pass__sous_silenceJ'ai lu Passé sous silence de Alice Ferney chez Actes Sud.

Première phrase: "Peu de destins individuels demeurent longtemps éclairés par l'Histoire."

 

D'Alice Ferney j'avais lu - et apprécié - Grâce et dénuement, L'élégance des veuves et Les autres. C'est donc avec confiance que j'ai choisi ce roman, et je dirai même avec enthousiasme lorsqu'en lisant la quatrième de couverture j'ai compris qu'il y était question de Guerre d'Algérie, sujet qui m'intéresse par l'espèce de secret qui l'entoure.

 

Ce roman raconte en fait la confrontation à distance entre deux manières de voir les choses concernant la Terre du Sud (l'Algérie): celle du général Grandberger (de Gaulle) et celle de Paul Donnadieu (Bastien-Thiry). Du retour au pouvoir du général jusqu'à la fin de l'histoire de Donnadieu/Bastien-Thiry.

 

Ce roman me laisse perplexe a bien des égards. A priori je dirais que je ne l'ai pas aimé, pourtant je l'ai lu jusqu'au bout. Il y a donc quelque chose qui m'a accroché, mais quoi?

 

La coïncidence de mes lectures fait que c'est le deuxième roman en quelques semaines à utiliser la deuxième personne du singulier. Or si j'avais beaucoup aimé dans Photo de groupe au bord du fleuve, ici j'ai trouvé l'effet complètement artificiel. On alterne entre la deuxième personne pour les chapitres consacrés à Donnadieu, et la troisième personne pour le général. Je ne sais pas s'il faut en déduire que la sympathie de l'auteure penche d'un côté plus que de l'autre.

 

D'autre part, je ne comprends pas bien pourquoi Alice Ferney a modifié les noms de manière aussi transparente: je n'en vois pas bien l'intérêt. Peut-être pour éviter les procès qu'auraient pu lui intenter les familles? Si c'est bien la raison, je me demande si les noms communs "la colonie" (ou "le département quelque-chose", si vous préférez), "le général", "le jeune officier" n'auraient pas été suffisamment clairs sans tomber dans les surnoms qui me semblent un peu ridicules.

 

Enfin, le dernier reproche que je ferais à ce roman, est qu'il m'a trop rappelé des scènes, des vignettes du film L'ennemi intime, que j'ai justement vu il y a peu de temps. Alors on pourra me répondre que lorsqu'il s'agit de raconter certains aspects de la guerre d'Algérie, il est normal que les différents créateurs se recoupent, mais cela m'a quand même un peu gênée.

 

Pour terminer, sachant que la Guerre d'Algérie reste un sujet sensible pour beaucoup de personnes, je ne m'étendrai pas sur mon ressenti de la position de l'auteure par rapport à son sujet.

Ma note: 5,5/10