ma_tre_des_peines

J’ai lu les trois tomes composant le Maître des Peines de Marie Bourassa aux éditions Anne Carrière.

Première phrase : « L’abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés était l’un des monastères les plus prestigieux d’Europe. »

Que voilà une vraie bonne lecture d’été : trois pavés de 450 pages chacun, un destin singulier, de l’amour, de la haine, de la vengeance, de la trahison, un triangle amoureux, des secrets, des personnages que l’on suit pendant plusieurs décennies…

Louis Ruest est fils de boulanger et enfant martyr. L’amour de sa mère ne le met pas à l’abri de la violence et de la cruauté de son père Firmin. Alors pour se protéger, pour survivre simplement, Louis s’enferme dans un  personnage taciturne et violent. L’équilibre ô combien précaire de sa petite vie vole en éclat au décès de sa mère. A partir de là, tout va de mal en pis pour ce pauvre Louis, ses rares bonheurs étant toujours contrebalancés par d’affreux malheurs. Mais certains moines de l’abbaye voisine, en fait propriétaire de la boulangerie familiale, croient en lui et en son potentiel d’amour.

Ce résumé ne couvre que la moitié à peu près du premier tome, car il serait vraiment dommage de dévoiler les multiples péripéties que Louis va subir. Ce que je peux dire par contre, c’est que Louis est un « héros » singulier, d’abord enfant touchant mais parfois inquiétant, il devient un adulte inhumain, très froid, tout en n’étant jamais injuste. Cela en fait un personnage romanesque très intéressant, car ses réactions sont toujours imprévisibles, mais jamais illogiques.

On suit bien sûr d’autres personnages attachants, parmi lesquels le père Lionel et Jeanne d’Aubignac, et d’autres personnages nettement moins sympathiques, mais toujours suffisamment nuancés pour qu’ils restent intéressants. La vie de Louis est pleine de rebondissements, tous plus tragiques les uns que les autres, à tel point que cela en devient in-crédible, mais ce n’est pas grave, car ce n’est pas une histoire vraie que l’on vient chercher dans cette trilogie. Par contre, j’ai quelques réserves concernant la fin, où l’on dirait que l’auteure s’est débarrassée de certains personnages dont elle ne savait plus que faire.

Quant à l’aspect médiéval, fort important pour moi, il est plutôt bien maîtrisé. On peut presque regretter certains passages descriptifs dont le seul rôle semble être pour l’auteure de caser le plus de mots spécialisés possibles. De même, les notes sont presque trop nombreuses ; après, libre à chacun d’aller les lire ou consulter le glossaire de fin d’ouvrage.

J’ai dévoré cette saga médiévale, même si j’ai quelques petites réserves, ma foi bien minimes par rapport au plaisir éprouvé à la lecture.

Ma note : 8,5/10