saison_blancheJ'ai terminé il y a quelques jours Une saison blanche et sèche d'André Brink traduit par Robert Fouques Duparc en Livre de Poche.

Lorsque j'ai affiché ma liste sur le blog du Challenge ABC2007, plusieurs lecteurs m'ont indiqué qu'ils n'avaient pas vraiment aimé ce roman, que pourtant je comptais lire depuis longtemps. Cela a vraiment semé le doute dans mon esprit, et du coup je l'ai attaqué à reculons, m'attendant à m'ennuyer.

Mais en fait, j'ai bien accroché à l'histoire. Ben du Toit est un professeur afrikaner (donc blanc). Sa vie part en lambeaux à partir du moment où il s'intéresse à la mort du fils du balayeur de son école (donc noir). Les événements se succèdent, de plus en plus incroyables, et sont tellement absurdes, que c'en est fascinant. A se demander jusqu'où tout cela va aller...

Sauf que. Sauf qu'on ne se le demande pas, puisqu'on nous le dit dès le prologue. Et ça c'est très dommage, d'autant plus que le prologue en question, un peu longuet, n'apporte pas grand chose. Sauf peut-être une sorte de mise en perspective (je vous transmet la vérité concernant un type qui voulait transmettre la vérité concernant un type qui voulait transmettre la vérité concernant la mort de son fils). Donc, au lecteur de faire bon usage de cette vérité.

Oui, vérité, même si ce livre s'ouvre sur cet avertissement hallucinant: "Rien, dans ce roman, n'a été inventé. Le climat, l'histoire et les circonstance qui l'ont fait naître sont ceux de l'Afrique du Sud actuelle. Mais les événements et les personnages ont été replacés dans le contexte d'un roman. Ils n'y existent qu'en tant que fiction. Ce n'est pas la réalité de surface qui importe, mais les relations qui se dessinent sous cette surface. Toute ressemblance donc avec des personnages ayant existé, existant, ou des situations ayant eu lieu ne serait que pure coïncidence." Rien de tel pour nous faire sentir à quel point on est proches de la réalité. Et indice supplémentaire, le roman a été interdit en Afrique du Sud à sa sortie. Réjouissant, n'est-ce pas? A peu près autant que la toute-puissance policière présentée au fil des pages...

Le fond, j'ai adoré. La forme, je suis plus nuancée. Si j'ai lu ce roman avec beaucoup de plaisir, il n'empêche qu'à mon avis le prologue est franchement de trop, et en plus il y a une histoire d'amour un peu facile à mon goût.

Ma note: 7/10

D'autres en ont parlé aussi:
Cuné
Jo Ann

Edit du 30/11/11: Ami jeune, lycéen ou étudiant, j'ai lu ce livre en 2007. Impossible pour moi de me souvenir des détails sur lesquels ton prof t'a demandé de travailler. Alors grosse feignasse, hop hop hop au boulot, tu n'as qu'à lire ton livre!