jane_eyreToujours à cause du syndrome de la bonne élève et pour préparer le blogoclub de demain consacré à L'affaire Jane Eyre de Jasper FForde, je ne pouvais pas ne pas lire Jane Eyre de Charlotte Brontë chez Dover.

 

Première phrase: "There was no possibility of taking a walk that day."

 

Ce roman écrit à la première personne nous raconte donc la vie de Jane Eyre depuis sa petite enfance. Orpheline, fille d'un pasteur modeste, elle vit chez sa tante, avec ses cousins qui passent leur temps à lui faire des misères. La petite, privée d'affection et traitée injustement, se rebelle contre sa tante, qui la place alors en pension à Lowood, un institut pour jeunes filles pas franchement gai. Malgré tout, Jane s'y découvre un goût prononcé pour les études, et elle devient donc préceptrice.

 

A la sortie du couvent de l'école, elle est embauchée par le mystérieux Rochester, un homme sombre de vingt ans son aîné, afin de s'occuper de sa "pupille", Adèle. Jane Eyre coule donc des jours paisibles, sinon excitants, à Thornfield Hall, où des événements mystérieux ne tardent pas à lui mettre la puce à l'oreille.

Arrive ce qui devait arriver, Jane Eyre et Rochester tombent amoureux l'un de l'autre. Évidemment, leur romance ne peut se dérouler comme un long fleuve tranquille, ce serait mal connaître les écrivains victoriens, et c'est là que je me tais pour garder un tant soit peu de suspense au roman.

 

Je suis contente que le blogoclub m'ait donné l'occasion de parfaire ma culture littéraire classique, car je dois avouer, shame on me, que je n'avais pas lu ce roman culte. Ce genre de lecture ne me rebute pas, au contraire, je trouve un certain charme à ces récits surannés d'amours contrariés et de sentiments grandiloquents. Cependant, Jane a parfois été un peu too much pour moi.

 

D'abord, avec le recul, j'ai du mal à comprendre à quoi sert toute la première partie racontant l'adolescence de Jane à Lowood. J'ai plutôt bien aimé, pourtant, mais cela ne me semble pas complètement indispensable dans le roman. Ensuite, j'ai trouvé l'ensemble un peu sombre, un peu tristouille. Par contre, chapeau bas à Jane, qui sort du lot des oies blanches victoriennes (spéciale dédicace à Laura): elle tient tête à Rochester, son patron et son aîné, et plus loin dans le roman elle prend une décision qui me semble d'un anticonformisme fou pour l'époque.

 

Le rythme n'est pas follement enlevé, mais ma foi les pages se tournent gentiment, et j'ai trouvé un regain d'intérêt sur les 130 dernières pages.

Ma note: 7/10

 

jane eyre filmEdit du 23 août 2012: Hier je suis allée voir le film de Cary Fukunaga, avec Mia Wasikowska en Jane et Michael Fassbender en Rochester. J'ai trouvé le film très fidèle au livre, en tout cas aux souvenirs que j'en ai. Le film rend bien l'atmosphère morne et désolée, et j'ai trouvé qu'il traitait bien (car rapidement) de l'enfance de Jane. Michael Fassbender est impec' dans le rôle de Rochester: je l'ai trouvé pas hyper beau au début, puis par la suite le charme agit. Quant à Mia Wasikowska, elle a un visage et des yeux très expressifs, ce qui compense le peu de dialogue du film. Les paysages, qui m'ont rappelé le Yorkshire (alors qu'il semblerait que ce soit le Derbyshire, mais bon c'est juste à côté), sont proprement à couper le souffle. Enfin, si on n'est pas dépressif. Donc un bon film, mais à réserver quand même à ceux qui savent ce qu'ils vont voir: l'amoureux n'a pas voulu m'accompagner, et je crois qu'il a bien fait, il se serait ennuyé ferme pendant deux heures.