shangaiJ'ai lu il y a quelques jours Visa pour Shanghai de Qiu Xiaolong traduit par Aline Sainton pour Points.

 

Première phrase: "Une fois de plus, Chen, inspecteur principal de la police criminelle de Shanghai, reprenait, dans la brume du petit matin, la direction du parc du Bund."

 

Ce roman est la deuxième enquête de l'inspecteur Chen. Il est sommé par les autorités politiques de retrouver une femme qui a disparue, alors qu'elle est attendue aux Etats-Unis afin que son mari témoigne dans une affaire d'immigration clandestine. Une inspectrice américaine vient accompagner Chen dans sa mission, même si celui-ci préférerait s'occuper de l'affaire du type retrouvé lardé de coups de hache dans le parc. Alors il essaie de contenter tout le monde: ses supérieurs, l'Américaine, sa conscience... Heureusement, Chen peut compter sur des alliés fidèles: son adjoint Yu, et le Vieux Chasseur, père de ce dernier et policier à la retraite.

 

J'ai retrouvé avec bonheur les personnages et certains aspects qui m'avaient tant plu dans le premier opus de la série, Mort d'une héroïne rouge: la complexité de la société chinoise des années 90, oscillant entre communisme et capitalisme, traditions et modernité. J'ai aimé les références culinaires, j'ai aimé la description des intérieurs chinois et des relations familiales. Cependant, l'intrusion du personnage occidental a limité les occasions de ces descriptions, et j'aurais préféré plus de "chinoisitude" et moins d'hôtel occidental. Quant à l'intrigue, j'ai suivi avec intérêt l'histoire de Wen, la femme recherchée, mais j'ai trouvé certains développements un brin compliqués, et je n'ai d'ailleurs pas bien saisi en quoi les deux affaires étaient liées (avec l'homme mort retrouvé dans le parc).

 

D'autre part, le titre du roman est très mal trouvé: si l'éditeur voulait garder l'idée de visa (et il en est question dans le roman), un titre comme "Visa pour Washington" me semble beaucoup plus fidèle à l'intrigue. Mais cela fait beaucoup moins couleur locale. Du coup, le titre est complètement artificiel et sans grand lien avec l'histoire. Le titre original était "A loyal character dancer", ce que j'ai trouvé très mystérieux au début du roman, mais j'ai compris au fil des page que l'on pourrait le traduire par "La danseuse de l'idéogramme Loyal". Ce qui ne veut a priori pas dire grand-chose, sauf quand on lit le roman. Donc je comprends que l'éditeur ait souhaité trouvé un titre plus accrocheur. Mais de là à plaquer un titre aussi nul...

 

Pour conclure, j'ai pris du plaisir à la lecture de ce livre, et j'ai savouré les passages consacrés au quotidien des Chinois. Je pense donc que je lirai la suite des aventures de l'inspecteur Chen, Encres de Chine.

Ma note: 7,5

J'ai lu ce roman dans le cadre du défi Le nom de la rose
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Mon billet sur Mort d'une héroïne rouge.