queen victoriaJ'ai lu Queen Victoria, a personal history de Christopher Hibbert chez Harper Collins.

Première phrase: "Sitting at his breakfast table in his rented house in Brussels in December 1817, Edward, Duke of Kent, fourth son of King George III, carelessly threw across the Morning Chronicle to his attractive mistress, Julie de St Laurent, and began to open his letters."

Il m'aura donc fallu un peu plus de deux mois pour lire ces 500 pages consacrées à la reine Victoria. Pour ceux qui n'ont pas l'habitude de lire en anglais, un conseil: évitez les poches si vous n'avez pas une très bonne vue, parce que c'est écrit tout petit et tout serré.

Ce livre est un souvenir de mon petit séjour à Londres en novembre dernier. La reine Victoria est tellement mythique que je voulais absolument lire une biographie pour en savoir un peu plus sur elle. Eh bien ce n'était pas forcément une bonne idée, car la reine m'est apparue nettement moins sympathique et admirable que ce que je pensais. A la rigueur, elle était conforme à ce qu'on attend d'une reine alors qu'elle était adolescente, donc avant de vraiment devenir reine. Mais après, quelle jeune femme désagréable! Je l'ai trouvée hautaine, têtue, capricieuse, ne supportant pas la critique et la contradiction.

L'histoire a retenu son amour fou pour son mari, le prince Albert. Certes. Mais l'histoire a oublié qu'elle lui en avait fait baver des ronds de chapeaux. Leur mariage a en effet été émaillé de (très) nombreuses disputes durant lesquelles ils se parlaient par écrit. C'est là l'apanage des couples passionnels, me direz-vous. Mais ça donne une idée du caractère de cochon de Victoria.

Ce qui m'a plus amusé, ce sont ses commentaires sur la maternité: pas du tout sa cup of tea, elle ne voyait pas une grossesse comme une bonne nouvelle, et ne s'intéressait pas outre mesure aux nourissons. Par contre, moins drôle, c'est la sévérité avec laquelle elle jugeait certains de ses enfants, les garçons notamment. Elle ne se gênait pas pour dire que le prince de Galles notamment n'était pas très fut-fut et "mais qu'est-ce qu'on va en faire de celui-là". Qu'elle le pense, c'est une chose; mais qu'elle l'écrive, c'en est une autre! C'est dur, de la part d'une mère!

Autre chose qui m'a surprise et qui tranche avec l'image de super-reine que j'avais d'elle, c'est son attitude à la mort d'Albert en 1861. Evidemment submergée par le chagrin, elle a pris le deuil, et a refusé toute apparition publique et tout rôle important. Pas pendant quinze jours ou deux mois, non, mais pendant des années, voire des dizaines d'années. Le Royaume-Uni s'est donc passé de reine pendant un temps si long, que certains ont commencé à dire que finalement, le pays et le gouvernement ne s'en sortait pas si mal comme ça, alors est-ce vraiment nécessaire...

Bref, j'ai découvert une reine très différente de celle que j'imaginais. On peut donc se demander d'où vient son image si forte: je pense que cela est dû à la durée de son reigne, et à son histoire d'amour avec Albert. Mais niveau reine, zéro. Elizabeth n'a rien à lui envier.

Pour son crédit, on retiendra sa détestation du racisme, et l'obligation qu'elle imposait à tous de traiter le personnel avec sympathie.

Ma note: 7/10