passion_lippiJ'ai lu dernièrement La passion Lippi de Sophie Chauveau en Folio. Il s'agit du premier tome d'un triptyque consacré aux peintres de la Renaissance Italienne, avec  Le rêve Boticelli et L'obsession Vinci.

 

Ces derniers temps, ce sont souvent les blogs qui me soufflent mes lectures, mais celle-ci m'a été inspirée par la radio. J'écoute énormément la radio, je n'ai pas la télé dans mon studio d'étudiante, et je mets la radio dès que je peux (dès que je ne bosse pas mes cours, en fait). Donc il y a quelques temps, Sophie Chauveau était invitée début février dans l'émission de Jacques Pradel sur Europe1 (très bien, cette émission, par ailleurs; je salue au passage l'étonnante reconversion de Mr Perdu de Vue et autres daubes). L'enthousiasme et l'érudition de Sophie Chauveau m'ont vraiment convaincu de me pencher sur son triptyque, d'autant plus que la peinture est un sujet qui m'intéresse beaucoup (bien que je ne sache pas dessiner la moindre chose et que je n'aie aucune connaissance en histoire de l'art). Donc quand je suis tombée sur ce roman à la bibli, je me suis jetée dessus.

Ce roman est une biographie très romancée de Filippo Lippi, que Sophie Chauveau tient pour l'un des précurseurs de la Renaissance. Son nom a été oublié en France, bien qu'apparemment une de ses Vierges ait connu des moments de gloire dans les années 1950 comme image de communion. Si j'ai tout bien compris à l'émission radio, Lippi est le premier a avoir fait monnayer aux mécènes le talent propre du peintre, en plus des pigments et du temps passé, faisant ainsi passer les peintres de l'artisanat à l'art. Il est accessoirement le maître de Boticelli.

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Tableau piqué .

 

Ça pourrait sembler un peu morne, une biographie d'un peintre italien du XVe siècle, mais c'est sans compter la vie incroyable de Lippi. Recueilli enfant par un Médicis qui reconnaît immédiatement son talent, il est placé au couvent des carmes de Florence. Il apprend la peinture auprès d'un maître, et devient moine. Les grandi florentins soupçonnent-ils que ce génie de la peinture passe toutes ses nuits dans les bordels, et ne peut peindre qu'après avoir traité en reines les putains de la ville? En tout cas, fra Lippi mène sa double vie sans trop de soucis jusqu'à ce que, déjà, âgé, il tombe amoureux de celle qu'il ne fallait pas. La vie se complique pour le moine scandaleux, obligé de fuir avec son aimée enceinte, mais toujours soutenu par la famille Médicis et par son fidèle ami Diamante.

J'ai beaucoup aimé ce roman biographique, j'ai adhéré aux scènes choisies par l'auteur, j'ai traîné dans les chantiers de peinture de Florence. Mais il y a quand même un gros bémol: le style littéraire de Sophie Chauveau m'a beaucoup gênée. Elle utilise énormément de points d'exclamation, et à des phrases qui me semblent mal choisies. Ça m'a vraiment agacée, car il est rare que le style d'un auteur me dérange vraiment dans ma lecture. Et c'est d'autant dommage que j'ai vraiment aimé (presque) tout le reste. Presque, parce qu'il y a également quelques petites envolées lyriques qui m'ont laissée de marbre. Donc au final, je suis quand même contente d'être passée au dessus de l'agacement du début, car j'ai aimé l'histoire, et j'ai trouvé la fin très bien écrite. Je pense que je lirai quand même les deux autres tomes, car le fond vaut vraiment le coup. A vous de voir si vous supportez les défauts de style ou non.

Ma note: 8/10

Stéphanie aussi a un avis mitigé, Nanne a adoré.
L'émission de Pradel n'est malheureusement plus en écoute.