Hommage à Alinéa:
note à forte teneur en Werber. Aucune fourmi n'a été blessée pendant la rédaction de ce billet.

Mardi dernier, j'ai reçu un gentil mail d'une boîte de communication m'invitant à rencontrer Bernard Werber en avant-première chez Albin Michel, pour la sortie de son nouveau roman. Je commençai par refuser, surtout parce que Paris = 800 bornes (eh oui messieurs-dames, il y a de la vie en dehors de Paris). Mais finalement mon entourage m'a encouragé à accepter, car c'est vrai que c'est bien la première fois de ma vie que je recevais pareille invitation!

2226120416Après avoir réglé les détails techniques (jours de congés + TGV + hôtel...), je me suis penchée sur ce brave Bernard Werber. Je pensais n'avoir rien lu de lui. Je savais qu'il avait fait Les fourmis, et que ce bouquin ne m'a jamais tenté plus que ça (en dépit de tout le bien que j'ai pu en entendre). En me penchant sur sa bibliographie, je me suis rendue compte qu'en fait j'avais lu Les thanatonautes, il y a pfiou bien longtemps, et que je ne l'avais pas fini.

Me sentant un peu minable à l'idée de me trouver face à un écrivain dont je ne me souvenais même pas avoir lu une ligne, j'ai rattrapé mon retard ... La veille du jour J, j'ai filé à la bibli, et j'ai pris L'encyclopédie du savoir relatif et absolu, chez Albin Michel. Partant du principe qu'il s'agit de petits articles indépendants, je me disais qu'au moins je ne raterais rien si je n'arrivais pas au bout.

Eh bien, j'ai plutôt bien aimé ce recueil de notes indépendantes, parlant de tout et de rien mais surtout de bizarreries scientifiques et historiques, d'utopistes, de fourmis... C'est très distrayant, ça se lit très facilement, d'où ma note: 8/10.

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Puis juste avant de bondir dans le TGV, je me suis dit que j'avais le temps d’en lire un autre après les dernières pages du précédent, et j’ai couru acheter L’arbre des possibles, un recueil de nouvelles chez Le livre de Poche. Donc mêmes thêmes que le précédent, quelques anecdotes reviennent, mais toujours un plaisir certain à la lecture. Non, vraiment, pas de grand reproche à faire, c’est plaisant, c’est … gentil. Ma note baisse un peu : 7/10.

Puis vient le grand moment : rdv à 20h chez Albin Michel:

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Là, nous nous retrouvons à une petite trentaine de blogueurs, parmi lesquels je retrouve des gens que je lis (Ziala et Tout ce que j’aimais). Après avoir attendu un petit peu, Werber arrive. Chauve à lunettes, habillé simplement (mon dieu c’est quoi ces vilaines baskets rouges à ressorts ?), une voix douce et posée, une vraie curiosité envers notre assemblée. Vous savez, les gentils farfelus qui surveillent les extra-terrestres et/ou les tornades dans les films américains? Style adolescent atardé, gentiment tarés mais finalement très sympas et assez marrants? Eh bien, Werber m'y fait penser très fortement.

Et allons-y pour les questions. Un échange d’une heure, où on en apprend un peu plus sur la manière de travailler de l’écrivain (il écrit une nouvelle par jour pour faire ses gammes, il connaît toujours la fin de ses histoires), sur l'inexistence de l'angoisse de la page blanche, sur son fourmillement d'idées, sur ses lectures (Stephen King, Philip K. Dick...) ... Où en apprend également que ce nouveau roman, Le papillon des étoiles, est une de ses nouvelles rallongée pour l'occasion, réécrite pendant le tournage de son premier film, Nos amis les terriens.

Au bout d'une petite heure, et alors que la discussion est encore vive, quelqu'un vient nous dire que la partie question est terminée. Nous allons chercher chacun un exemplaire du roman, en épreuve non corrigée, sans couverture (mais je trouve ça super sympa d'avoir quelque chose qu'on ne pourra pas trouver en librairie), petite séance de dédicace, puis nous passons au buffet. Fort sympathique au demeurant, mais ce n'est pas pour ça que j'ai traversé la France... Je passe une petite heure de plus à papoter avec Ziala et Essel, puis on nous fait comprendre que bon, c'est pas tout ça, mais il va falloir y aller, là...

Ziala m'accompagne gentiment sous la pluie battante jusqu'à ce que je trouve un taxi, et me voilà de retour à mon hôtel. Le bilan de la soirée? Bien trop courte, à mon avis. J'ai trouvé cela intéressant, mais je ne retraverserai pas la France pour si peu, à moins que ce soit pour quelqu'un que j'adore. Je vous rassure, j'ai profité de mon passage éclair à Paris pour passer à La librairie gourmande (4 rue Dante, 75005 Paris):

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pour visiter (en courant, hélas) le musée d'Orsay,

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et pour déjeuner avec un copain de fac, qui m'a ensuite fait visiter ses bureaux chez un autre grand éditeur parisien.

Bref, un petit week-end culturel en pleine semaine, fort agréable mais trop rapide. Et au retour, dans le train, je n'avais pas envie d'attaquer le roman. J'ai acheté et lu de la première à la dernière ligne le magazine Géo. Mais décidément, il n'arrive pas à la cheville de mon National Geographic, dont j'attends un numéro parfait pour vous en parler...

livreEt puis finalement, j'ai attaqué Le papillon des étoiles. Et là, franchement, le problème m'a sauté aux yeux: il n'aurait jamais du publier L'encyclopédie, puisqu'il se ressert sans cesse des anecdotes qui s'y trouvent. C'est vraiment pénible, ça donne l'impression qu'il s'agit de réchauffé. Bon  d'accord, peu de gens sont supposés lire les deux livres à deux jours d'intervalle. Mais alors, comme cela saute aux yeux quand c'est le cas! En plus, j'ai trouvé la fin vraiment ... facile, quelque part. Bref, je n'ai pas adoré du tout. J'ai eu l'impression de retrouver un peu de La fin des temps, de Barjavel (que j'avais beaucoup aimé), un peu de La possibilité d'une île, de Houellebecq... Une grosse déception, ce qui explique ma note: 5/10. (Et en plus, il a trouvé le moyen de nous parler de ces satanées fourmis!!)

Mais sinon, c'est toujours aussi facile à lire, toujours aussi gentil. Pas ma tasse de thé, donc. Lu sans déplaisir, mais sans aucun enthousiasme non plus. Si vous avez un adolescent qui n'aime pas lire, faites-lui donc lire Werber, ça m'a l'air très abordable. Par contre, j'aimerais bien jeter un coup d'oeil à sa trilogie sur les dieux, parce que l'idée de départ me semble très amusante.

Si vous voulez d'autres sons de cloches, Larcenette a répertorié les participants.

PS: Aviez-vous remarqué, dans la photo de la librairie?

moi

Un autoportrait bien involontaire!