cent ansJ'ai lu Cent ans de Herbjorg Wassmo traduit par Luce Hinsch chez Gaia.

J'ai oublié de relever la première phrase (et j'en suis fort contrariée).

Il s'agit d'une saga familiale qui se déroule pendant, en gros, une centaine d'années, et qui a pour cadre les îles Lofoten, au nord de la Norvège. C'est un coin que j'ai eu le bonheur de parcourir il y a quelques années, un paysage incroyable, j'en garde un excellent souvenir. Donc forcément ce roman m'attirait beaucoup.

Il s'ouvre sur une première narratrice, qui explique qu'elle a décidé de raconter l'histoire de ses ancêtres. Cette narratrice parle aussi de sa propre enfance, alors qu'elle était une petite fille qui se confiait à son cahier jaune qu'elle cachait afin que son père (il ou lui) ne le trouve pas. Elle déroule donc l'arbre généalogique, branches maternelles exclusivement. On suit les vies de son arrière-grand-mère, grand-mère et mère, toutes de femmes fortes qui ont choisi leur destin ou s'en sont accomodées, parfois au détriment de leur progéniture.

J'ai retrouvé dans ce roman des points communs avec d'autres livres que j'avais beaucoup aimés, à savoir L'élégance des veuves de Alice Ferney et Le retour de Anna Enquist. Dans ces différents livres, on contemple des vies faites avant tout de grossesses, d'accouchements, de pertes, de solitude, de rêves d'autre chose.

Puis au fil des années qui s'écoulent et des générations qui se succèdent, on revient à la première narratrice, et le livre s'arrête à sa naissance. Ce qui veut dire que l'on ne connaît pas le fin mot de l'histoire concernant le malaise ressenti en début quant à son père. J'ai d'abord été très décue de ne pas avoir d'explication, comme si une porte ouverte n'était pas refermée. Mais au-delà de la déception, cet aspect des choses m'a beaucoup interpelée, et je me suis demandée pourquoi l'auteure avait fait ce choix de ne pas aller au bout de ce qu'elle ne fait que suggérer de manière si ténue. L'auteure et la narratrice portant le même prénom et ce livre étant apparemment assez autobiographique, je me suis demandée si l'auteure ne nous plaçait pas dans la position des familiers de cette petite fille, sentant qu'il y a un problème, mais sans avoir de preuves ou de certitudes; ou contemplant la situation sans avoir de clés pour la modifier.

Au final, un livre que j'ai dévoré.

Ma note: ****