20 mars 2007
Tout ce que j'aimais
Le week-end dernier, j'ai terminé Tout ce que j'aimais de Siri Hustvedt, traduit par Christine Le Boeuf chez J'ai Lu.
Le roman s'ouvre sur l'histoire d'amitié entre deux couples d'intellectuels new-yorkais. Cette première partie est empreinte d'une grande nostalgie, l'atmosphère est affreusement lourde: on sent, on sait, qu'un drame va se produire. N'eut été cette impression qui m'a poussée à la curiosité, j'aurais peut-être refermé ce roman: trop de références intellectuelles et artistiques me sont passées au dessus de la tête. La lecture n'est pas à proprement parler désagréable, mais disons que je ne me suis pas sentie touchée par la narration, dans la mesure où trop d'éléments me gardaient "en dehors".
Et p166, bingo, on se prend le drame en pleine face. Comme ça, en tête de chapitre. J'avais beau l'attendre (ou du moins attendre un drame, quel qu'il fut), je me suis quand même laissée surprendre. Et à partir de ce moment, le roman a pris une tout autre dimension pour moi: des émotions, des sentiments... Je me suis enfin sentie "dedans". A partir de là, je me suis enfin laissée emporter par la narration, et j'ai dévoré.
J'ai dévoré ce roman dramatique, qui m'a sur la fin rappelé les histoires que l'on peut retrouver chez DeLillo ou même chez Bret Easton Ellis, récit de jeunesse dorée mais perdue...
Au final, le bilan de ma lecture est donc positif, mais je ne peux oublier les trop présentes références artistiques ou intellectuelles du début. Je comprends donc aisément que des lecteurs moins acharnés puissent abandonner rapidement le livre!
Ma note: 7,5/10
PS1: A noter la très jolie couverture de J'ai Lu (suffisamment rare pour être souligné), ce qui vient en contrepoint avec le nombre hallucinant de coquilles qui se trouvent dans ce bouquin. A tel point que j' ai écrit à J'ai Lu pour râler un bon coup: non mais ils ne relisent pas, ou quoi?
PS2: Ce roman a donné son nom à un bon blog littéraire: la critique du bouquin est ici.
Commentaires
Il est dans ma PAL... j'ai bien hâte de le lire! Je l'ai en version Actes Sud... Peut-être moins de coquilles!
J'hésite à le lire, même s'il me tente depuis longtemps. Déjà j'hésite à le lire en anglais ou en français :o)... quand tu parles de références intellectuelles, ce sont plein d'allusions à des textes, des citations ? est-ce que ça gêne la compréhension du texte ? ou peut-être que ça donne l'impression qu'elle étale ses connaissances ? Je suis curieuse !
Salut Lou,
quand je parle de références intellectuelles, c'est plus du "name dropping", des références à des tableaux peu connus, voire à des concepts artistiques.
Ca ne gêne pas la lecture dans le sens où ça n'empêche pas de comprendre, mais j'ai trouvé ça lourd, comme si l'auteur en faisait trop, en fait (comme si elle étalait ses connaissances, comme tu le dis).
Merci Lisa pour ta réponse ! Je compte lire ce roman (assez vite je l'espère) et je te donnerai mon avis... mais c'est vrai que l'étalement de connaissances doit être plutôt désagréable !
Tout ce que j'aimais
J'ai absolument adoré ce livre, si juste humainement et je dois dire que je n'ai pas du tout trouvé le début lourd ou lent à démarrer. Tu vois, parfois, c'est juste une question d'ambiance ou le temps de s'y mettre. En tout cas, c'est un excellent roman. Le truc à avoir lu, absolument. :-)
Je l'ai lu il n'y a pas très longtemps et j'avais trouvé également la première partie un peu longue. Maintenant je compte bien poursuivre avec l'auteur en lisant "Les yeux bandés" ! ;-)
Je viens d'apprendre que Siri Hustvedt sera en dédicace à la librairie Arthaud, à Grenoble, le mardi 26 mai 2009. Il y aura une conférence-rencontre avec l'auteur.
Corso: merci pour cette information. Même si ce n'est pas du tout mon coin, cela peut intéresser des visiteurs de passage sur le blog!
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