2070776913J'ai terminé mardi soir Entre les murs de François Bégaudeau, chez Gallimard/Verticales.

Lorsque j'étais plus jeune, je voulais être prof d'anglais. Puis les années passant, je me suis rendue compte que je ne voulais pas vivre en banlieue parisienne, que je ne voulais pas en venir à avoir peur de mes élèves, voire de mes parents d'élève. Donc je ne suis pas devenue prof.

Et quand je lis ce roman, je me dis que j'ai drôlement bien fait. Le narrateur est prof de français dans un collège, et prof principal d'une classe de quatrième, il essaie tant bien que mal d'enseigner les rudiments de la langue à des jeunes qui s'en foutent complètement (mais finalement, sans doute pas plus que moi à leur âge, sauf que moi j'ai été bien élevée, et que je me vois assez mal répondre "j'men bats les c...es" à un prof qui me pose une question...).

J'ai trouvé ce roman très drôle, mais drôle dans l'ironie, dans le pathétique. Il s'agit d'une succession de dialogues entre prof et élèves, entre profs, entre élèves. J'ai trouvé le style vraiment réussi: le parler "djeunes" me semble très proche de la réalité (enfin de l'image que j'en ai, puisque personnellement je n'utilise jamais d' expression telle que "sur la vie de ma mère", par exemple). Et c'est vraiment drôle, tant de crétinerie et de mauvaise foi adolescentes face à de la mauvaise foi et de la lassitude adulte. On se rend compte que le prof fait parfois plus de mauvais esprit et de répartie cinglante que ses élèves, on se rend compte aussi que certains enseignants continuent d'y croire, même si la plupart préfèrerait être ailleurs.

C'est drôle, mais c'est triste, dans le fond: il y est aussi question d'expulsion, de parents immigrés qui ne parlent même pas assez de français pour participer aux entretiens avec les professeurs, de jeunes qu'on vire pour leur donner "une chance de se reconstruire ailleurs", mais surtout de jeunes qui ont soif de vie, soif de connaissance, même si tout ça se fait dans le désordre le plus total.

J'ai vraiment adoré ce roman, je l'ai dévoré, ce qui explique ma note: 9,5/10