Le journal d'EdithJ’ai fini il y a quelques jours Le Journal d’Edith, de Patricia Highsmith, traduit par Alain Delahaye.

Nous sommes dans l’Amérique des années 1940. Edith est mariée à Brett, et maman d’un petit garçon nommé Cliffie. Edith et sa famille quittent New York pour s’installer à la campagne, et le couple, tous deux journalistes politisés, se lance dans l’édition d’une gazette. Edith se pose pas mal de questions sur son petit garçon, qui n’est pas exactement comme elle le souhaiterait : il est méchant, il ment sans cesse, il est peut être un peu faible d’esprit. Heureusement, elle s’évade en notant tous les événements qui lui importent dans son journal intime. L’oncle de son mari, malade, vient vivre avec eux. Les années passent. Brett quitte Edith, Cliffie devient un jeune homme alcoolique et paresseux, le vieil oncle est complètement impotent. Mais Edith tient toujours son journal. Le problème, c’est que les événements qu’elle raconte sont ceux qu’elle aimerait vivre, et non pas ceux qu’elle vit, et ce petit jeu se transforme en véritable schizophrénie au fil des années.

Ce n’est pas ce fameux journal que nous lisons (contrairement à ce que j’avais cru comprendre en lisant le quatrième de couverture), mais une narration à la troisième personne. Lors des premières pages, j’ai cru que je n’allais pas aimer car le setting dans les années quarante ne me branchait pas. Mais je me suis vite prise au jeu, et attachée à cette jeune femme toute simple, qui avance avec dignité dans la vie malgré tous les problèmes qui l’accablent. De parfaitement normale, Edith nous apparaît au fil des pages, petit à petit, originale, excentrique, puis complètement folle, et c’est là à mon avis tout le talent de l’écrivain.

J’ai beaucoup aimé ce livre, même si la fin m’a semblé bien cruelle, et un peu abrupte. On s’attache vraiment au personnage, et ce n’est qu’avec regret qu’on admet qu’elle est folle. On a envie de prendre sa défense, de l’excuser, de la protéger… Vraiment un chouette bouquin !!