grand mère russeJ'ai lu Ma grand-mère russe et son aspirateur américain de Meir Shalev traduit par Sylvie Cohen chez Gallimard.

Première phrase: "Alors voilà... par une chaude journée d'été, il y a quelques années, je m'étais préparé un café après une bonne sieste."

Le narrateur nous raconte son enfance et sa jeunesse aux côtés d'une sacrée grand-mère: Tonia a émigré de Russie et a épousé le veuf de sa soeur, elle vit dans un mochav, c'est une maîtresse-femme et elle a une sainte horreur de la poussière. Au point de faire rentrer les invités par derrière. Au point de les envoyer se doucher dans l'étable. Au point de tenir fermées à clé certaines pièces de la maison, meilleur moyen pour qu'elles restent propres.

Le narrateur met au centre de son récit une anecdote familiale: un oncle émigré aux Etats-Unis envoie un jour à sa belle-soeur si maniaque un magnifique aspirateur, pointe du progrès alors, en espérant ainsi gagner les bonnes grâces (ou rabattre le caquet?) de son frère qui lui reproche d'avoir choisi la nation capitaliste au détriment de la construction (par l'agriculture et la religion) de l'état d'Israël. Mais cette histoire au dénouement absurde n'est qu'un prétexte pour rentrer dans cette famille singulière, pleine de doux-dingues.

J'ai pris du plaisir à la lecture de ce récit familial, agrémenté de photos de famille qui du coup atténuent la frontière entre vérité et légende (mais n'est-ce pas la propre de tout récit familial?). J'ai été fort dépaysée, n'étant pas du tout familière avec Israël, et j'ai aimé ça. Une lecture agréable.

Ma note: ***