Ces derniers temps, je n'ai plus trouvé ni le temps ni la motivation pour alimenter régulièrement ce blog. Je pourrais évoquer une accélération de la vie personnelle et professionnelle, mais cela serait mentir: la lassitude est la première des raisons. Puis un livre, très bon, excellent, qui me fait vibrer pendant quelques magnifiques soirées de lecture, et je me souviens des motivations qui m'ont poussé à tenir un blog...

retourJ'ai donc lu Le retour d'Anna Enquist, traduit par Isabelle Rosselin en Babel.

Première phrase: "Il s'attendra à une table vide à son retour, se dit-elle."

Le retour, c'est celui de James Cook, que sa femme Elizabeth attend. Attend et espère depuis de longues années. Depuis le dernier départ de son capitaine de mari, Elizabeth a enfanté, encore, et elle a porté le deuil d'un de ses enfants, encore. Elle n'est pas seule dans ses épreuves: une cousine venue vivre chez elle, puis le fidèle Hugh Palliser, marin lui aussi, infirme suite à une blessure de guerre, l'ami fidèle sur qui elle peut compter. Mais cela ne remplace pas la présence d'un mari aimé...

Les jours se succèdent, et son mari est sur le retour: quel jour exact il franchira la porte, nul ne le sait: point d'Internet ou de téléphone portable en cette fin du XVIIIe siècle, la femme de marin doit faire preuve d'une patience à toute épreuve. Elizabeth l'attend depuis tellement longtemps, cette nouvelle vie. Pour leur couple, pour leur famille. Car elle veut en être sûre: cette fois-ci, son mari ne repartira pas. Il a fait assez pour la géographie, mais aussi pour la lutte contre les maladies des marins, pour qu'on lui offre une sinécure et qu'enfin, enfin, il partage son quotidien, ses accouchements et ses deuils.

Mais évidemment, comme dit sa mère, les hommes ne savent que partir...

Comme je l'ai dit en introduction, j'ai adoré ce roman. Je l'avais repéré sur un blog (mais lequel, comme d'habitude?), et il est effectivement très bon. Une seule critique en ce qui me concerne, je pense qu'il aurait pu se terminer une petite cinquantaine de pages plus tôt, après que tous les grands événements se soient produits (difficile de ne pas en dire trop...), et tant pis si le lecteur n'avait pas le fin mot en ce qui concerne les derniers jours de James Cook. Cette incertitude aurait finalement assez bien collé à l'esprit du roman.

Ma note: 9/10