onitshaPendant mon séjour à l'hopital et afin de préparer cette nouvelle édition du blogoclub, j'ai lu Onitsha de JMG Le CLézio chez Gallimard.

 

En 1948, Fintan s'embarque avec sa mère pour rejoindre son père, qu'il ne connaît pas, en Afrique. Et le jeune garçon se retrouve au milieu d'une micro société de la bourgeoisie coloniale, tandis qu'il se lie d'amitié avec différents africains. L'amour trouble qu'il porte à sa nouvelle terre contraste avec ses sentiments mitigés envers son père.

 

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire les parties focalisant sur Fintan (je ne me souviens plus très bien s'il est le narrateur), l'Afrique y est évoquée d'une manière qui m'a parfois rappelée Au coeur des ténèbres de Conrad pour ce qui concerne les descriptions de la terre et du fleuve. Il y a un espèce d'envoûtement qui se dégage des lignes qui donne presque l'impression d'y être, c'est assez magique. Par contre, certains chapitres sont des extraits du journal de son père, qui cherche désespérément une cité mythique, et ces chapitres m'ont nettement moins emballés. Malgré tout, je garde un bon souvenir de cette lecture (l'avantage de faire un commentaire deux mois après avoir lu un livre, c'est que l'on va à l'essentiel!)

Ma note: 7,5/10 (à cause du journal du père)

Comme cette première lecture m'avait plu, j'ai lu également Étoile errante, toujours de JMG Le Clezio chez Gallimard.etoile_errante

Première phrase: "Elle savait que l'hiver était fini quand elle entendait le bruit de l'eau."

Deux héroïnes dans ce roman: Esther, jeune fille juive, fuit le village alpin où sa famille a trouvé refuge à l'arrivée des Allemands. Son père maquisard choisi de prendre les armes. La jeune fille entame donc une longue marche avec sa mère à travers la montagne, pour gagner l'Italie. De là les deux femmes embarquent pour Israël, la terre promise. Arrivée au but de leur voyage, la file des nouveaux arrivants croise une file de Palestiniens conduits dans un camp. Esther rencontre brièvement Nejma. Le focus du livre change et s'intéresse donc à Nejma, jeune femme du désert, avant de revenir à la destinée d'Esther.

Comme dans Onitsha, les descriptions ont un pouvoir d'évocation assez saisissant. J'ai aimé un peu plus ce roman, car aucune des deux parties du roman (Esther/Nejma) ne m'a semblé plus faible que l'autre. De plus, il s'agit là d'une évocation assez sensible de la fondation d'Israël, avec ce que cela implique pour les deux parties engagées. Un écrit intelligent et mesuré sur le sujet me semble suffisamment rare pour être signalé. A noter enfin que le point de vue narratif change: parfois première personne du singulier, puis d'autres chapitres à la troisième personne, et ces changements se font tellement en douceur que l'on ne s'en rend presque pas compte.

Ma note:8,5/10

desertComme cette deuxième lecture m'avait plu, pourquoi s'arrêter en si bon chemin? J'ai donc lu Désert toujours de Le Clézio mais en Folio.

Première phrase: "Ils sont apparus, comme dans un rêve, au sommet de la dune, à demi cachés par la brume de sable que leurs pieds soulevaient."

Comme dans Onitsha, deux récits très distincts cohabitent et se répondent dans ce roman, avec une typologie différente pour bien marquer la différence. Le premier raconte l'épopée mortelle des hommes du désert, au début du siècle. La longue marche dans le désert brûlant pour aller retrouver un homme saint, puis pour aller se battre contre les envahisseurs français. Le deuxième récit s'attache à Lalla, jeune fille d'un bidonville, qui part vivre à Marseille. Malgré une extrême pauvreté, Lalla sait vivre son quotidien avec bonheur, mais aussi mélancolie.

J'ai adoré les chapitres consarnés aux hommes du désert, encore une fois il y a quelque chose d'envoûtant dans l'évocation du désert et du destin funeste de ce peuple. Quant à Lalla, autant j'ai aimé les chapitres se déroulant dans le bidonville, avec une vision naîve du quotidien et de la misère, autant j'ai beaucoup moins aimé les chapitres se déroulant à Marseille. Je n'ai pas aimé le tour que prenait l'histoire, même si la toute fin du roman rattrape un peu le coup.

Ma note: 6.5/10

Vais-je lire d'autres romans de l'auteur? Peut-être, mais pas dans l'immédiat, car j'ai quand même beaucoup peiné pour terminer Désert.

Et vous, qu'avez-vous lu?
L'Africain: Sylire, Keisha, Soie, Saraswati, Karine, Nanne,
Peuple du ciel: Karine,
Cœur Brûle et autres romances: Florinette, Fanyoun, Brize,
Gens des nuages: Antigone, Nina,
Poisson d'or: Jumy, Kattylou, Mirontaine,
Onitsha: Grominou, Julien, Thais, Praline, Stephie, Lapinoursinette, Martine, Midola, Emma,
Révolutions: Alice,
Étoile errante: Armande, Denis,
Celui qui n'avait jamais vu la mer: Cathe,
Lullaby: Cathe,
Ritournelle de la faim: Gambadou, Catherine, Sandrounette, Bladelor,
Le procès-verbal: Ori,
Mondo et autres histoires: Georgesand, Katell,
Raga: approche du continent invisible: Alex,
La ronde et autres faits divers: Emilie,
Villa Aurore: Mammig,
Diego et Frida: le cercle des lecteurs,
Le jour où Beaumont fit connaissance avec sa douleur: Lune de pluie,

En outre, Julien nous livre une réflexion intéressante: Pourquoi lire Jean-Marie Gustave Le Clézio.

Pour la prochaine édition du Blogoclub, le 1er mai, sur le thème du Mexique nous lirons L'instinct D'Inez de Carlos Fuentes.