voyage

J’ai lu dernièrement Le voyage des grands hommes de François Vallejo chez Feryane.

Rousseau, Diderot et Grimm partent en voyage en Italie. Lambert, le valet qui leur a été donné, nous raconte leurs aventures, leurs ennuis médicaux, leurs escarmouches…

Lorsque ce livre est sorti en 2005, j’avais entendu l’auteur en parler longuement dans émission littéraire animée par Frédéric Mitterrand sur Europe 1 (si ma mémoire est bonne). J’avais trouvé l’idée de départ absolument géniale (le postulat du voyage commun), et François Vallejo était très intéressant à écouter. J’avais donc noté depuis ce jour le titre de ce roman, et je m’étais promis de le lire un jour. C’est chose faite !

Tout d’abord, une remarque préliminaire : je crois que j’ai décidément du mal avec l’intrusion d’un narrateur-passeur. Je veux parler là de ces romans qui commencent en gros par « regardez-donc ce que j’ai trouvé dans mon grenier, je vous livre le récit tel quel et promis vous ne m’entendrez plus. » Et évidemment, l’intrus revient à intervalle régulier. Ce n’est la première fois que je me fais cette réflexion concernant ce procédé : je trouve ça artificiel et inutile. Voilà, c’est dit.

De plus, j’ai au début du roman était un peu déçue par la trivialité du contenu : je m’attendais à d’autres fulgurances de la part d’aussi illustres voyageurs. Mais je me suis vite habituée, et intéressée à leur petit quotidien. Le ton a finit par me rappeler une farce à la Molière, et j’ai beaucoup aimé la langue employée. Bref, si le fond est plus léger que ce à quoi je m’attendais, la forme m’a beaucoup plu et m’a fait passé un très bon moment de lecture.

Ma note : 8,5/10

PS1 : J’ai relevé une phrase qui m’a beaucoup fait réfléchir. Soit je n’ai vraiment pas compris sa construction grammaticale, soit il y a deux belles coquilles : « Le plus douloureux pour moi, du jour où j’ai été soupçonné du vol de cette montre, c’est d’avoir vu pour la première fois mes maîtres baisser la voix devant moi, se méfier de mes gestes ; M. Grimm ne me laissait plus toucher à ses poudres qu’avec horreur, comme si j’allais les lui soustraire pour m’en enduire les joues ; M. Diderot et M. Rousseau lui-même compter leurs pièces dans leurs bourses ; tous surveiller mes attitudes. »

PS2 : Feryane est une édition en gros caractères. Cela ne veut pas dire que je perds un peu plus la vue, mais simplement que c’était la seule édition disponible à la bibli de Bayonne. Ceci dit, c’est très reposant de lire en gros caractères !

L'avis de Laurent, Hervé,