rose_lysJ'ai terminé mercredi soir La rose pourpre et le lys de Michel Faber, traduit par Guillemette de Saint-Aubin, aux éditions France Loisirs.

En guise de préambule, je dois bien avouer que ce livre m'a tellement plu, que je ne sais même pas quoi en dire. Les mots qui se bousculent dans mon esprit encore sous le charme sont: wow! pourquoi? et après?

Ça fait un peu mince pour parvenir à vous faire passer le bonheur de cette lecture. C'est un roman de 1200 pages, que j'ai lu plus rapidement que bien des livres de 200 pages. 1200 pages pour nous raconter les relations complexes et mouvantes qui existent entre une poignée de personnages dans le Londres de 1875: Sugar, une prostituée cultivée, William, un industriel en devenir, et Agnès, la femme à demi-folle de ce dernier. Pas pour nous les expliquer, non, juste pour nous donner à voir l'évolution de leurs rapports et de leurs sentiments.

"Faites attention où vous posez les pieds. Gardez toute votre tête; vous allez en avoir besoin. La ville où je vous emmène est vaste et compliquée, et vous n'y êtes jamais allé." Ainsi commence le roman. L'adresse au lecteur est pourtant un procédé facilement casse-gueule, mais je l'ai trouvé pour une fois assez réussie, et suffisamment maîtrisée pour qu'on ne s'aperçoive pas de sa disparition au profit d'une narration plus classique (par contre, son retour à la toute fin est un peu plus artificiel).

Comment dire à quel point j'ai adoré cette histoire, à quel point je me suis attachée aux personnages (aux trois personnages, mais à bien d'autres également), à quel point j'ai compati à leurs malheurs et me suis réjouie avec eux quant il y avait lieu... Ce n'est pas le premier roman victorien que je lis, mais c'est sans doute le premier qui semble autant ... réaliste, si tant est que ce mot ait un sens lorsqu'on parle de roman historique...

Ce roman, je l'ai adoré sur plus de 1100 pages, mais la fin m'a vraiment décontenancée. Je ne dirais pas qu'elle m'a déçue, car je pense que l'effet produit était recherché: une fin abrupte, mystérieuse, presque sans explications. A moins qu'on veuille se donner la peine de tenter de se mettre à la place de ces personnages, à la fois si différents de nous mais pourtant tellement semblables.

Ma note, qui excuse les quelques minuscules choses qui m'ont chiffonnée tellement le reste m'a subjugué: 9,5/10.

Ça vous est déjà arrivé, de ne pas pouvoir dormir après avoir terminer un roman, non parce qu'il vous a fait peur ou qu'il vous a invités à méditer sur votre vie, mais simplement parce que vous ne parvenez pas à quitter les personnages et que vous vous demandez bien ce qu'ils ont fait après la dernière page?

PS: Je vous invite par ailleurs à lire l'excellent article de Gaëlle, qui m'avait donné vraiment envie de lire ce roman, et je l'en remercie infiniment.

Un avis nettement plus sévère sur le blog Mes Lectures. D'un côté je me dis que je ne devrais pas vous indiquer ce lien, car il pourrait vous faire changer d'avis, mais par souci d'honnêteté je prends le risque.