petits_meurtresJ'ai lu Petits meurtres entre voisins de Saskia Noort, traduit par Mireille Cohendy en Folio.

Première phrase: "Il se servit un autre verre de vin, en renversa un peu, puis il jura et essuya la tache du revers de sa manche, un geste qui ne lui correspondait pas."

Première fois que je lis un polar hollandais, et ce grâce à Lise des éditions Folio. Nous sommes dans une banlieue chic d'Amsterdam. Pendant que ces messieurs occupent des postes aussi importants que producteurs, promoteurs, comptables, leurs oisives épousent font du tennis, du shopping, trompent leurs maris et vont chercher les enfants à l'école. Le petit équilible du groupe formé de quatre couples, le "club des dîneurs", est mis violemment en péril lorsqu'une maison brûle, et que l'un des leurs y trouve la mort. S'enclenchent alors des mécanismes de suspicion, de méfiance, de révélations et d'accusations plus ou moins fondées.

Disons-le toute suite: il est extrêmement dommage que le titre français soit aussi explicite et se soit tant éloigné du titre néerlandais, beaucoup plus neutre: "Le club des dîneurs" (parce que j'avais oublié de vous dire, mais en fait je parle couramment le néerlandais). Le titre français casse un bon premier quart de l'intrigue, pendant laquelle le personnage principal, Karen, se demande si la mort de deux de ses amis est accidentelle ou non... D'ailleurs, dans le même ordre d'idée, si ce bouquin vous intéresse, ne lisez pas la quatrième de couverture, elle en dit trop!

Pour continuer sur ce qui m'a déplu, j'ai trouvé l'ambiance décrite très Wisteria Lane, un peu trop, même. Ces femmes riches prêtes à tout accepter pourvu que l'on sauve les apparences sont un peu trop vues ces derniers temps à mon goût.

A part ces reproches, j'ai lu ce roman presque d'une traite, ce qui en général est bon signe. Comme le souhaite l'auteur, on soupçonne à tour de rôle les différents protagonistes, on prend parti, on sympathise, on déteste. Les atermoiements de Karen sont ma foi fort crédibles, et le roman se termine de manière honnête, comme cela aurait pu dans la vraie vie.

Je n'aurais sans doute pas attribué à ce roman le "Prix SNCF du Polar européen 2010", mais ce fut quand même une lecture plaisante.

Ma note: 7,5/10

PS: Dans quelques heures je serai au Québec!