village_allemandJ'ai lu Mon village à l'heure allemande de Jean-Louis Bory chez J'ai Lu.

Première phrase: "La gifle claqua comme un coup de fouet."

Cela faisait des années que j'étais attirée par le titre de ce roman. Plus jeune, je me suis passionnée pour la Seconde Guerre Mondiale et les histoires de vie incroyables qu'elle a engendrées. Alors évidemment, ce titre très prosaïque, presque enfantin m'intriguait. Lors de ma dernière virée bordelaise, je suis tonc tombée sur ce roman qui m'étais sorti de l'esprit, et quand j'ai vu qu'il avait obtenu le prix Goncourt et avec l'appui de Colette qui plus est, j'ai enfin cédé à ma curiosité.

Nous sommes à Jumainville, en 1944. Les Allemands ont posé leur quartiers à quelques kilomètres, dans la propriété d'un riche Américain. Elisa et Marcel sont amoureux, le père Boudet est occupé à faire du fric, l'instituteur s'érige comme un rempart contre l'idiotie, la vieille fille guette tout ce qui se passe... et Jumainville est dans l'attente. Les jeunes gens partent, au STO ou au maquis. Les plus vieux ont du mal à avoir le courage de leur opinion. Heureusement qu'il y a le café de la Germaine!

Sitôt la lecture attaquée, nous voici donc nous aussi à l'heure allemande. Mais aussi à l'heure rurale, à l'heure un peu franchouillarde. Bory dresse toute une galerie de portraits, en survolant toute la palette de la résistance à la collaboration. Les personnages prennent la parole à tour de rôle, le village a lui aussi voix au chapitre. Petit à petit le tableau final prend forme, et l'on prend plaisir à suivre cette chronique douce-amère d'un village à l'heure allemande.

Ma note: 7,5/10