forme_de_l_eauJ'ai lu La forme de l'eau d'Andrea Camilleri traduit par Serge Quadruppani et Maruzza Loria en Pocket.

 

Première phrase: "La clarté de l'aube ne pénétrait pas dans la cour de la "Splendeur", la société qui avait la concession du nettoyage public de Vigàta, une masse de nuages basse et dense emplissait complètement le ciel comme si l'on avait tiré un rideau gris d'une corniche à l'autre; pas une feuille ne bougeait, le sirocco tardait à se réveiller de son sommeil plombé, et déjà on fatiguait à échanger des paroles."

 

Voilà un célèbre auteur de polar dont je n'avais jamais rien lu, et en plus celui-ci (pris à la bibli) est le premier tome des aventures du commissaire Montalbano (je préfère de loin lire les séries dans l'ordre).

 

Lorsque je choisis un polar étranger, j'attends deux choses du roman: une intrigue policière réussie, mais aussi un dépaysement, un voyage dans le pays en question. Et je dois dire que ce roman est plutôt réussi sur les deux tableaux.

L'intrigue est à la fois extra-ordinaire et crédible, l'enquête est menée avec logique, et je l'ai suivie avec plaisir, regrettant simplement la multiplication de personnages secondaires qui ne me semblaient pas indispensables (et que j'ai mélangés - toujours mon vieux problème à retenir les prénoms, dans les livres comme dans la vie).

 

Mais surtout, quel agréable séjour en Sicile! Je n'y ai jamais mis les pieds, pas même en Italie, mais pourtant j'y étais! Et c'est cet aspect-là qui m'a particulièrement plu. D'ailleurs, il est à signaler que l'édition que j'ai lue, antérieure à celle de l'illustration, s'ouvre sur une préface du traducteur, qui explique les particularités de la langue utilisée par l'auteur, un italien fortement mâtiné de sicilien, dans le vocabulaire comme dans la syntaxe. Un polar sympathique profondément ancré dans une terre qui m'est étrangère, cela me plaît bien!

Ma note: 8,5/10