criminologiste éminent et psychiatre à Scarborough, se trouvaient face à la mer et présentaient une rangée de grandes fenêtres à la française d'où l'on voyait la mer du Nord semblable à un mur infini de marbre bleu-vert."
J'ai choisi ce recueil pour deux raisons: d'abord parce que la couverture m'a tout de suite attirée, et à cause de son titre: mettre "enquête" et un titre religieux dans une même phrase, c'est me conquérir immédiatement. Je ne sais pas pourquoi, j'adore le mélange crime et religion, et ce depuis ma vieille rencontre avec Le nom de la rose ou frère Cadfael, je ne sais plus lequel a précédé l'autre. Le fait que je n'ai jamais entendu parler de l'auteur aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Mais bon, pour 2 euros, on a le droit de se planter.
Car je me suis plantée. Je n'ai pas du tout aimé ces trois nouvelles ("L'absence de Mr Glass", "Le paradis des voleurs" et "Les naufragés des Pendragon"). J'ai trouvé les intrigues franchement tordues et tirées par les cheveux, du classique raté. Un peu dans le style des Sherlock Holmes, mais en pas bien. Et même le style de l'auteur (ou du traducteur) m'a dérangé. Bref, je vous déconseille fortement cette lecture, et je vais tâcher de l'oublier bien vite.
Ma note: 3/10
Chimère n'a pas aimé non plus.
D'autres religieux enquêtent:
Frère Athelstan: La taverne aux oubliés, La chambre du diable
Soeur Frévisse: The Prioress' Tale
