photo_groupeJ'ai lu Photo de groupe au bord du fleuve d'Emmanuel Dongala chez Actes Sud.

 

Première phrase: "Tu te réveilles le matin et tu sais d'avance que c'est un jour déjà levé qui se lève."

 

Méréana casse des cailloux sur un chantier, pour produire les sacs de gravier si indispensables pour le chantier du nouvel aéroport. Pourtant, c'est une intellectuelle, et ce sont les accidents de la vie qui l'ont amenée là: sa soeur Tamara est morte du SIDA, elle a donc recueilli sa nièce, qu'elle élève seule avec ses propres enfants; seule car elle a fait le choix de quitter son mari plutôt que de fermer les yeux sur sa conduite. Méré et ses compagnes de douleur ont décidé de se battre pour vendre leurs sacs de gravier quinze mille francs au lieu de cinq mille, et évidemment le combat n'est pas gagné d'avance. Méré se retrouve propulsée chef de la rébellion, et heureusement elle peut compter sur l'aide et l'affection de sa tante Turia ou encore du taxi Armando.

Ce livre est avant tout une histoire de femmes: les amies de Méré sur le chantier ont chacune leur histoire, ce sont toutes des femmes trompées, violées, humiliées, malades, seules... Mais au cours de sa lutte, Méré va également rencontrer des femmes dominatrices: la ministre de la Femme et des Handicapés (sic), la femme du Président...

 

Voilà un roman très original dans sa forme comme dans son fond. Pour ce qui est du fond, il m'a semblé  très moderne car j'ai eu l'impression d'apercevoir la réalité des femmes du Congo aujourd'hui, sans clichés, mais ça et là l'apparition de survivances ancestrales vient nous rappeler que nous sommes en Afrique. Je ne connais pas du tout ce continent, mais j'ai eu l'impression de lire un roman qui raconte le Congo contemporain.

 

Quant à la forme, la narration à la deuxième personne du singulier au présent est très surprenante, un peu déstabilisante sur les premières pages, mais ma foi très originale et qui donne l'impression d'une grande force dans les propos.

 

Bref, j'ai vraiment beaucoup aimé ce roman. Je l'avais choisi à la médiathèque car le magazine Lire du mois de décembre l'a élu "Meilleur roman français" (francophone, plutôt, non?), et justement il était en présentation sur une table. Eh bien je dois dire que ma foi, je ne suis pas du tout déçue par cette lecture.

Ma note: 9/10

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